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Saint-Joseph gère sa rentrée après la quasi-suppression des contrats PEC

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Saint-Joseph gère sa rentrée après la quasi-suppression des contrats PEC

Rentrée scolaire : Saint-Joseph limite la casse malgré la fin des PEC - Crédit Zinfos974 - Société


L'an dernier, 271 des 450 agents affectés aux 25 écoles de Saint-Joseph relevaient de contrats PEC. Cette année, ils ne sont plus que 32. La quasi-disparition de ces parcours emploi compétences, annoncée par l'État le 5 mai alors que les budgets communaux étaient déjà arrêtés, a forcé la mairie à revoir entièrement son organisation avant la rentrée.

Le maire Patrick Lebreton parle d'« une rupture de contrat par l'État en direction des communes » et juge « très dommageable » la brutalité du calendrier. Pour faire face, la Ville a financé 145 contrats à durée déterminée de deux à quatre mois, entre prolongations et quelques recrutements. Des agents d'autres services municipaux seront par ailleurs redéployés vers les écoles.

Les établissements ouvriront, mais « dans des conditions différentes que d'habitude », prévient le maire. Les premières activités touchées sont celles qui ne relèvent pas des obligations légales : certaines activités périscolaires et sportives sont fermées « jusqu'à nouvel ordre ». Un bilan sera dressé au cours du premier trimestre pour décider de ce qui pourra reprendre. Saint-Joseph comptait sept garderies, dont trois portées par une association. La commune dit vouloir encourager les associations de quartier à prendre le relais, avec son soutien.

Patrick Lebreton rappelle les engagements que la commune tient depuis des années. Depuis 2001, Saint-Joseph place une ATSEM par classe en maternelle, là où la loi n'en exige qu'une par école. La commune avait aussi mis en place une école municipale des sports, un bassin d'apprentissage de la natation dans les Hauts et des interventions régulières d'animateurs et d'éducateurs. Ce sont précisément ces services, construits au fil des ans au-delà du minimum légal, qui souffrent le plus de la réduction brutale des effectifs.

La rentrée s'accompagne d'un recul démographique confirmé. Une étude sur la carte scolaire, confiée depuis un an à un bureau spécialisé, établit que Saint-Joseph a perdu 670 élèves en dix ans, sur un effectif d'environ 5 000. Cette année, quatre classes ferment en élémentaire, tandis qu'une ouvre en maternelle à Grand-Coude. La commune réunit lundi prochain les directrices et directeurs d'école ainsi que l'inspectrice de l'Éducation nationale de la circonscription. Dans la semaine, les 364 personnels mobilisés dans les écoles seront également rassemblés pour suivre le déroulement de la rentrée et ajuster l'organisation si nécessaire.

« Malgré ça, nous, on continue tout simplement à assumer », résume Patrick Lebreton.

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8 commentaires

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Tom Bib 18/08/2026 à 07:29

Ce que décrit cet article me rappelle une formule de l'historien Pierre Rosanvallon sur la désinstitutionnalisation rampante des services publics locaux : quand l'État se désengage brutalement, ce sont toujours les territoires les plus engagés qui chutent le plus lourdement, parce qu'ils avaient justement osé faire davantage que le minimum. Saint-Joseph avait construit quelque chose, une ATSEM par classe, un bassin dans les Hauts, une école des sports. Ce sont précisément ces efforts qui sont aujourd'hui sanctionnés par leur propre fragilité. Il y a une vraie ironie dans le fait que les communes les plus ambitieuses pour leurs habitants soient les plus exposées quand les règles changent du jour au lendemain.

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TataYoyo 18/08/2026 à 06:18

@Lastron-Leïla, tu as bien raison. Les mamans qui partent travailler à six heures du matin, elles ont besoin de savoir que leurs marmaille sont en sécurité à l'école. Une garderie c'est pas du luxe, c'est une nécessité. J'ai vu pendant des années des familles tenir grâce à ces petits services que la commune offrait, et là on leur dit quoi, débrouillez-vous ? Heureusement que Patrick Lebreton essaie de tenir, mais i fo que l'État assume sa part aussi.

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David 18/08/2026 à 06:13

On parle de Saint-Joseph mais c'est le même problème partout dans le péi. L'État décide en mai que les budgets sont déjà bouclés, et c'est les communes qui ramassent. Moi je vois des familles qui vont avoir du mal à gérer leurs gosses le matin, et derrière c'est leur boulot qui trinque. Franchement, on aime notre île mais des fois on se demande si on compte vraiment dans les calculs de Paris.

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Maéva 18/08/2026 à 05:22

Article intéressant mais je retiens surtout le chiffre des 670 élèves perdus en dix ans. C'est significatif pour une commune de cette taille et ça dit quelque chose sur l'attractivité du territoire. Quand les services régressent, les familles partent, et quand les familles partent, les services régressent encore. C'est un cercle qu'on voit aussi dans le e-commerce local : sans masse critique de clients dans une zone, les marges deviennent impossibles à tenir.

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Lastron-Leïla 18/08/2026 à 05:18

271 agents sur 450, c'est plus de la moitié des effectifs dans les écoles, et ça passe à 32. On parle pas d'un ajustement là. Ce qui m'inquiète c'est le message que ça envoie aux familles qui bossent et qui comptent sur la garderie le matin ou le soir, lé pa fasil de trouver une solution de secours en deux semaines.

F
Fifi430 18/08/2026 à 05:13

Pour être précise sur un point : la suppression ou la réduction drastique des contrats PEC sans préavis suffisant pose une vraie question de sécurité juridique pour les collectivités. Les budgets communaux étaient arrêtés, comme le rappelle le maire. Ce type de décision unilatérale de l'État en cours d'exercice budgétaire expose les communes à une situation inextricable, puisqu'elles ne peuvent pas modifier leur budget primitif du jour au lendemain sans procédure. C'est un vrai sujet, au-delà de la polémique politique.

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Anaëlle 18/08/2026 à 05:08

Je comprends pas bien un truc : la commune dit qu'elle va encourager les associations de quartier à prendre le relais pour les garderies, mais avec quel soutien concret exactement ? Est-ce que ça veut dire des subventions, du matériel, des locaux mis à disposition ? Parce que "soutien" ça peut vouloir dire beaucoup de choses.

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Vavangue 18/08/2026 à 05:02

Ce que je lis me touche vraiment. On construit des choses pendant des années, une école des sports, des ATSEM en maternelle, un bassin de natation dans les Hauts, et une décision prise le 5 mai fait tout vaciller. C'est exactement ce que vivent aussi les producteurs locaux quand les subventions changent du jour au lendemain sans qu'on ait eu le temps d'adapter. Les communes rurales comme Saint-Jo portent des projets que l'État ne finance plus mais qu'il faudrait quand même maintenir, parce que c'est la vie des familles qui est derrière.