Espace membre :

Suivez-nous

Ravine Blanche : habitants et institutions nettoient le parc après un démantèlement

Partager sur :
Ravine Blanche : habitants et institutions nettoient le parc après un démantèlement

Ravine Blanche : après le démantèlement d'un point de deal, le quartier cherche un nouveau souffle - Crédit Zinfos974 - Société


Plus d'une semaine après l'interpellation de sept personnes soupçonnées de trafic de stupéfiants, institutions, associations et habitants se sont retrouvés ce jeudi dans le parc urbain de la Ravine Blanche, à Saint-Pierre, pour une opération de remise en état des espaces publics.

Le coup de filet mené par la police nationale à la mi-juillet avait conduit au démantèlement d'un point de deal installé dans un appartement du quartier. Plusieurs des personnes mises en cause ont depuis été placées en détention.

Pour Jean-Paul Normand, sous-préfet de Saint-Pierre, l'intervention judiciaire ne représente qu'un aspect d'une réponse plus large. « La reconquête du quartier se fait en plusieurs volets : judiciaire avec le trafic démantelé, police municipale pour retrouver de la tranquillité, mais aussi associations et habitants pour nettoyer et réparer ce qui a été dégradé », a-t-il déclaré. Il avait résumé la situation antérieure en quelques mots : « La Ravine Blanche souffrait de cette situation », évoquant nuisances sonores, rixes, caillassages et trafic.

Munis de balais, pinces de ramassage et tronçonneuses, les participants ont redonné un aspect plus accueillant au parc. Des habitants ont tenu à rappeler que le quartier ne se réduit pas à ses points de deal, et que la tranquillité d'un territoire ne se reconstruit pas en une seule matinée.

Théo, référent jeunesse de l'OSTL de Saint-Pierre, a insisté sur la nécessité de ne pas stigmatiser une génération entière. « Il ne faut pas mettre tous les jeunes dans le même panier », a-t-il dit, plaidant pour la prévention et une présence renforcée des institutions dans les quartiers.

Cette journée est née du Groupe de partenariat opérationnel (GPO), instance qui réunit les acteurs confrontés à une problématique de sécurité pour y apporter une réponse commune. Yannis Boisedu, responsable de la cellule de prévention de la délinquance au sein du CLSPD de Saint-Pierre, y voit la traduction concrète d'une méthode : « Cette action permet de montrer le faire avec, le faire ensemble. »

Source

5 commentaires

Écrivez votre commentaire...
D
David 30/07/2026 à 16:24

Quand les touristes me demandent comment va Saint-Pierre, je suis toujours un peu gêné. La ville a tellement de potentiel, le front de mer, le marché, et on entend surtout parler de ça. Bravo à ceux qui ont pris les balais ce matin, vraiment, mais il faudrait que les pouvoirs publics soient aussi réactifs pour remettre en état les infrastructures touristiques que pour organiser une opération comm'.

B
Bichik 30/07/2026 à 16:19

Ravine Blanche lé pa fasil depuis longtemps. Content de voir que les habitants étaient là, pas seulement les élus.

H
Hugo Saline les bains 30/07/2026 à 16:11

Ce type de GPO, j'en ai vu fonctionner dans des quartiers de Nantes et ça peut vraiment changer les choses quand les institutions jouent le jeu sur la durée. La clé c'est le "sur la durée", justement. Une matinée de nettoyage ça crée du lien et c'est pas rien, mais j'espère qu'il y a un suivi derrière. À La Réunion, les associations de terrain comme l'OSTL ont souvent une vraie légitimité que les institutions n'ont pas, c'est peut-être là que se joue la vraie reconquête.

P
Patrick974 30/07/2026 à 16:06

L'initiative est louable, mais je me pose une vraie question : le GPO et les opérations de nettoyage sont une réponse visible et médiatique, soit. Mais qu'est-ce qui garantit que dans six mois le point de deal ne se reconstitue pas ailleurs dans le quartier, ou dans un quartier voisin ? La reconquête durable d'un territoire, ça suppose aussi une offre économique alternative pour les jeunes qui y vivent. Et là, l'article est silencieux.

K
Kelly 30/07/2026 à 16:02

Ce qui me frappe dans cet article, c'est justement l'approche collective. Le sous-préfet parle de "faire avec", et c'est exactement ce qu'on essaie de construire en management participatif : on ne répare pas un collectif abîmé en envoyant juste une note de service ou une patrouille. Il faut que les gens se réapproprient leur espace, leur quartier, comme les équipes doivent se réapproprier leur lieu de travail après une crise. Le référent jeunesse qui dit de ne pas mettre tous les jeunes dans le même panier, ça résonne aussi dans mon quotidien quand on recrute et qu'on doit lutter contre les préjugés sur certains profils.