Ce mercredi 19 août, le conseil municipal de Sainte-Suzanne a inscrit à l'ordre du jour, en dernière minute, une motion par laquelle le maire Alexandre Laï-Kane-Cheong renonce à la majoration de 15 % appliquée à son indemnité depuis le début de la mandature. Concrètement, cela représente 554,92 euros bruts de moins chaque mois, son indemnité passant de 4 254,39 euros à 3 699,47 euros bruts.
Le revirement survient quatre mois après l'entrée en vigueur de cette hausse. En avril, face aux critiques, l'édile l'avait défendue sans ambages : « C'est une décision que j'assume en tant que maire. » Il justifie aujourd'hui sa volte-face par les efforts demandés aux agents municipaux dans un contexte budgétaire qu'il décrit comme difficile. La nouvelle majorité avait annoncé avoir hérité d'un déficit estimé à 12 millions d'euros et pris plusieurs mesures d'économies.
Dans sa motion, le maire propose de réaffecter l'équivalent annuel de sa majoration — soit environ 6 659 euros bruts — à un fonds de valorisation des agents les plus méritants, dans le cadre de cette mutualisation. Les modalités précises du dispositif restent à définir.


5 commentaires
Je connais des aides-soignantes à l'hôpital de Saint-Pierre qui font des heures supplémentaires jamais payées, et là on parle d'un fonds de valorisation à 6 659 euros bruts annuels dont les modalités restent à définir. C'est gentil comme geste, mais ça va pas changer grand chose dans les fiches de paie à la fin du mois. J'espère vraiment que ce ne sera pas juste un mot dans un compte-rendu de conseil municipal qu'on retrouve plus jamais.
De mon temps, on disait qu'il vaut mieux faire bonne figure une fois que mauvaise figure deux fois. Ce maire-là, il a appris ça un peu tard, mais il a appris.
6 659 euros bruts annuels, c'est le chiffre brut, i fo penser au net réel qui sera nettement inférieur selon le taux de charges. Le fonds de valorisation risque d'être symbolique si les modalités ne sont pas cadrées rapidement.
Ce qui m'interroge dans cette affaire, c'est moins le montant que la séquence. En avril, le maire assume publiquement la hausse. En août, il y renonce. Que s'est-il passé entre-temps pour provoquer ce revirement ? Un déficit de 12 millions d'euros ne se découvre pas en quatre mois, il était connu ou très largement prévisible dès le début de la mandature. La question de fond, c'est la sincérité du budget initial, pas les 554 euros. La réaffectation vers un fonds de valorisation reste une belle intention, mais les modalités floues à ce stade ne permettent pas vraiment d'évaluer si c'est de la gestion ou de la communication.
Renoncer à une hausse qu'on a soi-même votée quatre mois plus tôt, ça ressemble à quelqu'un qui a senti le vent tourner. Dans une coopérative, quand on prend une décision commune et qu'on fait marche arrière aussi vite, on perd la confiance des associés pour longtemps. Le fonds pour les agents méritants c'est une bonne idée sur le principe, mais les modalités restent à définir, c'est pas rassurant.