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Le chômage remonte à 8,3 % en France, au plus haut depuis 2020

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Le chômage remonte à 8,3 % en France, au plus haut depuis 2020

Le taux de chômage grimpe à 8,3 % en France, son plus haut niveau depuis 2020 - Crédit Zinfos974 - National


Le taux de chômage en France a atteint 8,3 % de la population active au deuxième trimestre 2026, selon les données publiées par l'Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) ce vendredi 7 août. C'est 0,2 point de plus qu'au trimestre précédent, et le niveau le plus haut enregistré depuis l'automne 2020.

Il s'agit de la sixième hausse consécutive. Il y a un an, au deuxième trimestre 2025, le taux s'établissait encore à 7,5 %. La progression a été régulière : 7,7 % au troisième trimestre 2025, 7,9 % en fin d'année, 8,1 % au premier trimestre 2026. Sur douze mois, le taux a donc gagné 0,8 point. Environ 2,7 millions de personnes se trouvent désormais sans emploi.

L'emploi salarié privé a lui aussi reculé sur la période. Entre mars et juin 2026, il a perdu 0,1 %, soit quelque 19 300 postes. Sur un an, le recul atteint 0,4 %, ce qui représente près de 80 000 emplois en moins. La construction concentre une bonne partie de ces pertes : -0,4 % sur le trimestre, -1,4 % sur un an. L'industrie affiche également un léger repli. L'intérim, très exposé aux variations conjoncturelles, a cédé 1,4 % sur le seul deuxième trimestre. Le tertiaire marchand hors intérim, de son côté, reste globalement stable.

Le produit intérieur brut français n'a progressé que de 0,2 % au deuxième trimestre 2026, une croissance trop faible pour soutenir les créations d'emplois. Fin juillet, le nombre de personnes inscrites à France Travail en catégorie A, sans aucune activité, avait déjà augmenté de 0,8 % sur le trimestre pour atteindre 3,323 millions en moyenne.

Ces chiffres s'éloignent de l'objectif de plein emploi porté par Emmanuel Macron. Le taux de chômage avait touché un point bas à 7,3 % au deuxième trimestre 2024 avant d'amorcer ce retournement.

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8 commentaires

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S
Sandrine 07/08/2026 à 10:28

@Fifi430 a bien posé la distinction. Pour compléter : les 3,323 millions en catégorie A représentent une base de comparaison différente puisqu'ils incluent des personnes qui ne satisfont pas tous les critères BIT, notamment la disponibilité immédiate. Les deux indicateurs évoluent souvent dans le même sens, mais pas toujours avec la même amplitude, ce qui peut fausser la lecture si on les superpose sans précaution.

H
Hugo Saline les bains 07/08/2026 à 10:08

Ce qui me frappe c'est la concentration des pertes dans le BTP et l'industrie. J'avais suivi de près les chiffres à Nantes avant de venir ici, et on voyait le même signal précurseur en 2023 avant que ça se dégrade franchement sur le marché local. La construction à -1,4 % sur un an c'est pas anodin, surtout dans un territoire comme La Réunion où le secteur pèse lourd dans l'emploi non qualifié. Je me demande si l'INSEE Réunion va sortir des données territorialisées sur ce trimestre, parce que les chiffres nationaux masquent souvent des réalités très différentes selon les régions.

P
Patrick974 07/08/2026 à 09:44

@Fifi430 a raison de faire cette distinction, et c'est un point qu'on sous-estime souvent. Ce qui me frappe dans ces chiffres, c'est moins le taux lui-même que la dynamique : 0,8 point en douze mois, c'est une dégradation lente mais continue, ce qui est souvent plus préoccupant qu'un choc ponctuel. Un choc se corrige. Une tendance de fond, elle, demande des réponses structurelles que 0,2 % de croissance trimestrielle ne permet tout simplement pas de financer. La question qui reste ouverte, c'est de savoir si on est dans un cycle classique ou si on touche à quelque chose de plus durable côté destruction d'emplois industriels.

Z
Zilo 07/08/2026 à 09:33

6 hausses consécutives c'est pas un bug, c'est une feature à ce stade. Et pendant ce temps les startups tech galèrent à lever des fonds parce que les investisseurs se planquent dès que les indicateurs macro partent en vrille.

D
David 07/08/2026 à 08:24

Nous on s'en rend compte tous les jours ici à Saint-Leu. Les familles de la métropole qui réservent moins, les tables du midi qui se vident, les touristes locaux qui ont serré la ceinture. Et la construction en berne c'est pareil, j'avais un projet d'agrandissement de ma terrasse, l'artisan m'a dit que ses prix avaient pas bougé mais lui il cherche du travail pour remplir son carnet. Le péi il mérite mieux que ces chiffres-là.

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Sébastien V. 07/08/2026 à 07:14

Ce qui est notable, c'est que le tertiaire marchand hors intérim reste stable alors que la construction et l'industrie concentrent les pertes. Pour les collectivités qui ont des marchés publics en cours, cette fragilité du BTP n'est pas sans conséquences sur les délais et les prix. On verra si les prochains trimestres confirment cette tendance.

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Fifi430 07/08/2026 à 07:06

Il faut quand même distinguer le taux de chômage au sens du BIT, qui est la mesure retenue ici par l'Insee, et les chiffres France Travail qui sont souvent confondus dans les discussions publiques. Les 3,3 millions de catégorie A ne recoupent pas exactement les 2,7 millions de chômeurs au sens strict. Ce n'est pas un détail, ça change l'interprétation qu'on peut faire de la situation. L'article le mentionne, mais c'est une nuance qui mériterait d'être davantage mise en avant.

Z
Zoubi 07/08/2026 à 07:03

Chez moi cette semaine, deux clientes m'ont dit que leur mari cherche du boulot depuis plusieurs mois sans rien trouver. On le sent, domoun galèrent de plus en plus.