Quarante-sept étudiants réunionnais ont reçu leurs billets d'avion ce jeudi au Moca, avant un départ fixé les 11 et 12 août pour le Québec. Ils intégreront l'un des 14 cégeps partenaires répartis dans six régions de la province, où ils suivront une formation technique de trois ans.
Cette nouvelle cohorte s'inscrit dans le programme « Étudier et vivre au Québec », porté par la Région Réunion avec le ministère de l'Enseignement supérieur du Québec et la Fédération des cégeps, et cofinancé par l'Union européenne. Pour la promotion 2026, le budget atteint 2,1 millions d'euros, dont 1,8 million apporté par le Fonds social européen (FSE).
Les filières les plus représentées cette année sont la communication, le multimédia, la santé, les services sociaux, l'administration, l'informatique et la gestion. La prise en charge couvre le transport aérien entre La Réunion et Montréal, une prime d'installation de 1 700 euros à l'arrivée et une allocation mensuelle de 800 euros pendant toute la durée du cursus. Le billet de retour reste garanti jusqu'à deux ans après l'obtention du diplôme.
Un accompagnement est prévu à chaque étape : ateliers de préparation avant le départ, accueil sur place, suivi pédagogique et psychosocial tout au long des études. À l'issue de leur formation, les diplômés peuvent obtenir un permis de travail post-diplôme au Canada.
Lancé en 2004, le programme a concerné plus de 3 300 étudiants, lycéens et demandeurs d'emploi. Il couvre aujourd'hui 11 secteurs professionnels et plus de 30 filières. La Région Réunion prévoit d'ouvrir le recrutement de la cohorte 2027 dès septembre, avec une tournée d'information dans les lycées, les Missions Locales et auprès de France Travail. Le dispositif est accessible sans limite d'âge, que ce soit pour de jeunes bacheliers ou des personnes en reconversion.


6 commentaires
@David, je comprends le questionnement, mais je pense qu'on oublie ce que ça construit intérieurement, partir comme ça à l'autre bout du monde à 18 ou 20 ans. La confiance en soi, l'autonomie, la capacité à rebondir, c'est exactement ce dont nos jeunes ont besoin pour revenir et entreprendre ici avec quelque chose de solide. Ceux qui rentrent ne reviennent pas les mains vides.
Une de mes clientes m'a parlé de sa fille qui est partie avec ce programme il y a deux ans, elle dit que la petite s'est épanouie là-bas, elle téléphone toujours le dimanche et elle a l'air heureuse. C'est beau quand même, même si la maman elle pleure encore un peu à chaque fois qu'elle raccroche.
3 300 étudiants depuis 2004, c'est une génération entière qui est partie. Combien sont revenus s'installer au péi-la après ?
Ce qui me touche dans ce programme, c'est qu'il est ouvert sans limite d'âge. J'ai guidé un randonneur l'an passé, la cinquantaine, il cherchait à se reconvertir après une longue période de chômage et il ne savait pas que ce genre de dispositif existait. Le problème c'est l'information qui circule mal, surtout en dehors des grandes villes. Si la tournée 2027 passe vraiment par les Missions Locales des cirques et du Sud, ça changera beaucoup de choses pour des domoun qui n'auraient jamais osé candidater.
800 euros par mois et le billet payé, c'est pas rien quand même ! Mais bon, on forme des gens pour qu'ils aillent travailler au Canada après, y'a un truc qui me chiffonne là-dedans. On manque de bras ici à La Réunion, surtout dans la restauration, et on exporte nos talents.
Ça fait plaisir de voir que des jeunes ont cette chance, même si moi de Cilaos je me demande combien parmi ces 47 viennent vraiment des hauts. Les enfants d'ici ont du mal à avoir les mêmes informations que ceux de Saint-Denis, on est un peu loin de tout ça. J'espère que la tournée dans les lycées passera aussi par nos établissements du cirque.