Le Service départemental d'incendie et de secours de La Réunion (SDIS 974) a rencontré des représentants de la préfecture ce jeudi 13 août, en fin d'après-midi. La réunion se tenait dans un contexte de mobilisation nationale des sapeurs-pompiers, qui réclament davantage de moyens et un renforcement des recrutements.
L'intersyndicale avait adressé un courrier à Sophie Arzal, présidente du conseil d'administration du SDIS de La Réunion, et à Patrice Latron. Trois points y étaient formulés : « Un financement pérenne, juste et ambitieux des Services d'Incendie et de Secours », « un recrutement statutaire de sapeurs-pompiers professionnels » et « la santé et la sécurité des personnels qui doivent enfin devenir une priorité nationale ».
La topographie de l'île constitue une préoccupation propre au territoire. Les syndicats jugent les moyens disponibles « insuffisants » face aux difficultés qu'ils qualifient de « majeures » dans ce contexte insulaire.
À l'issue de la réunion, Michel Gonot, président de la section départementale d'Avenir Secours, a décrit un échange constructif : « Ce temps d'échange qui nous a été proposé par la préfecture a été un moment où nous avons pu remonter nos revendications. [...] Nous avons eu des représentants de l'État à l'écoute dans un échange sur l'ensemble des problématiques. » Il a ajouté que les représentants de l'État « feront remonter nos revendications ».
Sur la suite du mouvement, l'intersyndicale réunionnaise indique avoir besoin d'un temps de concertation interne avant de décider si elle rejoint ou non la mobilisation nationale. Au niveau national, les pompiers ont déclenché une grève après une rencontre jugée infructueuse place Beauvau, et appellent à une mobilisation nationale le 29 septembre.


5 commentaires
@Nadine Saint-Louis, exactement, et c'est ça le problème avec ces réunions, on les écoute et après ? Chez moi, quand y'a une urgence avec une de mes salariées, les pompiers sont là. Ces gens méritent des actes, pas juste des échanges constructifs.
Ce type de réunion en préfecture, on connaît bien le format : les revendications remontent, les représentants de l'État « prennent note », et on attend la suite. Ce qui sera déterminant, c'est ce que feront concrètement la préfecture et le conseil d'administration du SDIS dans les semaines qui suivent. La topographie de l'île est un argument solide que les syndicats ont raison de mettre en avant, c'est un facteur objectif qui devrait peser dans les arbitrages budgétaires. Reste à voir si le dialogue restera au niveau local ou si ça monte vraiment jusqu'au ministère.
La réunion en préfecture lé bon, mais attendre le 29 septembre pour bouger ça fait long. La mobilisation nationale c'est maintenant, wi, pas dans un mois.
Bon, moi les pompiers i méritent tout le soutien du monde, quand y'a un problème c'est eux qui arrivent en premier, qu'on soit commerçant ou particulier. J'espère que la préfecture fait pas que les écouter pour les écouter.
Ce qui frappe, c'est cette formule : "un temps de concertation interne avant de décider". C'est précisément ce moment, hésitant et fondateur, que décrit si bien Simone Weil dans ses réflexions sur le travail et la dignité des métiers exposés. Les pompiers réunionnais ont cette particularité que la topographie de l'île rend leur travail incomparable à celui de leurs homologues hexagonaux, et personne dans les ministères ne semble vraiment mesurer ça. Un volcan actif, des ravines, une insularité totale. Le dialogue est ouvert, c'est bien. Reste à voir si "faire remonter les revendications" débouchera sur quelque chose de concret avant le 29 septembre.