L'Union des Femmes Réunionnaises (UFR) a demandé aux pouvoirs publics de faire de la lutte contre le masculinisme une priorité nationale. Dans un communiqué publié en réaction au rapport de la délégation aux droits des femmes du Sénat consacré à ce sujet, l'association réunionnaise réclame une stratégie d'ensemble, des mesures éducatives renforcées et une responsabilisation accrue des plateformes numériques.
Pour l'UFR, qui revendique 68 ans d'engagement pour l'émancipation des femmes, le rapport sénatorial représente une reconnaissance institutionnelle attendue. L'association estime que le masculinisme ne se réduit pas à des dérives sur les réseaux sociaux : il constitue, selon elle, « une offensive idéologique et politique contre les femmes et contre l'égalité ».
Le communiqué pointe le rôle des algorithmes et des plateformes comme TikTok, YouTube ou Instagram dans la diffusion de contenus misogynes auprès des jeunes. L'UFR relève que le rapport du Sénat met particulièrement en évidence une exposition progressive des mineurs à des discours « parfois dissimulés derrière l'humour, la séduction, le développement personnel ou les discours sur la


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De mon temps on appelait pas ça masculinisme, mais on savait très bien ce que c'était. Les femmes de Cilaos portaient les charges dans les raidillons pendant que certains parlaient fort à la table. Ce qui a changé, c'est qu'aujourd'hui ça passe par un écran et les marmaille n'y voient que du feu.
La responsabilisation des plateformes, c'est le point clé pour moi. On parle de TikTok, YouTube, Instagram, mais les algorithmes sont conçus pour garder les gens accrochés, pas pour leur faire du bien. Une stratégie nationale sans pression directe sur ces acteurs, ça ira pas loin.
Ce matin j'ai eu deux clients qui en parlaient, justement. L'un disait que tout ça c'est du lobby féministe, l'autre répondait que son fils de 16 ans regarde des vidéos de ces "coaches" depuis des mois et que ça change son comportement. Moin lé pas expert, mais quand les parents le voient dans leur propre maison, y'a quelque chose de réel là-dedans. Le rapport du Sénat arrive pas par hasard.
Franchement, la question des algorithmes qui poussent des contenus misogynies aux jeunes, c'est un vrai problème. J'ai des gamins qui viennent au restau avec leurs parents, 14-15 ans, et ce qu'on entend parfois c'est édifiant.
Ce que décrit l'UFR sur le rôle de l'humour et du développement personnel comme vecteurs discrets du masculinisme n'est pas nouveau. Mona Chollet l'analyse très précisément dans "Réinventer l'amour", et avant elle on trouvait déjà ces observations chez bell hooks. Le rapport du Sénat a au moins le mérite de nommer les plateformes numériques, ce que les instances institutionnelles évitaient soigneusement depuis des années. La reconnaissance, c'est un premier pas, mais ce qui va suivre sera plus révélateur que le rapport lui-même.
Sujet important, mais j'attends de voir si ça reste au stade du communiqué ou si ça débouche sur des actions concrètes. Dans une coopérative, quand on veut changer des habitudes ancrées depuis des générations, ça prend du temps et faut un plan solide. Une stratégie nationale sans moyens derrière, c'est comme planter de la canne sans eau.