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Saint-Benoît perd les deux tiers de ses contrats PEC à la rentrée

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Saint-Benoît perd les deux tiers de ses contrats PEC à la rentrée

PEC : rentrée sous tension à Saint-Benoît, octobre s'annonce déjà "critique", alerte Patrice Selly - Crédit Zinfos974 - Société


Saint-Benoît a fait sa rentrée ce mardi avec des équipes amputées. La ville comptait 95 contrats Parcours emploi compétences (PEC) en 2025 ; la Préfecture n'en a accordé que 34 pour cette rentrée 2026. Le maire Patrice Selly parle d'une « baisse drastique de plus de deux tiers » qui « impacte lourdement » la capacité de la commune à encadrer correctement ses écoles.

La restauration scolaire et l'accueil périscolaire sont maintenus. Mais le taux d'encadrement a été revu à la baisse : dans les classes de grande section, une seule ATSEM couvrira désormais deux classes dédoublées. « Cette situation n'est pas celle que nous souhaitons pour nos enfants, ni pour nos agents. Nous faisons aujourd'hui au mieux avec les moyens dont nous disposons, mais nous ne pouvons pas considérer cette situation comme satisfaisante », déclare l'édile.

Pour atténuer le choc, la ville a cherché des marges de manœuvre ailleurs. Le Département a accordé 15 PEC supplémentaires, effectifs à compter du 1er septembre. La ville et la Caisse des Écoles ont également financé 12 contrats à durée déterminée, « malgré les contraintes qui pèsent sur les finances de la collectivité ». « Nous avons activé tous les leviers dont nous disposions pour renforcer nos équipes. Mais malgré ces efforts, le compte n'y est pas », résume Patrice Selly.

Le maire prévient que le plus dur est encore à venir. Une trentaine de PEC recrutés au cours de l'année scolaire précédente arrivent à échéance dans les prochaines semaines. « Je veux alerter dès aujourd'hui sur la situation qui nous attend en octobre. Nous risquons de nous retrouver avec des moyens humains encore plus réduits au risque de ne pas pouvoir assurer la rentrée d'octobre. Nous ne pouvons pas attendre que la situation devienne ingérable pour réagir », avertit-il.

Saint-Benoît n'est pas un cas isolé. Ces dernières semaines, d'autres communes réunionnaises ont signalé les mêmes difficultés liées à la réduction des contrats aidés : recrutements supplémentaires à financer sur les budgets municipaux, surcoûts se chiffrant en millions d'euros à l'échelle de l'île, services publics contraints de tourner avec moins de personnel. La ville dit poursuivre ses démarches auprès des services de l'État pour obtenir des moyens supplémentaires.

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6 commentaires

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S
Sébastien V. 17/08/2026 à 16:15

@Sandrine, les chiffres que vous posez sont les bons. Ce que ça dit aussi, c'est que la commune a mobilisé trois sources de financement distinctes pour compenser une décision prise à un seul niveau. C'est exactement le type de situation que les réformes de la contractualisation étaient censées éviter, en théorie. En pratique, les enveloppes PEC sont pilotées nationalement avec des objectifs de réduction qui ne tiennent pas toujours compte des réalités locales des territoires ultramarins. La mutualisation avec le Département est une bonne réponse, mais elle a ses limites propres, et on voit bien que même en cumulant tout, le compte n'y est pas, comme dit le maire. Ce qui m'interroge c'est l'absence de visibilité à moyen terme : si la commune ne sait pas ce qu'elle aura en octobre, elle ne peut pas piloter ses recrutements sereinement.

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Polo 17/08/2026 à 15:21

C'est toujours les mêmes qui payent. La commune sort les CDD de sa poche parce que l'État coupe les enveloppes, et derrière c'est le budget qui trinque sur autre chose. Même logique que la grande distribution qui serre les fournisseurs : quelqu'un absorbe le coût, et c'est jamais celui qui a décidé.

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PépéBassin 17/08/2026 à 15:20

Les petits ont besoin de gens autour d'eux pour apprendre, comme les jeunes pêcheurs ont besoin d'un ancien sur le bateau. Quand on retire ces bras-là, c'est pas des chiffres qu'on enlève, c'est de la transmission. Et ça, ça ne se rattrape pas facilement.

L
Lastron-Leïla 17/08/2026 à 15:14

Ce qui me frappe c'est la phrase du maire sur octobre, i fo vraiment pas attendre que ça devienne ingérable. Combien de communes réunionnaises sont dans le même cas en ce moment ? Parce que si c'est une tendance nationale sur les contrats aidés, ça mériterait une carte ou un suivi par commune sur entrepreneur.re.

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Lulu 17/08/2026 à 15:06

Mon fils est en grande section à Saint-Benoît, alors ça me touche direct. Une seule ATSEM pour deux classes dédoublées, les marmaille vont se retrouver sans attention correcte toute la journée. Les parents on le sait jamais vraiment ce qui se passe derrière les portes des écoles, et là on nous annonce ça en début d'année comme si c'était normal. C'est pas normal du tout.

S
Sandrine 17/08/2026 à 15:04

Pour replacer dans le contexte : passer de 95 à 34 PEC accordés par la Préfecture, c'est une réduction de 64% d'un coup. Même en ajoutant les 15 du Département et les 12 CDD financés sur fonds propres, la ville tourne avec 61 contrats là où elle en avait 95. Le delta de 34 postes reste à absorber, et les CDD représentent un coût de fonctionnement direct sur le budget communal, sans cofinancement État. C'est là que le vrai problème budgétaire commence, pas seulement en termes d'encadrement.