La Direction de l'alimentation, de l'agriculture et de la forêt (DAAF) de Mayotte a ouvert la campagne 2026 de l'aide de « minimis » agricole à destination des éleveurs bovins de l'île. Les dossiers doivent être déposés avant le 30 septembre 2026.
Ce dispositif s'appuie sur le règlement européen n°1408/2013 du 18 décembre 2013 relatif aux aides de « minimis » dans le secteur agricole. Il s'agit d'une mesure provisoire, mise en place dans l'attente de l'activation des aides directes animales du programme POSEI, pour éviter que les élevages bovins mahorais ne se fragilisent davantage.
L'aide est calculée sur une base forfaitaire, en fonction du cheptel de bovins femelles reproductrices éligibles. Deux majorations peuvent venir s'y ajouter : l'une pour les éleveurs recourant à l'insémination artificielle, l'autre pour les détenteurs d'animaux de type racial « zébu mahorais code 90 » de plus de 8 mois enregistrés dans la BDNI. Cette seconde majoration et la procédure de télédéclaration constituent les deux nouveautés de la campagne 2026.
Pour être éligible, l'éleveur doit avoir déposé une déclaration de surface auprès de la DAAF au titre de la campagne 2025 — ou de la campagne 2026 pour les primo-déclarants — portant sur au moins 0,1 hectare. Il doit également détenir au minimum trois femelles bovines en âge de se reproduire, avec au moins une mise-bas dans le cheptel au cours des 18 derniers mois. L'affiliation à la MSA ou à la CSSM, la désignation d'un vétérinaire sanitaire et l'adhésion à un groupement de défense sanitaire sont aussi exigées. Les éleveurs souhaitant bénéficier de la majoration « zébu mahorais » doivent par ailleurs adhérer à l'Association pour la conservation et le développement des races mahoraises (ACDRM).
Les dossiers sont à soumettre en priorité par voie dématérialisée sur la plateforme « Démarche numérique », ou par courrier recommandé avec accusé de réception adressé à la DAAF à Mamoudzou. Le GDS et la CAPAM peuvent accompagner les candidats dans la constitution de leur dossier. La DAAF instruit les demandes, assure le paiement et peut procéder à des contrôles, sur place ou sur pièces.


6 commentaires
Ce qui m'intéresse c'est de savoir comment ces éleveurs écoulent leur production. Parce que les aides c'est bien, mais si derrière y'a pas de filière structurée pour la viande bovine mahoraise, on tourne en rond. Dans le fret océan Indien je vois passer des volumes de viande depuis Madagascar et l'Afrique du Sud à des prix qu'un éleveur local ne pourra jamais concurrencer sans appui. La vraie question c'est : est-ce que le POSEI quand il sera enfin activé prendra en compte cet aspect commercial, ou on restera sur du soutien à la production sans regarder les débouchés ?
@Mickaëla, tu as raison sur le zébu mahorais, moi j'ai une cliente qui vient de Mayotte et elle m'a expliqué à quel point cet animal c'est ancré dans la culture là-bas. Même dans mon food truck j'essaie de valoriser les produits du péi, alors je comprends l'idée de protéger ce qui est local avant que ça disparaisse.
L'article dit que c'est une mesure provisoire en attendant le POSEI, mais ça dure depuis combien de campagnes exactement ? Parce que si le POSEI n'est toujours pas activé pour les bovins à Mayotte, c'est un vrai problème de fond que cette aide de minimis ne règle pas. La plateforme dématérialisée c'est bien, encore faut-il que la couverture réseau sur l'île permette à tout le monde d'y accéder correctement.
Ce qui me touche dans cet article c'est la majoration pour le zébu mahorais, protéger une race locale c'est aussi préserver une identité, un héritage. Chaque éleveur qui s'inscrit dans cette démarche contribue à quelque chose de plus grand que lui. J'espère que l'ACDRM va vraiment accompagner ceux qui hésitent encore à franchir le pas.
Bonne nouvelle pour les éleveurs mahorais, les démarches dématérialisées c'est un vrai pas en avant !
C'est bien pour les éleveurs de Mayotte, ils en ont besoin après ce qu'ils ont traversé. Ici dans les hauts on connaît ça aussi, les aides qui arrivent tard ou avec des conditions qu'on comprend pas toujours. La date du 30 septembre ça laisse du temps, mais il faut que les gens soient informés maintenant, pas en août.