Force ouvrière a déposé vendredi 14 août un préavis de grève illimitée au Groupe hospitalier Est Réunion, applicable à partir du 21 août à minuit. Il couvre l'ensemble des personnels de l'établissement.
Le syndicat formule sept revendications : la fin des « changements d'affectation forcée de service » pour les agents soumis à des restrictions, un « réel plan de résorption des heures supplémentaires », le respect du temps partiel et l'attribution de RTT aux agents dépassant les 35 heures hebdomadaires.
FO dénonce par ailleurs l'absence de remplacement des personnels absents pour formation, congé maladie longue durée ou congé maternité, ainsi que le non-respect des horaires et des plannings — notamment le passage de journées de 7h30 à 12 heures « sans concertation avec les agents ». Le syndicat réclame enfin « un plan de stagiarisation équitable et respectant l'ancienneté ».
Ce préavis intervient un peu plus d'un mois après un précédent mouvement au bloc opératoire, déposé début juillet par la CGTR. Ce syndicat avait finalement levé son préavis à l'issue de négociations avec la direction, qui portaient elles aussi sur les effectifs, les plannings et la réorganisation de la permanence des soins.
Sauf évolution de la situation d'ici là, la grève lancée par FO doit donc débuter vendredi 21 août à minuit, pour une durée illimitée.


8 commentaires
Je ne suis pas du milieu hospitalier, mais quand j'emmène un groupe en rando dans le cirque de Mafate, si je changeais le programme sans prévenir les randonneurs à mi-chemin, y'a des gens qui se retrouveraient dans le noir sur un sentier. C'est une question de confiance et d'organisation. J'imagine que pour les soignants, c'est pareil, in koudmin de concertation en amont ça change tout.
Ce qui me frappe dans les revendications de FO, c'est que tout est basique : respecter les horaires, remplacer les absents, concerter avant de changer un planning. Dans n'importe quelle boîte, si vous passez un agent de 7h30 à 12 heures sans lui en parler, vous allez droit vers un arrêt maladie ou une démission. À l'hôpital, les gens restent parce qu'ils se sentent responsables des patients, et la direction le sait. On ne peut pas bâtir un management sain sur la conscience professionnelle des gens à la place du dialogue.
@Anaëlle, bonne question sur le service minimum. En métropole, à Nantes ou à Brest, j'ai vu que les protocoles sont clairs sur ce point, les soins critiques et les urgences restent couverts par obligation légale. Ce qui m'interpelle surtout ici, c'est le passage brutal à des journées de 12 heures sans concertation. Dans n'importe quelle organisation un peu sérieuse, un changement d'amplitude de travail aussi significatif passerait obligatoirement par un accord avec les équipes. Ça soulève une vraie question de management, bien au-delà du seul rapport syndicats-direction.
Je suis curieuse de comprendre comment une grève illimitée dans un hôpital se gère concrètement : est-ce qu'il y a quand même un service minimum obligatoire pour les urgences et les soins critiques ? Et est-ce que la direction a un délai légal pour répondre aux revendications une fois le préavis déposé ?
Respect aux soignants qui tiennent le coup dans ces conditions.
Des plannings chamboulés sans concertation, des heures sup qui s'accumulent sans plan de résorption sérieux... en cabinet je reçois régulièrement des soignants hospitaliers avec des contractures chroniques, des troubles du sommeil, un moral dans les chaussettes. Ce n'est pas une question de motivation, c'est une question d'organisation du travail. J'espère que la direction du GHER prendra ces revendications au sérieux avant que les gens craquent pour de bon.
La CGTR négocie en juillet, FO dépose un préavis en août, ça fait beaucoup de mouvements en peu de temps au GHER. On espère que la direction va vraiment jouer le jeu cette fois, parce que lé pa fasil de soigner correctement des patients quand les équipes sont à bout.
Ce qui est décrit là, les journées qui passent de 7h30 à 12 heures sans prévenir, l'absence de remplaçants quand quelqu'un part en formation... c'est exactement ce que mes collègues au GHER me rapportent depuis des mois. J'ai fait le choix du libéral précisément pour fuir ce genre de conditions, mais je pense fort à ceux qui restent dedans. On manque de soignants partout dans le péi, et on continue à épuiser ceux qu'on a.