La rentrée s'est tenue normalement ce mardi à Bras-Panon, mais au prix d'un million d'euros environ, selon le maire Jeannick Atchapa. Pour absorber la réduction des contrats Parcours emploi compétences attribués par l'État, la commune a recruté des dizaines d'agents en CDD afin de maintenir les écoles et les cantines en fonctionnement.
Au total, 27 CDD ont été embauchés pour les écoles et 27 autres pour la restauration scolaire. Une vingtaine de PEC arriveront à échéance dans les prochains mois : Jeannick Atchapa estime que ce seront finalement environ 75 recrutements qui auront été nécessaires. Le conseil municipal avait anticipé la situation en actant la création de 70 postes contractuels.
« Pour nous, c'est environ un million d'euros d'efforts supplémentaires au niveau du budget dans un contexte restreint, inflationniste, où les demandes sont de plus en plus importantes », a déclaré le maire lors de sa tournée des établissements.
Préserver les écoles a un coût ailleurs. « Notre disponibilité budgétaire ne sera plus à la hauteur pour les autres services qui vont en pâtir. Et donc les écoles fonctionnent, mais bientôt nous allons avoir une dégradation des services publics dans notre service environnement, notre service technique, notre service des sports. Et c'est là où les difficultés vont vraiment commencer », prévient Jeannick Atchapa.
Le maire n'attend pas de geste de l'État. S'il dit percevoir une écoute du préfet, il juge que la décision appartient au gouvernement et que « il y a peu de chances qu'il y ait un revirement de situation ». Son diagnostic est tranché : « Le format du service public est en train d'être modifié. On fera les efforts qu'on veut, la commune n'aura jamais les moyens de compenser la perte des emplois aidés. »
Bras-Panon n'est pas un cas isolé. Plusieurs maires réunionnais avaient alerté avant la rentrée sur les effets de la réduction des quotas de PEC, contraignant les collectivités qui en ont la capacité à recruter directement pour assurer leurs missions prioritaires.


8 commentaires
Moi ce qui m'inquiète c'est la cantine. Quand le service restauration scolaire galère, les premiers à trinquer c'est les gamins, et les fournisseurs locaux comme moi on le sent vite derrière. Les commandes de viande fraîche deviennent irrégulières, les bons de commande arrivent en retard, et après on te dit que c'est le budget. Un million pour tenir les cantines debout c'est bien, mais faudrait aussi qu'on pense à stabiliser les achats côté fournisseurs parce que nous on a des charges fixes tous les mois, la cave tourne pas toute seule.
Bras-Panon c'est pas ma commune mais j'envoie des groupes de touristes faire de la randonnée là-haut régulièrement. Si le service environnement lâche, les sentiers vont se dégrader et c'est toute une offre touristique qui part à la poubelle. Alors oui bravo pour les cantines, mais faut pas oublier que l'arrière-pays ça fait partie du produit Réunion aussi.
Ce que dit Atchapa, c'est exactement ce qu'on disait à la CGT il y a vingt ans quand l'État a commencé à démanteler les emplois publics par petits bouts. D'abord les emplois aidés, demain les contractuels, et après on s'étonne que les services ne fonctionnent plus. Un million d'euros sortis du budget communal pour compenser ce que l'État refuse d'assumer, c'est les travailleurs et les familles de Bras-Panon qui payent la facture à la place de Paris. Les domoun i fo qu'ils comprennent que c'est pas une erreur de gestion locale, c'est un choix politique national.
Moi j'ai des enfants à la cantine de Bras-Panon, y'a deux ans je galerais à les faire manger correctement le midi parce que le service était tout désorganisé. Là ça tourne bien depuis la rentrée, alé, au moins ça. Mais lé pa fasil pour la mairie de sortir un million comme ça, surtout quand l'État se désengage sans prévenir. Les communes elles font ce qu'elles peuvent avec ce qu'on leur laisse.
Un million pour maintenir les écoles à flot, respect au maire pour avoir assumé. Mais si le service environnement coule, c'est nos plages et nos rivières qui vont morfler aussi.
Je fais mes tournées tous les matins du côté de Bras-Panon parfois et je vois bien que les cantines tournent, les garderies aussi. Mais ce que dit le maire sur les services qui vont se dégrader, ça m'inquiète vraiment. Quand l'environnement et le sport lâchent, c'est la santé des gens qui trinque derrière, indirectement. On voit ça partout en fait, ce n'est pas propre à La Réunion.
La commune crée 70 postes contractuels pour remplacer des PEC, ok, mais est-ce qu'on a une idée du coût total par poste et surtout de ce que ça donne en termes de pérennité ? Parce qu'un CDD c'est pas une solution long terme non plus. J'aurais aimé que l'article creuse un peu plus l'aspect budgétaire, genre le détail de où ce million va vraiment aller.
C'est le maire qui parle vrai là. Les écoles fonctionnent, très bien, mais pendant ce temps les autres services vont souffrir. On voit déjà le résultat partout dans le péi, les espaces verts laissés à l'abandon, les terrains de sport qu'on entretient plus. Les marmaille méritent mieux que ça, et les anciens aussi.