Le maire de Saint-Philippe, Olivier Rivière, a publié une vidéo sur la page Facebook de sa commune pour réclamer la mise en service immédiate du forage de Takamaka, un équipement dont la Casud assure la maîtrise d'ouvrage. Une sortie qui a pris de court Alexis Chaussalet, maire du Tampon et président de l'intercommunalité.
Rivière pointe une situation qu'il juge critique pour une partie de ses administrés. La rivière Langevin, dont dépend environ 35 % des habitants de Saint-Philippe, est en train de s'assécher. Le forage de Basse-Vallée couvre les 65 % restants, mais les quartiers du Tremblet, de Ravine Ango et de Takamaka seraient les plus touchés par les coupures.
Face aux distributions par citernes déjà engagées, Rivière ne prend pas de précautions oratoires. Il qualifie ces mesures de « sparadraps sur une jambe de bois » et affirme que le forage de Takamaka serait « pleinement opérationnel », qu'il suffirait « d'appuyer sur un bouton » pour l'activer. Il demande à la Casud une mise en service « sans délai ».
Alexis Chaussalet dit n'avoir reçu aucun signal avant la publication de la vidéo. « Il a mon numéro de téléphone, mais mon téléphone n'a pas sonné », déclare-t-il, ajoutant n'avoir reçu « aucun message » ni « aucun courrier » signalant une urgence. Sur le fond, il assure que l'ouvrage de Takamaka reste identifié comme un équipement indispensable et qu'il a signé, depuis son arrivée à la tête de la Casud, « quelques centaines de milliers d'euros » consacrés à son entretien. « Il n'y a aucune raison qu'il n'ouvre pas », dit-il, tout en reconnaissant ne pas disposer à ce moment de tous les éléments techniques.
L'échange intervient dans un contexte politique tendu au sein de la Casud. Depuis les dernières municipales, Olivier Rivière se retrouve dans une position plus isolée face à une majorité conduite par Alexis Chaussalet, avec l'appui de Patrick Lebreton et Camille Clain. La mandature précédente avait déjà connu des affrontements répétés, souvent cristallisés autour de la gestion de l'eau, entre André Thien-Ah-Koon et Patrick Lebreton.


7 commentaires
Moi je fournis des boucheries et des restaurants dans le Sud, et quand mes éleveurs du coin n'ont plus d'eau pour leur bétail, c'est toute la chaîne qui trinque. C'est pas un problème politique, c'est un problème de survie pour des gens qui travaillent. Un forage opérationnel qui attend qu'on appuie sur un bouton, pendant que des familles reçoivent des citernes, franchement on croit rêver.
@Vavangue, tu as raison sur les abeilles et le nectar, mais laisse-moi te dire que c'est pas seulement les fleurs qui souffrent. Sans eau régulière, mes plantations de chouchous et de bringelles partent à la poubelle en plein soleil de mars. Moi je dépends de forages privés pour l'instant, mais mes voisins maraîchers côté Basse-Vallée sont directement touchés. Que deux élus se chamaillent pendant ce temps-là pendant que la terre craque, ça me met hors de moi. I fo qu'ils règlent ça, et vite.
Ce que je retiens dans tout ça, c'est que derrière les tensions politiques, il y a des familles qui traversent une situation vraiment difficile. Quand les besoins essentiels ne sont pas couverts, ça impacte tout le reste, le moral, le quotidien, la capacité à avancer. J'espère sincèrement qu'ils trouvent un terrain d'entente rapidement, pour les habitants du Tremblet et de Ravine Ango.
Des gens au Tremblet qui attendent des citernes pour avoir de l'eau, en 2024, c'est triste à voir. Moi j'ai connu le temps où on allait chercher l'eau à la source, mais c'était avant, c'était autrement. Aujourd'hui on a foré, on a construit, et les marmailles attendent quand même. Les deux maires feraient mieux de se téléphoner au lieu de se parler par vidéo interposée.
L'histoire se répète un peu, non ? On avait déjà vu ces tensions sur la gestion de l'eau entre Thien-Ah-Koon et Lebreton. Ce qui interroge vraiment, c'est pourquoi un forage présenté comme opérationnel depuis un moment n'est toujours pas en service. Les « quelques centaines de milliers d'euros » d'entretien évoqués par Chaussalet, c'est une somme significative pour un équipement qui n'a pas encore tourné. Quelqu'un a la chronologie complète de ce dossier ?
La rivière Langevin qui s'assèche, ça me fait mal au coeur. Dans le sud sauvage, l'eau c'est tout, pour les gens, pour les cultures, pour les abeilles aussi. Nos fleurs de Takamaka et de Basse-Vallée ont besoin d'humidité pour donner du nectar, et quand les quartiers sont en coupure, c'est pas seulement les robinets qui souffrent. Les élus i fo qu'ils règlent ça entre eux vite fait, les citernes c'est pas une solution.
Ce qui me frappe ici, c'est la question de la compétence et de la responsabilité au sein de l'intercommunalité. La maîtrise d'ouvrage appartient à la Casud, donc Rivière, en tant que maire de Saint-Philippe, n'a techniquement aucun pouvoir de décision sur la mise en service de l'équipement. Son recours à une vidéo publique est une pression politique, pas un acte de gestion. Ça peut se comprendre face à une urgence, mais ça ne fluidifie pas les relations institutionnelles.