Jeannot Lebon, élu de l'opposition municipale à Saint-Joseph, a dénoncé un « manque d'anticipation » de la mairie après l'annonce de la suppression, à la rentrée, de la garderie, des mercredis périscolaires et des centres de loisirs sans hébergement. Ces suppressions découlent de la réduction des contrats Parcours emploi compétences (PEC) décidée par l'État.
L'élu concède que la baisse de ces contrats aidés pose une difficulté réelle aux collectivités, mais rappelle que la situation était connue depuis plusieurs mois. Elle « aurait dû conduire la municipalité à anticiper et à adapter sa stratégie afin de préserver les services essentiels et les emplois », écrit-il dans un communiqué. Il cite d'autres communes confrontées à la même réduction des PEC, qui seraient parvenues à en limiter l'impact sur les services aux familles.
Lebon interroge aussi les priorités budgétaires de la majorité, pointant le concert gratuit d'UB40, les festivités du 14 juillet et la télévision communale parmi les dépenses engagées par la municipalité.
Sur les conséquences concrètes, l'élu est direct : « De nombreux parents devront désormais trouver des solutions de garde, tandis que les enfants seront privés de dispositifs essentiels à leur éducation, leur socialisation et leur épanouissement. Ces services ne sont pas des dépenses accessoires : ils constituent un investissement pour l'avenir de notre jeunesse. » Il pointe également la dimension sociale de la décision : « Derrière la disparition des contrats aidés, ce sont des femmes et des hommes qui perdent un emploi dans une commune qui figure parmi les plus pauvres de La Réunion. »
L'élu en profite pour mettre en cause la gouvernance du maire : « Depuis plusieurs années, nous dénonçons une municipalité davantage tournée vers les ambitions politiques de son premier magistrat que vers la gestion quotidienne de la commune. »


5 commentaires
@Hugo Saline les bains, les partenariats avec des associations, ça peut marcher, mais ça demande du temps à tisser. Dans les hauts, les structures associatives sont souvent fragiles, peu de monde, peu de financement. Pour une commune comme Saint-Joseph qui s'étend sur un grand territoire, entre le littoral et les écarts, la question logistique est réelle.
Ce que l'article dit pas, c'est l'impact sur les parents qui travaillent, souvent des indépendants ou des salariés sans flexibilité. Quand la garderie disparaît du jour au lendemain, c'est une charge mentale qui s'ajoute brutalement, trouver une solution de garde en urgence, parfois réduire son activité, certains arrêtent carrément. J'en vois les effets en cabinet. Ces décisions administratives ont des répercussions physiques et psychologiques très concrètes sur des gens qui tenaient déjà à un fil.
Ce qui est factuel dans tout ça, c'est que ces services périscolaires reposaient apparemment en grande partie sur des emplois aidés, donc des postes subventionnés à 60 à 80% par l'État selon les contrats. La commune ne pouvait pas financer ces postes à 100% sur son propre budget, mais la question de Lebon reste légitime : si la situation était connue depuis plusieurs mois, i fo au moins avoir étudié les options de financement alternatif. Présenter un concert ou une TV communale comme priorité face à ça, ça pose une vraie question de choix budgétaires, et ce n'est pas une question partisane, c'est une question de gestion.
Je comprends pas très bien le mécanisme des contrats PEC, c'est l'État qui décide unilatéralement de les réduire et la commune doit juste encaisser ? Y'a pas une concertation possible en amont avec les mairies pour qu'elles anticipent mieux ?
Ce qui m'interpelle, c'est la mention d'autres communes qui auraient réussi à limiter l'impact malgré la même réduction des PEC. En Bretagne, j'ai vu des collectivités monter des partenariats avec des associations locales assez rapidement quand les financements de l'État se réduisaient. Est-ce que quelqu'un sait concrètement ce que ces autres communes réunionnaises ont mis en place ? Ça permettrait d'avoir un vrai point de comparaison plutôt qu'une affirmation politique.