La proposition de François Bayrou d'organiser une grande primaire commune, du Parti socialiste aux gaullistes, pour désigner un candidat unique à la présidentielle de 2027 s'est heurtée à un refus quasi unanime. Socialistes, macronistes et droite républicaine l'ont chacun écartée dès l'annonce.
Dans un entretien au Figaro, le président du MoDem défendait l'idée d'une compétition ouverte entre responsables politiques refusant les extrêmes, avec une désignation fixée d'ici février. Son objectif affiché : éviter un second tour entre Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen, dans un paysage fragmenté où, selon lui, aucun candidat du bloc central n'est aujourd'hui en mesure de rassembler.
La réponse du camp présidentiel n'a pas tardé. Un député Renaissance cité par France Info a jugé que cette primaire « n'a pas de sens », notant que la gauche peine déjà à s'accorder sur ses propres règles de désignation.
Au Parti socialiste, le rejet est tout aussi tranché. Arthur Delaporte, député du Calvados et porte-parole du PS, a refusé l'idée d'un espace commun s'étendant jusqu'aux gaullistes. Pour les socialistes, une telle démarche gommerait des différences politiques qu'ils jugent fondamentales — alors que les discussions sur une primaire à gauche restent déjà difficiles en interne.
À droite, Les Républicains ont fermé la porte lundi matin. Othman Nasrou, secrétaire général du parti, a rejeté tout accord d'appareils pour préparer 2027, au nom d'une rupture politique qu'il dit attendue par les électeurs. Horizons, de son côté, maintient la candidature d'Édouard Philippe et écarte sans ambiguïté l'hypothèse d'une primaire commune.


6 commentaires
@Tonton Bébert, vous avez raison que la mémoire des gens est longue, ici à Cilaos on n'a pas oublié non plus. Mais moi ce qui me touche dans tout ça, c'est qu'on parle de 2027 comme si c'était demain, et pendant ce temps les routes qui montent chez nous sont toujours aussi cabossées, les jeunes partent, et les petits gîtes comme le mien vivent au rythme des saisons sans jamais savoir ce que l'année suivante va donner. Une primaire ou pas primaire, franchement, ça ne changera pas grand-chose pour ceux qui vivent dans les hauts. Ce qu'on voudrait c'est juste qu'on pense à nous de temps en temps, pas seulement avant les élections.
Ce qui me frappe dans cette séquence, c'est le même schéma qu'on observe chez certains de mes patients indépendants : on sort une proposition en urgence, sans avoir testé le terrain, et on se retrouve seul face au mur. Bayrou a peut-être raison sur le diagnostic, le paysage est fragmenté, personne ne rassemble. Mais l'idée lancée comme ça, sans concertation préalable, ça ressemble plus à un coup de stress réactionnel qu'à une stratégie posée. En consultation j'appelle ça agir sous pression plutôt que décider. Ça mène rarement là où on voulait aller.
Je comprends pas trop la logique, si tout le monde refuse la primaire dès l'annonce, c'est que Bayrou n'a pas cherché à convaincre en amont ou c'est juste une idée lancée pour exister médiatiquement ? Je me demande si en entrepreneuriat on appellerait ça un produit lancé sans étude de marché.
Tout ça sent le naufrage avant même d'avoir quitté le port.
Une primaire commune des socialistes jusqu'aux gaullistes, i fo quand même avoir du culot pour oser proposer ça. Les travailleurs ont des mémoires, on sait ce que les uns et les autres ont fait comme casse sociale depuis trente ans. Bayrou peut toujours rêver, les partis ont raison de claquer la porte, même si c'est pour de mauvaises raisons.
Franchement ça fait quoi à nous ici cette histoire de primaire ? Pendant qu'ils se chamaillent à Paris pour 2027, nos récifs continuent de blanchir et aucun candidat du bloc central ne propose quoi que ce soit de concret sur le recul du trait de côte ou la protection des zones coralliennes. Bayrou, Macron, Philippe, c'est du pareil au même sur ces sujets-là.