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Sainte-Suzanne : le conseil vote sur le maintien de Sarah Assama

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Sainte-Suzanne : le conseil vote sur le maintien de Sarah Assama

Sainte-Suzanne : Sarah Assama ne sera pas remplacée au poste de première adjointe... "Le respect aurait dû se faire avant", rétorque l'élue - Crédit Zinfos974 - Politique


Le conseil municipal de Sainte-Suzanne se réunit mercredi pour se prononcer sur le maintien de Sarah Assama dans ses fonctions d'adjointe. Si les élus votent contre, le poste de premier adjoint restera vacant jusqu'à la fin du mandat : c'est ce que prévoit explicitement le rapport soumis à l'assemblée. Le cabinet du maire y voit une « marque de respect » envers l'élue, qui, elle, n'y est guère sensible.

Tout remonte au conseil municipal du 15 juillet. Ce soir-là, Sarah Assama s'était abstenue lors du vote sur la nouvelle répartition des subventions aux associations, se démarquant du reste de la majorité. Elle avait ensuite expliqué ce choix dans une tribune comme un vote personnel, motivé par la volonté de prévenir « toute situation de conflit d'intérêts, réelle ou apparente ». Par arrêté du 3 août, le maire Alexandre Laï-Kane-Cheong lui a retiré ses délégations en qualité de première adjointe. La majorité avait alors assuré qu'il ne s'agissait pas d'une « sanction », invoquant notamment les difficultés que pourrait poser l'activité d'infirmière libérale de l'élue dans certaines décisions municipales.

Le Code général des collectivités territoriales oblige le conseil à se prononcer sur le maintien d'un adjoint dont les délégations ont été retirées. Le vote se tiendra à main levée, sauf si un tiers des 39 membres demande un scrutin secret — ce qui supposerait que des élus de la majorité, qui compte 26 sièges, rejoignent l'opposition.

En cas de non-maintien, le nombre d'adjoints passerait de dix à neuf. La majorité n'envisage pas d'élire un successeur. « On s'était orienté vers la solution qui semblait la plus classique et ce à quoi on s'attendait tous », reconnaît Louis Laï-Kane-Cheong, directeur de cabinet du maire. C'est finalement le groupe majoritaire qui a choisi de ne pas aller dans cette direction. Pour lui, laisser le poste vacant constitue une « marque de respect » envers Sarah Assama, une sorte de « deuil » : plutôt que de nommer aussitôt un successeur, la majorité préfère laisser le siège inoccupé. L'élue n'était pas présente lors de la réunion où cette décision a été prise, mais avait été invitée, précise-t-il.

Elle ne cache pas son indifférence. « Ça ne me fait ni chaud ni froid. C'est le respect de la population qui m'importe. Je n'ai pas besoin d'un titre, je marche la tête haute dans Sainte-Suzanne », dit-elle. Sur la « marque de respect » avancée par le cabinet, elle est directe : « Le respect aurait dû se faire avant, en apprenant dès le 22 juillet par les médias qu'on me retire mes fonctions de première adjointe alors que le groupe majoritaire s'est réuni le 23 juillet… Le maire annonce qu'il me destitue pour me protéger, mais fait dans le même temps une vidéo pour me recadrer. »

La séance de mercredi porte aussi sur la redistribution de l'enveloppe indemnitaire attachée au poste de première adjointe, soit 950 euros, qui serait répartie entre les 15 conseillers municipaux délégués. Sarah Assama et le conseiller d'opposition Daniel Alamélou demandent tous deux que ce vote soit dissocié de celui portant sur le maintien dans les fonctions. Dans un courrier au maire, Alamélou réclame deux délibérations distinctes : l'une sur la qualité d'adjointe, l'autre sur « l'augmentation des indemnités des conseillers municipaux de la majorité ». Sarah Assama voit dans cette redistribution une façon de « flatter » les élus de la majorité et rappelle qu'une première hausse des indemnités avait déjà été votée en avril, à laquelle elle dit s'être opposée.

Les tensions ont aussi gagné le Centre communal d'action sociale (CCAS), où Sarah Assama a démissionné de son poste de première vice-présidente. La majorité avait dit sa « stupeur » face à ce départ, faisant valoir qu'elle avait choisi, lors d'une réunion du 23 juillet, de renouveler sa confiance à l'élue dans cette instance. Sarah Assama conteste cette lecture : « Je n'ai jamais eu de délégation de signature et je n'étais pas associée aux décisions, ce n'était qu'un titre. »

Le conseil entérinera par ailleurs la nomination d'un nouveau directeur général des services, en remplacement d'Hans Dijoux, désormais affecté à un poste de chargé de mission au CCAS.

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