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Téléphones interdits dans les lycées : ce qui change concrètement

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Téléphones interdits dans les lycées : ce qui change concrètement

Rentrée sans portable dans les lycées : comment ça va se passer ? - Crédit Zinfos974 - Société


Le lycée Jean-Claude-Fruteau de Saint-Benoît accueille près d'un millier d'élèves ce mardi pour une rentrée marquée par la « pause numérique ». L'usage du téléphone portable est désormais interdit pendant le temps scolaire dans les lycées, une mesure nationale qui étend aux lycées une règle déjà en vigueur à l'école et au collège.

Concrètement, les élèves gardent leur appareil sur eux. Pas de confiscation à l'entrée, pas de casiers dédiés. Le téléphone doit simplement rester éteint, rangé dans le sac et hors de vue. La consigne vaut dans tout l'établissement : salles de cours, couloirs, cour, CDI, réfectoire, permanence, toilettes et installations sportives.

Pour le proviseur Dominique Panambalom, c'est là que se situe le vrai changement. « On ne part pas de rien », dit-il : l'usage personnel du portable était déjà interdit en cours. Ce qui change, c'est l'interdiction dans tous les espaces de vie entre les cours, là où consulter son écran était devenu un réflexe quasi automatique.

L'application sera progressive. Un téléphone sorti une première fois vaudra un rappel à la règle. En cas de récidive, les parents pourront être contactés. Pour les élèves persistants, le lycée prévoit d'acquérir des pochettes sécurisées : l'élève y dépose son appareil à la vie scolaire, la pochette est fermée et conservée dans son sac, sans possibilité de l'ouvrir sans repasser par la vie scolaire.

La question du contact avec les familles est traitée directement dans les affichages du lycée : « Pour contacter ta famille : passe par l'accueil, la vie scolaire ou l'infirmerie. » Dominique Panambalom rappelle la présence dans l'établissement d'une infirmière, d'une assistante sociale et d'un pôle santé-social pour assurer ce lien en cas d'urgence.

Des exceptions sont prévues. Un enseignant pourra ponctuellement autoriser l'usage du téléphone pour une recherche encadrée, en histoire-géographie ou en enseignement moral et civique par exemple. Des dérogations existent aussi pour certains usages administratifs, pour les élèves en situation de handicap, ou pour les étudiants suivant une formation au sein du lycée. Le lycée entend par ailleurs renforcer la mise à disposition de tablettes dans les classes pour réduire le recours au smartphone personnel.

À plus long terme, Dominique Panambalom réfléchit, avec la Région, à la création d'un espace équipé de bornes connectées et d'un réseau sécurisé, pour offrir un accès numérique encadré durant la pause méridienne. L'académie avait évoqué la possibilité d'aménager des zones dédiées lors de la conférence de presse de rentrée du rectorat lundi, en laissant chaque établissement définir son propre fonctionnement dans son règlement intérieur.

La mesure s'inscrit dans ce que le rectorat appelle un « usage raisonné du numérique ». Les établissements sont invités à sensibiliser élèves, personnels et parents aux effets d'une exposition excessive aux écrans. Les adultes sont eux-mêmes appelés à limiter l'usage de leur téléphone devant les élèves.

Jean-Claude-Fruteau profite de cette rentrée pour afficher d'autres ambitions. Le lycée revendique un taux de réussite au baccalauréat général d'environ 94 %, ce qui le place parmi les établissements publics les plus performants de l'île. Il dispose déjà d'une classe préparatoire, dont des élèves ont été admis à Polytechnique cette année, et travaille à l'ouverture d'une seconde prépa. Une convention d'éducation prioritaire avec Sciences Po Paris doit également permettre, dès cette rentrée, de préparer des élèves de première et de terminale à intégrer Sciences Po par cette voie spécifique.

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