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Grève au GHER : FO dénonce les affectations imposées et le manque de personnel

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Grève au GHER : FO dénonce les affectations imposées et le manque de personnel

GHER : FO en grève pour dénoncer les conditions de travail et les changements d’affectation - Crédit Zinfos974 - Social


Le syndicat Force ouvrière du Groupe hospitalier Est Réunion a déclenché une grève ce vendredi 21 août. Conditions de travail dégradées, mutations sans concertation, manque de personnel, heures supplémentaires qui s'accumulent : FO entend porter ces griefs face à la direction, malgré des négociations déjà en cours.

« La santé n'a pas de prix et n'est pas négociable. » C'est sur ce mot d'ordre que les agents mobilisés ont installé leur piquet devant l'établissement. Nelson Técher, secrétaire général de FO-GHER, cible en particulier les changements d'affectation imposés sans procédure suffisante. Il cite le cas d'une cadre qui aurait découvert en arrivant à son poste qu'elle avait été déplacée dans un autre service.

Un brancardier décrit une situation comparable. Victime d'un accident du travail ayant entraîné une blessure à l'épaule droite, il a repris en mi-temps thérapeutique après trois mois d'arrêt, avant d'être affecté au service nettoyage. « Je n'ai pas eu le choix d'avoir un poste adapté ou de travailler sur un service aménagé », dit-il. L'agent estime qu'une affectation au bloc opératoire, où les déplacements impliquent davantage des brancards que des lits, aurait pu coller à ses restrictions physiques. FO réclame que, dans ce type de situation, le service de santé au travail soit associé à la décision quand cela s'impose.

Sur les effectifs, Nelson Técher affirme que certains remplacements en cas d'arrêt maladie ou de temps partiel thérapeutique peuvent prendre « au moins un mois », alourdissant la charge des équipes présentes. Conséquence, selon le syndicat : des agents contraints de travailler « 24 heures d'affilée ou 60 heures semaine ». FO demande un plan de résorption des heures supplémentaires et le renforcement du pôle interne de remplacement, afin que les personnels puissent récupérer leurs heures plutôt que de se les faire payer.

Des discussions sont ouvertes avec la direction. FO signale une première avancée sur l'organisation du temps de travail des personnels sociaux, la direction ayant répondu favorablement à une demande d'organisation à 39 heures avec forfait cadre. Sur les changements d'affectation, le syndicat attend des garanties écrites, et une réunion avec la médecine du travail doit permettre de poursuivre les échanges.

Le mouvement se poursuit néanmoins. FO indique avoir choisi de ne pas bloquer la circulation et dit vouloir limiter les conséquences pour les patients. Faute d'accord sur les dossiers restants, Nelson Técher évoque une possible saisine de la justice, des recours gracieux ayant déjà été engagés. « On ne lâche rien. C'est la santé. La santé, on ne négocie pas. La santé des agents », a-t-il déclaré.

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8 commentaires

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Tom de l'Étang 21/08/2026 à 10:27

Ce que décrit le brancardier me parle directement. En kiné, on voit régulièrement des salariés qui reprennent en mi-temps thérapeutique avec des restrictions et qui se retrouvent affectés à des postes qui ne correspondent pas du tout à leur bilan fonctionnel. La médecine du travail est censée être le pivot de ces décisions, pas une case à cocher après coup. Ce qui m'inquiète dans cet article, c'est que des agents épuisés à 60 heures semaine soignent des patients : la fatigue chronique, ça altère la vigilance, ça augmente le risque d'erreur, et ça finit toujours par coûter plus cher que ce qu'on aurait évité en gérant correctement les remplacements.

M
Mémé Marthe 21/08/2026 à 09:43

@Lulu, tu as raison de dire que c'est pas pareil. Avant, les infirmières dormaient sur place trois jours de suite et personne ne trouvait ça anormal. C'était pas bien non plus.

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Sébastien V. 21/08/2026 à 09:27

Ce qui est décrit concernant le brancardier soulève un vrai problème de process RH : dans la fonction publique hospitalière, le reclassement temporaire après accident du travail est censé passer par une visite de reprise avec le médecin du travail, c'est réglementaire. Si cette étape a été contournée, la direction s'expose à des recours, ce que FO semble avoir bien compris en évoquant la justice. Les négociations en cours sont une bonne chose, mais des garanties écrites sur les affectations, c'est le minimum pour que ça tienne dans la durée.

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Lulu 21/08/2026 à 08:23

60 heures par semaine dans un hôpital, moi je fais de longues journées sur mon food truck et je sais ce que c'est d'être épuisée. Mais dans un hôpital vous avez des gens qui comptent sur vous, c'est pas pareil du tout. La direction elle a intérêt à trouver un accord vite parce que sinon c'est les patients qui trinquent en premier, et ça tout le monde le sait.

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Zoubi 21/08/2026 à 08:16

J'ai une cliente qui travaille là-bas, aide-soignante, lé pa fasil pour elle en ce moment. Elle me raconte des trucs qui ressemblent exactement à ça, les affectations qui changent sans prévenir. On lui a appris son nouveau service le matin même en arrivant.

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Zilo 21/08/2026 à 08:10

Un mois pour remplacer quelqu'un en arrêt maladie, franchement c'est un bug de process plus qu'un manque de volonté. Y'a des outils de gestion RH qui font ça en quelques jours maintenant, même dans des structures publiques. La question c'est pourquoi le GHER n'a pas encore automatisé ce flux-là.

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Roselyne 21/08/2026 à 08:07

Ces gens travaillent 24 heures d'affilée, c'est pas humain. Nous ici dans le cirque on est habitués à faire de longues journées, mais on est chez nous, on rentre dormir. Eux ils soignent des malades dans cet état-là, ça fait peur quand on y pense.

H
Hugo Saline les bains 21/08/2026 à 08:03

Ce que décrit le brancardier, affecté au nettoyage après un accident du travail sans que la médecine du travail soit consultée, c'est exactement le genre de situation qu'on voyait au CHU de Nantes avant qu'ils renforcent leur cellule de maintien dans l'emploi. La différence c'est que là-bas la procédure était écrite et opposable. J'espère que les garanties écrites que demande FO iront dans ce sens, parce que des recours gracieux c'est bien, mais c'est long.