À compter du 1er septembre 2026, l'achat ou la location d'un véhicule électrique d'occasion auprès d'un professionnel donnera droit à une nouvelle aide financée par les certificats d'économies d'énergie (CEE). Un arrêté publié au Journal officiel le 12 août a acté la mesure.
Pour la plupart des particuliers, le montant sera d'environ 337 euros par véhicule. Une somme modeste, mais qui représente le retour d'un soutien pour l'électrique d'occasion, après la suppression du bonus écologique de 1 000 euros début 2024.
Toutes les voitures ne sont pas éligibles. Le véhicule doit être 100 % électrique, avoir été immatriculé pour la première fois en France entre le 1er janvier 2017 et le 31 décembre 2023, et sa batterie doit conserver au moins 80 % de sa capacité d'origine. Les hybrides sont exclus. La transaction doit passer par un professionnel de l'automobile, et l'acheteur ou le locataire devra garder le véhicule au moins trois ans. Le dispositif court jusqu'au 31 août 2030.
Certains professionnels peuvent prétendre à des montants bien plus élevés. Les intervenants de l'aide à domicile et des services à la personne pourront toucher entre 2 000 et 2 360 euros, à condition que le prix du véhicule soit inférieur à 25 000 euros. Des offres de location sans apport, avec des loyers mensuels entre 50 et 100 euros selon les modèles, sont également prévues dans ce cadre.
Un second volet vise les taxis. Pour les commandes d'un véhicule électrique neuf passées entre le 1er septembre et le 31 décembre 2026, l'aide peut atteindre environ 3 500 euros, et monter jusqu'à 5 500 euros lorsque le véhicule et sa batterie sont fabriqués en Europe.
Ces mesures s'inscrivent dans le plan d'électrification des usages présenté par le gouvernement en mai dernier. Le mécanisme des CEE repose sur une obligation faite aux fournisseurs d'énergie et de carburants de financer des actions réduisant les consommations énergétiques.


6 commentaires
@Marie-Hélène, tu touches quelque chose d'important avec la condition d'immatriculation. Et au-delà de ça, j'aimerais qu'on parle du marché de l'occasion électrique à La Réunion concrètement : y'a combien de véhicules éligibles en circulation ici, chez des pros ? Parce que si l'offre est quasi inexistante dans nos garages, l'aide existera sur le papier et c'est tout. L'article cite l'arrêté, mais personne ne chiffre le stock réel disponible pour les acheteurs réunionnais.
Honnêtement, 337 euros pour se décider à changer de voiture, c'est pas ce qui va faire bouger les choses. Mes serveurs qui habitent à Trois-Bassins ou à Saint-Paul et qui descendent chaque jour jusqu'au lagon, ils ont besoin de vraies économies sur la durée, pas d'une petite prime symbolique.
Ici au Tampon on a des véhicules de service à la coopérative, mais pour les trajets perso entre les parcelles et les points de collecte, c'est chacun qui se débrouille avec son propre véhicule. Une aide de 337 euros, franchement, ça ne va pas peser lourd face au prix d'un véhicule électrique d'occasion en bon état. Ce qui m'intéresserait davantage, c'est de savoir si les coopératives agricoles peuvent rentrer dans le volet services à la personne pour toucher les montants plus élevés. Parce que nos salariés qui font des tournées de terrain tous les matins, ça ressemble quand même à de l'aide à domicile dans les champs, non ?
Ce qui m'interpelle dans cet article, c'est le volet pour les intervenants à domicile, jusqu'à 2 360 euros c'est quand même plus sérieux. Dans notre PME on a quelques salariés qui font des trajets importants chaque jour, et je me demande si ce genre de dispositif ne pourrait pas être élargi à d'autres secteurs professionnels. On parle beaucoup d'électrification des usages mais les contraintes du terrain, se retrouver avec un véhicule à garder trois ans minimum alors que la situation personnelle peut changer, ça mérite réflexion. L'intention est bonne, l'exécution reste à voir.
Bonne nouvelle que ce soutien revienne, même si le montant est modeste. Pour les indépendants comme moi qui se déplacent beaucoup pour leurs clients, chaque coup de pouce compte sur le long terme.
Je prends note de cette mesure avec intérêt, mais 337 euros reste une aide bien timide comparée au bonus de 1 000 euros supprimé début 2024. Ce qui me frappe, c'est la condition d'immatriculation entre 2017 et 2023 : cela exclut de fait les véhicules les plus récents, ce qui peut sembler paradoxal pour encourager l'électrique de seconde main. Il faudrait aussi que le dispositif soit mieux relayé auprès des ménages modestes, qui sont souvent les premiers intéressés par l'occasion mais les moins au fait des mécanismes CEE. Dans nos associations ici à Bras-Panon, on voit régulièrement passer des familles qui ne savent même pas que ces aides existent.