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Sécheresse à La Réunion : quatre communes en alerte renforcée

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Sécheresse à La Réunion : quatre communes en alerte renforcée

Sécheresse : quatre nouvelles communes bientôt placées en alerte renforcée - Crédit Zinfos974 - Société


Le comité sécheresse réuni mercredi 8 juillet a proposé un renforcement des restrictions en vigueur. Un arrêté préfectoral doit prochainement officialiser le passage de Bras-Panon, Saint-Benoît, Saint-Joseph et Saint-André au niveau d'alerte renforcée, rejoignant Le Port et La Possession, déjà placées à ce niveau.

Pour Bras-Panon et Saint-Benoît, ce renforcement concerne les eaux superficielles. Le compte rendu du comité prévoit également le passage en alerte renforcée de Saint-Joseph et Saint-André. Trois communes supplémentaires — Sainte-Marie, L'Entre-Deux et Salazie — devraient pour leur part basculer en alerte simple pour leurs eaux superficielles. Aucune d'elles ne figurait parmi les territoires concernés par ce niveau dans le communiqué préfectoral du 19 juin.

Les indicateurs hydrologiques confirment une dégradation rapide. Les nappes profondes du Port, de Champ-Borne et de La Plaine-des-Palmistes ont atteint les seuils de crise, avec une tendance à la baisse sur l'ensemble des stations suivies. En juin, neuf cours d'eau ont enregistré des records de faiblesse. Les rivières Saint-Denis, des Roches et des Marsouins ainsi que le Bras Sainte-Suzanne à Grand Bassin ont franchi le seuil de crise ; la rivière Langevin a atteint le seuil d'alerte.

Des tensions sur l'alimentation en eau potable se font déjà sentir dans plusieurs secteurs. À Saint-Joseph, des coupures nocturnes sont en place depuis début mars dans les secteurs de La Crête et de Langevin. À Saint-André, des coupures ponctuelles ont été mises en œuvre début juillet. À Cilaos, Bras-Sec est concerné depuis le 18 juin. À Salazie, des tensions sont redoutées dans les prochaines semaines à Hell-Bourg et Mare à Vieille Place. À Saint-Benoît, le niveau des puits Leconardel commence à baisser.

La saison des pluies 2025-2026 affiche un déficit global de 45 %, ce qui en fait la deuxième plus sèche depuis 54 ans. Depuis le début de l'année, le déficit pluviométrique atteint 55 %, avec une situation qualifiée d'exceptionnelle à Cilaos, Salazie, sur le volcan et dans le Nord-Est. Mai a enregistré 60 % de précipitations en moins par rapport aux normales, juin 30 %.

La tension est d'autant plus forte que l'île entre à peine dans le cœur de la saison sèche, qui couvre juillet, août et septembre. Météo-France rappelle que, même en cas de pluies supérieures aux normales durant cette période, les quantités reçues resteraient insuffisantes pour résorber le déficit accumulé. Selon les régions, les cumuls de précipitations sont deux à cinq fois plus faibles en saison sèche qu'en saison des pluies.

Le Grand Étang, déjà à sec en juillet alors qu'il enregistre habituellement ses plus fortes baisses en fin d'année, illustre le caractère précoce de la situation. La préfecture appelle particuliers et professionnels à éviter les usages non essentiels, à signaler les fuites sur le réseau public et à réparer celles présentes sur les installations privées. « Chaque geste compte », insistent les autorités.

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6 commentaires

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K
Kelly 21/07/2026 à 10:19

Ce que l'article ne dit pas, c'est ce que ça représente concrètement pour les équipes qui bossent en extérieur ou en atelier sans climatisation. À La Possession on a déjà des journées où la chaleur combinée au manque d'humidité rend les conditions vraiment difficiles, et là on est qu'en début de saison sèche. En RH on gère les plannings, les EPI, les risques liés à la chaleur, mais quand s'y ajoute le stress de l'eau qui manque même à la maison, les gens arrivent au travail déjà fatigués. C'est pas anodin sur la concentration et les accidents.

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Vavangue 21/07/2026 à 09:11

@Karambole, même combat à Saint-Joseph. Les abeilles galèrent à trouver des fleurs depuis des semaines, les floraisons sont décalées ou carrément absentes sur certaines espèces qui d'habitude font mes meilleures miellées de saison sèche. Sans nectar, pas de miel, et sans miel c'est toute la gamme d'arrangés qui s'en ressent en bout de chaîne. Ce qui m'inquiète le plus c'est que les coupures nocturnes à La Crête durent depuis mars, et personne n'en parlait vraiment jusqu'à cet article. Les petits producteurs comme moi n'ont pas de cuve de stockage géante pour absorber ça.

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Roselyne 21/07/2026 à 08:17

À Salazie on suit ça de très près. La source qui alimente mon jardin a bien baissé depuis mai, et les voisins à Hell-Bourg disent pareil. La saison des chouchous va être compliquée si ça continue comme ça, la plante résiste mais elle a besoin de son eau quand même. On espère juste que les restrictions annoncées ne tombent pas en pleine période de récolte.

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Sébastien V. 21/07/2026 à 08:15

L'arrêté préfectoral viendra formaliser ce que les indicateurs hydrologiques annonçaient depuis plusieurs semaines. Ce qui mérite attention dans ce compte rendu, c'est la rapidité de la dégradation : trois communes supplémentaires en alerte simple, quatre en alerte renforcée, et l'on n'est qu'en début de saison sèche. On peut espérer que les communes concernées ont anticipé des dispositifs de gestion de crise, mais la coordination entre les différents gestionnaires de réseaux reste un enjeu qui n'est pas toujours simple à piloter.

R
Rafiki 21/07/2026 à 08:10

La semaine dernière j'emmenais un groupe sur le sentier du Bras Sainte-Suzanne à Grand Bassin, et le contraste avec ce que j'avais l'habitude de montrer à mes randonneurs était saisissant. Des rochers à l'air libre là où il y avait normalement un rideau d'eau, les fougères arborescentes qui jaunissent sur les bords. Le Grand Étang à sec en juillet, c'est un signal que les plus anciens du coin n'avaient jamais vu à cette période. Je commence à adapter mes circuits pour éviter de fragiliser encore plus certains milieux, mais ça interroge sur ce qu'on montre aux visiteurs dans les années à venir.

K
Karambole 21/07/2026 à 08:01

On est en juillet et mes plants de brèdes morelles tirent déjà la langue. Cette année lé pa fasil du tout, j'arrose à la main pour économiser chaque litre, et encore je regarde le ciel tous les matins en espérant un nuage. Ce qui me choque le plus c'est ce 45 % de déficit depuis le début de la saison, parce que ça ne se rattrape pas en quelques semaines de pluie, le sol a besoin de temps pour se reconstituer. Les maraîchers de l'Est sont en première ligne et j'espère qu'on sera informés rapidement des restrictions qui nous concernent concrètement.