La commune du Tampon aborde la rentrée scolaire 2026-2027 avec 161 agents territoriaux spécialisés des écoles maternelles (ATSEM) déployés dans autant de classes, et des travaux réalisés en urgence dans deux établissements. C'est le bilan qu'a présenté ce vendredi le maire Alexis Chaussalet, lors d'une visite à l'école Jean Albany, au Grand Tampon.
La présence d'une ATSEM par classe maternelle figurait parmi ses engagements de campagne. Il la considère tenue dès cette première rentrée sous son mandat. Pour y parvenir, la commune a recruté 89 agents, dont entre 50 et 60 créations de postes. «Quand on prend un engagement, il faut le tenir», a déclaré Alexis Chaussalet, qui dénonce par ailleurs la suppression des contrats PEC par le gouvernement national, une mesure qui a contraint de nombreuses communes à revoir leurs dispositifs périscolaires.
Au Tampon, la municipalité dit avoir choisi de ne rien changer sur ce point. «Le périscolaire, la garderie, tout ce qui va autour, c'est le statu quo», assure le maire, qui promet aux familles «le même niveau d'offres de services» qu'à la rentrée précédente. Il demande toutefois «un peu de compréhension», évoquant de possibles ajustements en cours d'année, le temps de consolider certains contrats. Il tient aussi à stabiliser les équipes dans les écoles. «Il faut arrêter de changer de tatie en plein milieu d'année, quand un marmaille commence à prendre l'habitude avec sa tatie dans sa salle de classe», a-t-il insisté.
À l'école Jean Albany, les travaux engagés avant la rentrée ont représenté un investissement de plus de 600 000 euros. Étanchéité, isolation, peinture, marquage au sol, rénovation des espaces et création d'une coursive protégée : ce chantier d'urgence visait à améliorer rapidement les conditions d'accueil. La coursive permet désormais aux élèves de rejoindre la cantine sans s'exposer à la pluie ou au soleil, deux contraintes récurrentes dans ce secteur des Hauts. «Ce n'était pas normal que les marmailles, pour pouvoir se déplacer, soient obligés de courir sous la pluie ou d'être au soleil», a dit le maire. L'école du 12e km a également bénéficié de travaux d'urgence, à hauteur de 200 000 euros.
Céline Payet, directrice de Jean Albany, s'est dite «très surprise» en découvrant les locaux rénovés. «C'était dans un drôle d'état. Là, le fait d'arriver, de voir une école toute neuve, toute repeinte, c'est vraiment agréable de revenir travailler dans ces conditions», a-t-elle confié. Elle pointe néanmoins des attentes persistantes : la réhabilitation des toilettes de maternelle, encore mixtes, et la création d'un local de stockage pour le matériel sportif. Les élèves trouveront aussi un nouveau terrain de basket et de nouveaux jeux en maternelle.
La rénovation de Jean Albany comprend un volet environnemental : installation de bacs à compost et plantation de plus de 50 espèces endémiques autour de l'école. «Nous voulons que le marmaille, quand lu grandit au Tampon, lu connaît c'est quoi planter un pied de bois, c'est quoi planter un pied endémique et c'est quoi la transition écologique pour demain», a résumé Alexis Chaussalet.
Le maire dresse un constat sévère sur l'état général du patrimoine scolaire communal, qu'il décrit comme «extrêmement vétuste et en mauvais état». «Sur cette rentrée, on a agi dans l'urgence. On met les sparadraps là où ça ne va pas. Mais sur le long terme, il faut anticiper et planifier», explique-t-il. La municipalité annonce une programmation pluriannuelle sur toute la durée du mandat, impliquant plusieurs millions d'euros d'investissements. Une élue a été désignée spécifiquement pour le bâti scolaire, avec pour mission de réaliser un diagnostic en s'appuyant sur les remontées des personnels et des conseils d'école.


9 commentaires
Ce que le maire dit sur la continuité avec la même ATSEM tout au long de l'année, ça rejoint quelque chose de fondamental : les enfants ont besoin de sécurité affective pour apprendre et s'épanouir. Un environnement stable, des visages connus, c'est la base. Contente de voir que cette dimension humaine est prise en compte au-delà du bâti.
Les sparadraps, on connaît ça nous. En mer, tu colmates, tu rentres au port, et un jour le bateau coule quand même. J'espère que la planification pluriannuelle, c'est pas juste des mots pour passer la rentrée.
@Fifi430, vous posez la bonne question. Ce que je veux ajouter, c'est qu'une programmation pluriannuelle sur toute la durée d'un mandat, ça n'a de sens que si elle est chiffrée, priorisée et adossée à un plan de financement clair. "Plusieurs millions d'euros" sans calendrier ni enveloppe précise, c'est une intention, pas une stratégie. La vraie question est de savoir comment la commune entend absorber ces investissements sans fragiliser son équilibre budgétaire, surtout avec des charges salariales nouvelles qui, elles, sont annuelles et pérennes.
La coursive, le terrain de basket, les bacs à compost... c'est bien. Mais ce qui m'interpelle, c'est l'expression "sparadrap" que le maire lui-même emploie. Dans le bâti scolaire, les interventions en urgence coûtent systématiquement plus cher que la maintenance préventive planifiée, et elles génèrent souvent des désordres à moyen terme. On soigne le visible, l'étanchéité, la peinture, sans savoir ce qu'il y a derrière les murs. Un diagnostic structurel préalable, c'est la base avant de lancer 600 000 euros de travaux.
La plantation de 50 espèces endémiques autour d'une école, c'est le genre d'initiative qui mériterait vraiment d'être documentée et partagée largement, pas juste lors d'une visite presse. Les gamins qui grandissent avec ça, ils s'en souviennent toute leur vie. J'espère que la mairie du Tampon va suivre ça sur la durée et pas juste pour la comm de rentrée.
@Sandrine, vous soulevez un point réel. Sur le plan budgétaire, il faut distinguer les créations nettes de postes des transferts ou redéploiements internes, ce que le maire n'a pas précisé. Une création de poste, c'est une charge pérenne inscrite au budget de fonctionnement, pas un investissement ponctuel. Si la commune a absorbé 50 à 60 postes nouveaux en une rentrée, il sera intéressant de voir comment ça se traduit dans le prochain compte administratif.
"Arrêter de changer de tatie en plein milieu d'année", c'est la phrase qui dit tout sur le péi-la.
Sur les 800 000 euros annoncés, 600 000 pour Jean Albany et 200 000 pour le 12e km, le compte est bon. Ce qui interpelle davantage c'est le volet RH : 89 recrutements dont 50 à 60 créations nettes de postes, ça représente une charge salariale pérenne à estimer sérieusement sur le budget communal. L'urgence de la rentrée ne doit pas faire oublier que ce sont des coûts récurrents.
800 000 euros sur deux écoles, c'est pas rien pour une seule rentrée. Bon, au Tampon les Hauts c'est pas le lagon mais les marmailles là-haut méritent aussi des conditions correctes. Ce qui me plaît c'est la coursive pour aller à la cantine sans se faire tremper, ça on sait ce que c'est à La Réunion avec la pluie qui arrive sans prévenir. Reste à voir si la programmation pluriannuelle suit vraiment, parce que les promesses de mandat ça se vérifie sur la durée.