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Finances de Cilaos : Técher répond après l'avis de la CRC

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Finances de Cilaos : Técher répond après l'avis de la CRC

La CRC valide le bilan financier unique 2025 de Cilaos, Jacques Técher contre-attaque - Crédit Zinfos974 - Politique


La Chambre régionale des comptes a validé la cohérence du compte financier unique 2025 de Cilaos, après son rejet par le conseil municipal le 24 juin dernier. Le vote avait été sans équivoque : 23 voix contre, aucune pour. Saisi par le préfet de La Réunion, l'organe de contrôle a constaté la concordance entre les documents produits par la commune et ceux du comptable public. L'avis rouvre aussitôt le conflit entre la nouvelle maire Laïla Nassibou et son prédécesseur Jacques Técher.

La Chambre n'a pas réalisé d'audit global de la gestion municipale. Dans ce cadre précis, son rôle se limitait à vérifier que les écritures comptables se recoupent. Elle ne s'est prononcée ni sur la qualité des choix budgétaires de l'ancienne équipe, ni sur la solidité de la trajectoire financière de la commune.

Les chiffres du budget principal 2025 font apparaître un déficit de fonctionnement de 138 128 euros, pour environ 14,23 millions d'euros de recettes et 14,37 millions d'euros de dépenses. Un excédent reporté des exercices antérieurs maintient toutefois le solde cumulé de fonctionnement en positif, à 944 627 euros. Du côté de l'investissement, la situation est plus tendue : un déficit annuel de 346 036 euros porte le solde cumulé à -1,665 million d'euros. La Chambre ne demande aucune mesure de redressement dans cet avis.

Pour Jacques Técher, l'avis ne constitue « pas une surprise ». L'ancien maire affirme que la santé financière de Cilaos était « bonne, très bonne même », et que la commune serait passée « de 12 ans d'endettement à 3 ans et demi » durant son mandat. Il accuse la nouvelle majorité d'avoir rejeté le compte financier unique pour alimenter un discours de campagne. « Il n'y avait rien à faire d'autre que de valider ce document qui est conforme à l'exercice budgétaire qui a été réalisé », déclare-t-il. Il va plus loin, évoquant une tentative de « manipuler la Chambre régionale des comptes » et un audit qui aurait, selon lui, disparu du débat faute de conclusions utiles à la nouvelle majorité. Dans une déclaration plus directe, il affirme que Laïla Nassibou « voulait à tout prix essayer de trouver des poux dans la tête de Jacques Técher pour donner du crédit à sa campagne électorale, qui a été faite de mensonges et de diffamation ».

Son fils Pierre Técher parle de « soulagement et de fierté » et estime que la Chambre a remis les faits au centre après des mois de critiques. « Les paroles passent, les faits restent », conclut-il.

La mairie de Cilaos rejette cette lecture. Pour Laïla Nassibou et son équipe, l'avis de la CRC ne « blanchit » pas la gestion précédente. La commune pointe plusieurs dépenses obligatoires qu'elle juge non budgétées par l'ancienne mandature : la participation à la complémentaire santé des agents, obligatoire depuis le 1er janvier 2026 ; la prévoyance, obligatoire depuis le 1er janvier 2025 ; l'extension du régime indemnitaire à 46 agents de droit public exclus depuis 2020 ; et le régime indemnitaire des policiers municipaux, obligatoire depuis 2024. La mairie estime par ailleurs que les réserves de trésorerie ont été progressivement consommées, au point de compliquer le règlement de dépenses courantes.

Sur ses propres frais de représentation, fixés à 6 000 euros par an, la nouvelle majorité les présente comme une mesure de transparence. Elle accuse en retour l'ancienne équipe d'avoir imputé près de 14 000 euros de frais de restauration en 2025 sur la ligne « fêtes et cérémonies ». Ces accusations restent à documenter dans le cadre d'un éventuel contrôle plus large. Une délibération doit être présentée au prochain conseil municipal pour prendre acte de l'avis de la CRC, le transmettre à la Chambre et solliciter un contrôle des actes de gestion de la précédente mandature.

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9 commentaires

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T
TataYoyo 20/08/2026 à 13:38

Moi je suis pas politicienne et j'y connais rien à ces histoires de comptes, mais la complémentaire santé des agents non budgétée ça me choque quand même. Dans mon ancien service on avait des aides-soignantes qui galèrent pour soigner les autres et qui ont du mal à payer leur propre médecin, alors quand une mairie oublie de prévoir ça dans ses chiffres, faut pas s'étonner que les employés soient anlèr. Les gens qui travaillent pour la commune méritent mieux que des oublis pareils.

P
Patrick974 20/08/2026 à 12:13

@Thierry Lebon, vous avez raison sur la distinction formelle, et c'est un point que beaucoup de lecteurs vont rater. Mais ce qui m'interpelle en tant qu'ancien banquier, c'est la mécanique des dépenses obligatoires non provisionnées. Quand un établissement sait qu'une charge légale arrive à date fixe, ne pas l'anticiper dans le budget n'est pas neutre, c'est un choix. La question n'est donc pas de savoir si les comptes se recoupent, mais pourquoi ces lignes n'ont pas été calibrées en amont. Un contrôle des actes de gestion, comme le demande la nouvelle majorité, pourrait apporter des éléments de réponse bien plus instructifs que cet avis de concordance.

Z
Zoubi 20/08/2026 à 11:29

@Anaëlle, oui c'est exactement ça si j'ai bien suivi. C'est comme si tu vérifies que la caisse de ma cliente correspond bien au ticket de paiement, mais personne regarde si elle a payé le bon prix pour la prestation. Le fond du débat reste entier, et visiblement les deux camps ont bien compris qu'ils pouvaient chacun s'en servir à leur façon.

K
KékéSurf 20/08/2026 à 11:18

Franchement je comprends pas trop la politique mais des dépenses obligatoires non budgétées ça ressemble à laisser la mer monter sans renforcer la digue. À un moment quelqu'un ramasse la vague.

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Zilo 20/08/2026 à 10:15

@Lastron-Leïla, exactement, c'est du spin classique. Chaque camp prend le même output et le parse à sa façon pour nourrir son propre narrative. En dev on appellerait ça deux fonctions qui lisent le même fichier et retournent des résultats complètement différents selon ce qu'elles cherchent. Le vrai audit de gestion, c'est ça qui serait le vrai stress test, pas juste la vérif de concordance.

T
Thierry Lebon 20/08/2026 à 09:17

Une précision utile pour les lecteurs : un avis de conformité de la Chambre régionale des comptes dans ce type de procédure ne vaut effectivement pas quitus de gestion. Il s'agit d'un contrôle purement formel de concordance entre les pièces, ce que l'article explique bien. Le vrai examen, s'il a lieu, sera celui des actes de gestion, qui peut déboucher sur des observations bien plus substantielles. La délibération annoncée au prochain conseil municipal sera donc à suivre de près.

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Karambole 20/08/2026 à 09:10

14 000 euros de frais de restauration mis sur la ligne fêtes et cérémonies, ça mérite quand même des explications claires. Moi sur mon marché, je dois justifier chaque euro pour mes aides PAB, alors une commune de la taille de Cilaos devrait pouvoir nous dire précisément ce que ces repas venaient célébrer.

A
Anaëlle 20/08/2026 à 09:06

J'essaie de comprendre : la Chambre régionale des comptes dit que les comptes sont cohérents, mais elle ne juge pas si les choix budgétaires étaient bons ou pas ? C'est ça ? Parce que si c'est le cas, ça veut dire que le débat de fond sur les dépenses non budgétées n'est toujours pas tranché, et il faudra attendre un éventuel contrôle de gestion pour y voir clair ?

L
Lastron-Leïla 20/08/2026 à 09:02

Ce qui me frappe, c'est que les deux camps utilisent exactement la même institution pour raconter deux histoires opposées. La CRC valide la concordance des chiffres, et chacun crie victoire à sa façon. C'est un vrai cas d'école en com politique, la même info, deux narratifs totalement différents. Le fond du problème, les dépenses obligatoires non provisionnées, risque de se noyer dans la guerre des communiqués.