Jean-Marie Virapoullé, élu municipal d'opposition à Saint-André et vice-président du Département de La Réunion, a adressé mardi un courrier au préfet de La Réunion, sous couvert du sous-préfet de Saint-Benoît, pour demander des vérifications sur la situation financière du Centre communal d'action sociale (CCAS) de la commune.
La démarche fait suite à la publication du compte administratif 2025 du CCAS, qui fait apparaître un déficit de fonctionnement cumulé de 818 278,42 euros, dont 105 518,48 euros reportés de l'exercice précédent. La dégradation sur le seul exercice 2025 atteint un peu plus de 712 000 euros. « Les éléments dont je dispose sur la situation du CCAS de Saint-André sont suffisamment préoccupants pour que je saisisse les services de l'État », écrit l'élu dans un communiqué.
Virapoullé pointe un écart sur les charges de personnel : 5,796 millions d'euros dépensés en 2025, contre 3,706 millions inscrits au budget primitif 2026, soit près de 2,1 millions d'euros de moins. Aucune baisse des effectifs ni aucune mesure connue ne permettrait, selon lui, d'expliquer cette différence. Il affirme par ailleurs que les charges sociales des employés du CCAS n'auraient pas été acquittées entre juillet 2025 et juin 2026, ce qui représenterait une dette sociale de plus de 2 millions d'euros. « Cette réalité est facilement vérifiable par Monsieur le Préfet auprès du Trésor public ou de l'URSSAF », déclare-t-il. La commune, interrogée mercredi en fin de journée, n'avait pas répondu au moment de la publication.
L'élu s'appuie également sur un audit financier commandé par la municipalité en 2025. Ce document aurait alerté sur le poids des charges de personnel, la rigidité des dépenses, la fragilité de la trésorerie et le caractère structurel du déficit. « Il a commandé un audit financier sur le CCAS il y a un an, l'a caché et n'a pas pris les mesures de redressement préconisées : résultat, le déficit du CCAS a été multiplié par 8 en un an », accuse Virapoullé à l'adresse du maire.
Ce signalement intervient dans un conflit ouvert entre la mairie de Saint-André et le Département. La municipalité a mis en cause une diminution de certains financements départementaux pour expliquer les difficultés du CCAS. Le Département réfute cette version. Virapoullé affirme que l'audit lui-même qualifie de « exceptionnelle » la subvention départementale versée en 2024 et préconise, comme le Département et l'Agence régionale de santé, un rattachement des structures concernées à l'EHPAD de Saint-André. « Il est faux de tenter de faire croire que le Département aurait une quelconque responsabilité dans la dégradation éventuelle de la situation financière du CCAS. Nous ne serons pas le bouc émissaire de la commune ! », lance-t-il.
Dans son courrier au préfet, l'élu demande que soient vérifiés la situation de trésorerie, le niveau du déficit, le budget consacré au personnel et l'existence éventuelle d'une dette sociale. « Ma démarche vise une seule chose : que les faits soient établis, que les responsabilités soient clairement identifiées et que les mesures nécessaires soient prises pour préserver le CCAS et la continuité de ses missions auprès des Saint-Andréens », conclut Jean-Marie Virapoullé.


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