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Sarah Assama révoquée : Sainte-Suzanne sans premier adjoint jusqu'en 2026

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Sarah Assama révoquée : Sainte-Suzanne sans premier adjoint jusqu'en 2026

Sainte-Suzanne n'a plus de premier(e) adjoint(e) : la majorité au complet écarte Sarah Assama - Crédit Zinfos974 - Politique


Le conseil municipal de Sainte-Suzanne a voté mercredi soir le retrait de ses fonctions d'adjointe à Sarah Assama. La majorité a voté en bloc, sans la moindre défection. Cinq mois après les élections, la commune se retrouve sans premier adjoint, le poste ne devant pas être pourvu jusqu'à la fin du mandat.

Le résultat ne surprenait personne. Sarah Assama avait elle-même anticipé l'issue avant le scrutin. Elle a quitté la salle au moment du vote, suivie par l'ensemble des élus de l'opposition, salués par leurs partisans. Le maire Alexandre Laï-Kane-Cheong a lui aussi été applaudi par ses soutiens, lançant à l'adresse des absents : «Ceux qui ont contribué à ce déficit brillent par leur absence.»

L'opposition a voté à l'unanimité contre le retrait de la fonction. Nadia Ramassamy, absente habituelle depuis les élections, n'était de nouveau pas présente et avait donné procuration à Sarah Assama.

Avant le vote, l'ex-première adjointe a pris la parole pour revenir sur ces cinq mois passés au sein de la majorité, qu'elle décrit comme une succession de «désillusions». Elle affirme n'avoir jamais disposé des moyens nécessaires à l'exercice de ses responsabilités, notamment au Centre communal d'action sociale dont elle était devenue première vice-présidente avant d'en démissionner. «Au final, je me suis rendu compte qu'en tant que première adjointe de cette commune, pendant cinq mois, je n'ai fait que l'officier d'état civil», a-t-elle déclaré. Elle a évoqué son opposition à une première hausse des indemnités des élus, son abstention lors du vote sur les subventions aux associations le 15 juillet, et un épisode où elle dit avoir été «incendiée» par le cabinet après avoir acheté à ses frais un téléphone pour séparer ses activités professionnelles de ses fonctions électives. «Je ne suis pas en colère, je suis déçue», a-t-elle conclu.

Alexandre Laï-Kane-Cheong a livré une lecture différente. Reconnaissant une «déception» pouvant être «partagée de part et d'autre», il a rejeté l'idée que Sarah Assama aurait manqué de moyens. Il a mis en avant l'arrêté de nomination des adjoints, qui prévoit notamment la suppléance du maire, estimant que cette fonction «supplétive» n'avait pas été respectée. Sur les subventions, il a jugé que la majorité aurait attendu «un peu plus d'implication» de sa part dans leur élaboration. Le maire a également relevé ce qu'il considère comme une discordance entre les raisons de l'abstention présentées le soir du conseil du 15 juillet et celles avancées ensuite publiquement. Face aux questions soulevées par l'opposition et au soutien de l'Union des Femmes Réunionnaises, il s'est dit «sidéré et stupéfait» de voir le sujet du traitement réservé aux femmes utilisé, selon lui, de manière «purement politicienne».

Dans les rangs de la majorité, l'élue Eden Felicidali a pris la parole pour réfuter l'idée que la redistribution de l'indemnité de première adjointe entre les quinze conseillers municipaux délégués aurait pu peser sur les votes. «Nous ne sommes pas une équipe qui peut être vendue ou achetée», a-t-elle affirmé. L'élu d'opposition Nicolas Robert avait précisément attaqué la majorité sur ce point, voyant dans cette redistribution un «achat de vote». Daniel Alamélou, autre élu d'opposition, a porté le débat sur le terrain juridique, estimant que le retrait de la fonction et la fixation des indemnités auraient dû faire l'objet de deux délibérations distinctes. Face au refus de scinder le rapport, il a prévenu qu'il pourrait saisir le contrôle de légalité, voire contester la délibération devant le tribunal administratif.

Le député et élu d'opposition Frédérique Maillot a défendu son soutien à Sarah Assama au nom de la «démocratie», interrogeant l'assemblée : «Qui imaginerait un gouvernement sans premier ministre ?» Eddy Balbine a regretté une situation préjudiciable à l'image de la collectivité et posé la question du traitement réservé à l'élue, sans porter «aucune accusation sans éléments».

Ce conseil se tenait dans un contexte financier tendu. Avant l'ouverture de l'ordre du jour, Alexandre Laï-Kane-Cheong est revenu longuement sur l'avis de la Chambre régionale des comptes, qui recommande une hausse de la fiscalité locale pour contribuer au rétablissement des comptes. Le maire a réaffirmé son opposition à cette option, indiquant que les services travaillent à dégager des économies et de nouvelles recettes pour donner des «gages» à la préfecture et à la CRC. Il a également déposé une motion, non lue en séance, par laquelle il propose de renoncer à la majoration de 15 % de ses indemnités liée au statut de Sainte-Suzanne comme chef-lieu de canton, les sommes correspondantes devant abonder un fonds de «valorisation des agents les plus méritants». Cette motion devrait être soumise au vote lors du prochain conseil.

Malgré les contraintes budgétaires, le conseil a validé deux mesures sociales issues des engagements de campagne : le lancement d'un budget participatif doté de 100 000 euros, ouvert aux habitants, collectifs et associations, et la première étape de la cantine à un euro, qui fera passer la première tranche tarifaire à un euro par repas et par enfant. Environ 300 familles sont concernées par cette première étape, selon le cabinet du maire. Frédérique Maillot a jugé contradictoire de réduire les subventions aux associations puis de remettre 100 000 euros sur la table via un autre dispositif.

C'était par ailleurs le premier conseil municipal pour le nouveau directeur général des services de Sainte-Suzanne, Yannick Beldan.

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10 commentaires

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Zoubi 20/08/2026 à 13:34

Ma cliente de ce matin m'a raconté l'histoire en entier pendant que je lui faisais sa mise en plis. Cinq mois à faire l'état civil et rien d'autre, elle a dit 'c'est comme si tu engages une coiffeuse et tu lui interdis de toucher aux ciseaux'. J'ai ri mais c'est pas faux du tout.

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Zilo 20/08/2026 à 12:18

Franchement cette histoire c'est le bug classique du onboarding raté. Tu recrutes quelqu'un, tu lui files un rôle senior dans l'organigramme, et tu lui donnes zéro access en prod. En entreprise tech ça dure deux semaines avant que le mec démissionne, là ça a tenu cinq mois.

J
Jean-Claude B. 20/08/2026 à 12:09

J'avais une cliente de Sainte-Suzanne l'autre jour, elle m'a dit exactement ça : 'Mon cousin travaille à la mairie et même lui savait pas ce qu'elle faisait vraiment comme travail.' Moi je dis rien, je conduis, mais quand les gens du péi-la commencent à raconter ça dans les taxis c'est que c'est rendu dans les rues depuis un moment déjà. Maintenant sans premier adjoint jusqu'en 2026, on fait comment pour la commune ?

T
Thierry Lebon 20/08/2026 à 11:31

@Daniel Alamélou soulève un point qui mérite d'être précisé. En droit des collectivités, la révocation d'un adjoint et la modification de son régime indemnitaire constituent effectivement deux actes distincts sur le fond, même s'ils peuvent techniquement figurer dans un même rapport soumis au conseil. La jurisprudence administrative est assez fournie là-dessus, et le préfet a un rôle de contrôle de légalité qui peut s'exercer d'office, indépendamment d'un recours contentieux. Si la délibération mêle les deux objets sans les distinguer clairement, la saisine du tribunal administratif n'est pas une menace en l'air, c'est une voie sérieuse.

T
Tonton Bébert 20/08/2026 à 10:57

On lui a donné un titre, un bureau peut-être, et rien derrière. Ça, on appelle ça quoi dans une entreprise ? Un poste fictif. Au Port on a connu ça avec des chefs de quai qu'on nommait pour calmer les équipes sans jamais leur donner les clés du hangar. La différence c'est qu'elle, elle a eu le courage de le dire publiquement avant de partir.

S
Sandrine 20/08/2026 à 10:24

Ce que personne ne dit clairement : la redistribution de l'indemnité de premier adjoint entre quinze conseillers délégués, ça représente quoi concrètement par tête ? Si le poste n'est pas repourvu jusqu'en 2026, ces indemnités continuent à circuler dans le même circuit ou elles reviennent au budget général ? La question mérite une réponse chiffrée, pas une déclaration de principes.

P
Patrick974 20/08/2026 à 09:34

@Alex, c'est exactement la bonne question. L'arrêté de nomination définit les délégations de compétences et les obligations qui en découlent, et si la suppléance du maire figure noir sur blanc dans ce document, le débat prend une tout autre dimension juridique et politique. Ce qui m'interpelle dans cette affaire, c'est la temporalité : cinq mois sans que personne dans la majorité ne fasse remonter officiellement un problème d'inadéquation, et puis d'un coup la révocation. En termes de gestion d'équipe, c'est soit une défaillance du management, soit un choix stratégique délibéré. Et dans un contexte où la Chambre régionale des comptes surveille les comptes de la commune de près, se retrouver sans premier adjoint jusqu'en 2026 n'est pas anodin : qui assure la continuité décisionnelle en cas d'absence prolongée du maire ?

A
Alex 20/08/2026 à 08:11

Question légitime : est-ce que quelqu'un a lu l'arrêté de nomination des adjoints dont parle le maire ? Parce que si la suppléance était contractuellement définie et qu'elle ne l'a effectivement pas assurée, ça change quand même pas mal la lecture de la situation. Je ne dis pas que le maire a forcément raison, mais l'article ne creuse pas ce point.

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Karambole 20/08/2026 à 08:07

Lé pa fasil de travailler avec des gens qui te sourient en face et te laissent sans outils dans le dos. Ce qu'elle décrit au CCAS, ça ressemble à ce qu'on vit sur les marchés quand la mairie te promet un emplacement fixe et que le jour J y'a plus de place. Les discours, ça coûte pas cher.

P
Polo 20/08/2026 à 08:05

Cinq mois pour se rendre compte qu'on lui a rien donné à faire vraiment, c'est long. Moi j'ai des fournisseurs qui me font pareil, ils te font signer des contrats et après t'as aucun levier sur les prix, aucun accès à rien. Au moins elle, elle est partie. Chapeau pour ça.