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Evelyne Corbière présente ses trois chantiers au Sénat pour La Réunion

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Evelyne Corbière présente ses trois chantiers au Sénat pour La Réunion

Inégalités systémiques outre-mer, loi contre les discriminations de Parcoursup et montée du masculinisme : Evelyne Corbière fait sa rentrée parlementaire - Crédit Zinfos974 - Politique


Ce jeudi 20 août, la sénatrice réunionnaise Evelyne Corbière a tenu une conférence de presse à Saint-Denis pour faire le point sur ses travaux au Sénat. Trois dossiers étaient au cœur de cette rentrée parlementaire : le rapport sur les inégalités systémiques outre-mer, la proposition de loi contre les effets discriminatoires de Parcoursup et le rapport de la Délégation aux droits des femmes sur la montée du masculinisme.

Le rapport de la commission d'enquête sur les inégalités systémiques outre-mer, dont Evelyne Corbière était la rapporteure, a été adopté par ses collègues sénateurs, y compris ceux de la majorité, alors qu'elle siège dans le groupe d'opposition communiste. La commission était présidée par une autre sénatrice réunionnaise, Viviane Malet, membre du groupe Les Républicains. Pour Evelyne Corbière, ce texte franchit un cap en reconnaissant le caractère systémique, et non simplement structurel, des inégalités qui persistent dans les territoires ultramarins. « Les inégalités sont héritées de l'histoire coloniale, les liens économiques et commerciaux avec l'Hexagone se font au détriment de l'intégration régionale et c'est aussi la problématique de la vie chère qui a été pointée plusieurs fois. Un autre constat systémique, c'est que les inégalités se reproduisent de génération en génération et c'est précisément ce fait-là qui nous a poussés à conduire cette commission d'enquête », a-t-elle déclaré.

Le rapport établit que les jeunes ultramarins ont 12 % de chances en moins d'accéder à un emploi que leurs homologues de l'Hexagone, et 45 % de chances en moins d'obtenir un poste de cadre. Sur l'indice de Gini, qui mesure les inégalités de revenus, les territoires de la France océanique s'approchent ou dépassent le seuil critique qui les rapproche des pays les plus inégalitaires au monde. « En Outre-mer, on tolère l'intolérable », a résumé la sénatrice. Le rapport formule 63 recommandations, dont la principale est le vote d'une loi de programmation et d'orientation couvrant deux exercices de fonds européens, centrée sur la santé, l'emploi, l'alimentation et l'énergie. Parmi les autres mesures préconisées figurent la création d'un contrat aidé unique pour l'outre-mer, la prise en compte des langues régionales dans l'apprentissage, un plan national sur le diabète, la revalorisation de la prime d'activité et l'application du tarif social de l'internet dans les territoires ultramarins. Le rapport préconise également la création d'un statut de Grand projet ultramarin pour des chantiers structurants comme le train Réunion Express ou le port en eau profonde de Guyane.

Sur Parcoursup, Evelyne Corbière dit se heurter à un mur d'ignorance du ministère de l'Éducation. Sa proposition de loi vise à supprimer des effets discriminatoires identifiés dans la plateforme d'affectation dans l'enseignement supérieur : le simple fait de se positionner sur certains vœux entraîne des frais supplémentaires pouvant atteindre 180 euros, et les entretiens de sélection se déroulent uniquement en présentiel, ce qui pénalise les candidats ultramarins.

Enfin, en tant que vice-présidente de la Délégation aux droits des femmes et à l'égalité des chances entre les hommes et les femmes, la sénatrice a rappelé le rapport d'information publié en juin sur la montée du masculinisme en France. Ce mouvement, qualifié de « nouvelle offensive contre la femme », est décrit comme proche de l'ultra-droite par la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI), auditée par les sénatrices. Il se propage sur les réseaux sociaux et se manifeste aussi physiquement, avec des groupes d'hommes qui s'organisent pour agresser, parfois sexuellement, des femmes ciblées au hasard. La délégation recommande notamment d'imposer aux plateformes numériques de définir précisément les contenus à caractère sexiste, misogyne ou masculiniste dans leurs conditions générales d'utilisation, et d'élaborer une stratégie interministérielle pour coordonner les politiques publiques de lutte contre ces mouvements.

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9 commentaires

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Roselyne 20/08/2026 à 15:36

On lit tout ça depuis Salazie et on se dit que les familles du cirque, lé pa fasil pour envoyer les enfants étudier en bas, sans parler de l'Hexagone. Les 180 euros de frais Parcoursup je savais pas, mais ça surprend pas.

Z
Zilo 20/08/2026 à 15:28

Le truc sur Parcoursup c'est pas nouveau pour ceux qui ont galéré à candidater depuis ici, mais mettre des entretiens uniquement en présentiel c'est vraiment un game over pour les ultramarins. 180 euros de frais en plus, ça représente genre 2-3 semaines de budget courses pour une famille, c'est pas anodin. Au moins ça finit dans un rapport officiel, maintenant faut que ça patch vraiment le système.

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Mémé Marthe 20/08/2026 à 14:40

De mon temps on n'avait pas besoin d'un rapport de 63 pages pour savoir que les enfants du péi partaient avec moins dans les mains. Ça, tout le monde le savait. Ce qui change, c'est que maintenant ça s'écrit.

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Alex 20/08/2026 à 14:10

63 recommandations c'est beaucoup, mais sur Parcoursup j'aimerais voir les données précises : combien de jeunes réunionnais ont effectivement renoncé à un vœu à cause de ces 180 euros ou de l'obligation de présentiel ? Parce que poser le problème c'est bien, mais sans les chiffres derrière la proposition de loi risque de rester un texte sans force de conviction au Sénat. Et côté tech, l'application du tarif social internet préconisée dans le rapport, ça existe déjà partiellement, i fo vérifier ce qui bloque concrètement avant de légiférer encore.

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Patrick974 20/08/2026 à 13:24

Le rapport soulève des points solides, notamment sur la reproduction des inégalités de génération en génération. Mais une loi de programmation sur deux exercices de fonds européens, c'est une mécanique très longue à mettre en place et soumise à des aléas politiques considérables. La vraie question, c'est comment on s'assure que ces recommandations ne restent pas lettre morte une fois l'effervescence médiatique retombée. Les 45% de chances en moins d'obtenir un poste de cadre, ce chiffre-là mériterait d'être martelé bien plus fort dans le débat public réunionnais.

M
Margaux 20/08/2026 à 13:19

Honnêtement je découvre beaucoup de choses dans cet article sur les réalités que vivent les Réunionnais face à l'emploi, on en parle si peu côté métropole. Est-ce que ces 63 recommandations ont une chance réelle d'aboutir à une loi, ou c'est le genre de rapport qui reste dans un tiroir ? Je pose la question sincèrement parce que depuis qu'on est installés ici, on voit bien que les bonnes intentions ne manquent pas mais que les résultats tardent.

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Thierry Lebon 20/08/2026 à 13:14

Je me permets une petite précision sur l'indice de Gini cité dans l'article. Cet indicateur mesure effectivement les inégalités de distribution des revenus, mais il faut savoir qu'à La Réunion une partie importante des revenus est constituée de transferts sociaux qui viennent atténuer l'indice réel. Comparer directement avec des pays qualifiés d'inégalitaires sans cette nuance peut conduire à des conclusions un peu rapides, même si le fond du constat reste juste.

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Boug du Lagon 20/08/2026 à 13:10

Je vois pas trop ce que le masculinisme vient faire dans le bilan d'une sénatrice réunionnaise, y'a des urgences bien plus concrètes pour le péi. Le statut de Grand projet ultramarin pour des chantiers structurants, ça par contre c'est intéressant, mais on en parle depuis des années et ça reste dans les rapports.

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Maéva 20/08/2026 à 13:00

Les chiffres sur Parcoursup m'ont vraiment interpellée, 180 euros de frais supplémentaires pour des entretiens en présentiel que les ultramarins ne peuvent pas se permettre, c'est exactement le genre de discrimination invisible que personne ne voit depuis l'Hexagone. Quand on parle d'égalité des chances, il faut aussi parler des barrières concrètes qui font qu'un jeune de Saint-André n'a pas les mêmes cartes en main qu'un lycéen de Paris. Cette proposition de loi, si elle passe, ça change vraiment la donne pour les prochaines générations.