Le 16 juillet, Donald Trump a annoncé la déclassification prochaine de documents confidentiels qui prouveraient, selon lui, une ingérence chinoise lors des élections américaines de mi-mandat de 2018 et de la présidentielle de 2020. Le président affirme que ces informations auraient été « cachées aux Américains pendant des années » par des membres du gouvernement et des services de renseignement.
Devant les journalistes, Trump a déclaré : « Aucun pays ne peut être Grand, sans élections honnêtes et justes. » Il a soutenu qu'une enquête interne des services de renseignement révélerait que la Chine aurait réalisé, en 2020, « ce qui s'apparente au plus grand piratage de données électorales de l'Histoire », conduisant à « l'acquisition illégale des données de 220 millions d'électeurs américains ». Il a réclamé le licenciement et la poursuite en justice du personnel qu'il juge compromis.
Ces accusations se heurtent à plusieurs éléments factuels. En 2021, John Ratcliffe — alors directeur des renseignements nationaux sous Trump, aujourd'hui directeur de la CIA — avait conduit une enquête des services de renseignement qui n'avait établi aucune preuve d'interférence étrangère lors de ces scrutins. Par ailleurs, les profils d'électeurs évoqués par Trump sont en réalité accessibles publiquement, ce qui rend improbable leur exploitation à des fins d'influence électorale.
Le contexte politique donne une autre dimension à ces déclarations. À l'approche des élections de mi-mandat prévues en novembre, les sondages sont défavorables au camp républicain. Selon un sondage Reuters/Ipsos de mai, 63 % des républicains estiment que l'élection de 2020 était truquée. Trump relie cette thèse à la menace chinoise et a, dans de récentes déclarations, qualifié la résurgence du communisme sur le territoire américain de « cancer ».


6 commentaires
@Maéva, tu as raison que c'est loin de nos réalités ici, mais honnêtement je lis quand même parce que ce qui se passe aux États-Unis finit toujours par avoir des répercussions partout. En métropole on suivait ça de près aussi. Ce qui me questionne surtout, c'est comment on distingue la vraie information de la manipulation quand même les services de renseignement se contredisent entre eux. Ça doit être encore plus difficile pour les Américains lambda.
À chaque élection, on ressort les mêmes histoires d'ingérence, de complot, de documents secrets. Les domoun i gobe tout sans chercher à vérifier. Pendant ce temps les vraies décisions, celles sur les accords commerciaux, les pesticides, les semences, elles se prennent tranquillement loin des caméras.
Ce qui me touche dans tout ça, c'est que derrière les accusations et les contre-accusations, y'a des millions de personnes qui perdent confiance dans leurs institutions. Cette méfiance collective, ça mine quelque chose de profond. On parle souvent de résilience individuelle, mais la résilience d'une société entière, c'est une autre dimension du travail.
Franchement cet article n'a rien à voir avec l'entrepreneuriat réunionnais, non ?
Ce type de récit, accuser l'ennemi extérieur pour consolider sa base intérieure, est vieux comme la politique elle-même. Thucydide en parlait déjà à propos des démagogues d'Athènes. Ce qui frappe ici, c'est que les services de renseignement nommément cités par Trump comme preuves sont précisément ceux qui, en 2021, avaient conclu à l'absence d'ingérence étrangère. La dissonance est vertigineuse. Pour ceux que le sujet intéresse, 'Dark Money' de Jane Mayer reste une référence solide pour comprendre comment les récits électoraux se construisent aux États-Unis.
220 millions de profils d'électeurs 'hackés' alors que ces données sont publiques... c'est pas vraiment ce qu'on appelle un exploit technique. N'importe qui avec un bon scraper et un peu de storage peut faire ça. Je vois pas le scoop.