Le ministre des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot a déclaré ce vendredi 7 août que la France « ne tolérera aucune tentative d'ingérence étrangère dans son débat démocratique », dans un message publié sur X. À huit mois de la présidentielle de 2027, le gouvernement affiche clairement sa position.
Cette prise de parole intervient après plusieurs campagnes de désinformation attribuées à des réseaux prorusses, qui ont ciblé des responsables politiques français. Parmi les personnalités visées : Édouard Philippe, Raphaël Glucksmann, la journaliste Léa Salamé et Gabriel Attal, tous touchés par de fausses informations diffusées en ligne.
Barrot répondait aussi aux critiques de Jean-Luc Mélenchon, qui avait dénoncé la veille l'inaction de l'exécutif. Le leader de La France insoumise avait estimé que la campagne présidentielle était devenue un « open bar pour tous les manipulateurs du monde ».
Le ministre a toutefois posé une distinction. Qu'un responsable politique étranger exprime publiquement une préférence ou une opposition à un candidat français ne constitue pas, à ses yeux, une ingérence en soi. Cette précision est venue après l'échange entre la dirigeante écologiste Marine Tondelier et Elon Musk, patron de X, qui l'avait accusée de « trahison envers la France » après qu'elle s'est prononcée pour une interdiction du réseau pendant la campagne.
La menace que pointe le chef de la diplomatie française est ailleurs : les campagnes coordonnées, pilotées depuis l'étranger, qui diffusent artificiellement des contenus pour peser sur le débat public. Pour y répondre, Barrot juge qu'un renforcement de la régulation des grandes plateformes numériques fait partie des pistes à explorer.


9 commentaires
C'est curieux, on parle de réguler les plateformes numériques comme si on pouvait poser un PLU sur internet. Dans mon domaine, quand on veut protéger un espace, on commence par définir précisément ce qu'on protège et jusqu'où. Là j'ai l'impression qu'on pose le principe sans le plan masse derrière.
Je vois pas trop le rapport avec mon quotidien à Saint-Leu, mais bon, mes touristes ils viennent ici pour oublier tout ça justement. Ce qui me préoccupe moi c'est que la saison se passe bien, pas les réseaux prorusses. Cela dit si ces histoires de fausses infos commencent à pourrir la campagne et à foutre le bazar jusqu'ici, là ça devient notre problème à tous.
Moi les ingérences russes sur la présidentielle, j'en entends parler depuis 2017. À chaque élection c'est pareil, on sort les grandes déclarations et derrière on attend de voir. Sur mes chantiers quand y'a un problème je règle le problème, je fais pas un communiqué.
Ce qui me frappe c'est qu'on parle de réguler les plateformes mais sans jamais chiffrer ce que ça représente concrètement. Combien de campagnes détectées, sur combien de comptes, avec quel coût de traitement pour les autorités ? Sans données précises, c'est difficile d'évaluer si les mesures proposées sont proportionnées ou pas.
Ça me rappelle les années 80, quand Radio Freedom émettait depuis Madagascar et qu'on se demandait déjà qui tirait les ficelles derrière certains messages. Les ingérences extérieures dans nos affaires politiques, c'est pas vraiment nouveau.
Ce qui est intéressant ici c'est la question de la qualification juridique de l'ingérence. Barrot a raison de poser une distinction, parce que le droit international ne prohibe pas toute prise de position d'un acteur étranger sur une élection, il interdit les manoeuvres d'influence coercitives ou clandestines. Le flou entre les deux est justement ce que les acteurs malveillants exploitent. La régulation des plateformes est une piste, mais elle se heurtera vite aux questions de compétence territoriale et de liberté d'expression.
Franchement ça me dépasse un peu tout ça, les fausses infos les réseaux russes et compagnie. Sur mon food truck j'ai pas le temps de vérifier qui manipule qui.
La distinction que pose Barrot entre ingérence caractérisée et simple expression d'une préférence politique mérite d'être saluée, c'est un point souvent mal compris dans le débat public. Reste à voir comment on trace concrètement cette ligne quand les campagnes coordonnées empruntent des canaux apparemment spontanés. Les dispositifs existants, Viginum en tête, ont montré leurs limites lors des dernières échéances. Une régulation renforcée des plateformes, c'est bien, mais encore faut-il que l'Europe soit au diapason.
Mes clients dans le taxi ils parlent que de ça en ce moment. Y'en a un hier qui me disait que de toute façon les élections sont déjà jouées avant même qu'on vote, avec tous ces réseaux sociaux. Moi je sais pas, mais une chose est sûre, les domoun ils font plus confiance à grand monde.