L'Assemblée nationale a définitivement adopté, ce mercredi 15 juillet, la proposition de loi instaurant un droit à l'aide à mourir. Le texte a recueilli 291 voix pour, 241 contre, 29 abstentions et 16 non-participations. À La Réunion, six des sept députés ont voté en faveur.
Le seul à s'y être opposé est Joseph Rivière, député Rassemblement national. Les six autres parlementaires réunionnais ont soutenu le texte.
La proposition de loi ouvre, sous conditions strictes, la possibilité d'un recours à l'aide à mourir pour des personnes majeures atteintes d'une affection grave et incurable, dont les souffrances ne répondent plus aux traitements. Les groupes parlementaires avaient laissé leurs élus libres de voter selon leur conscience.
À l'échelle nationale, la gauche a fourni plus de la moitié des votes favorables. Une partie des députés du centre et du groupe LIOT a également soutenu le texte. La droite et le Rassemblement national ont voté majoritairement contre, quelques élus RN ayant toutefois choisi le camp du oui.
Le parcours législatif n'est pas terminé pour autant. Le Premier ministre Sébastien Lecornu a annoncé qu'il saisirait le Conseil constitutionnel sur plusieurs dispositions : le délai de rétractation accordé aux patients, la situation des majeurs protégés et l'obligation faite aux établissements médico-sociaux de permettre la mise en œuvre de l'aide à mourir. Le président du Sénat Gérard Larcher a annoncé la même intention. Le Conseil constitutionnel disposera d'un mois pour se prononcer.


6 commentaires
Honnêtement ce débat est ultra important mais je suis surprise qu'on en entende si peu parler sur les réseaux locaux. Ce genre de vote à l'Assemblée ça mérite une vraie visibilité, et 6 députés réunionnais sur 7 pour c'est quand même un signal fort de ce que pensent nos élus. On parle de sujets de société qui touchent toutes les familles, pas juste les milieux politiques.
@Karambole, t'as raison que ça surprend pas, mais moi ce qui me touche c'est que ce genre de débat il arrive jusque dans mon food truck. Des clients m'en ont parlé ce matin même, des gens de tous les âges, et y'a pas une opinion unique. Un vieux monsieur m'a dit qu'il était soulagé que ça existe enfin, sa femme a souffert longtemps. Une jeune fille avait peur que ça aille trop loin. Moi je fais les samoussas, pas la politique, mais j'écoute tout le monde, et je dis que le sujet lé pas fasil.
Les chiffres donnés dans l'article méritent qu'on s'y arrête : 291 pour, 241 contre, 29 abstentions, 16 non-participations. Si on fait le calcul, ça représente 577 députés au total, ce qui correspond bien à la composition de l'Assemblée. Ce qui est notable c'est l'écart relativement serré, moins de 55% des votants ont dit oui. Ce n'est pas un vote fleuve, et ça explique sans doute pourquoi les recours au Conseil constitutionnel partent dans la foulée.
Ce vote rappelle inévitablement les grands débats sur l'autonomie de la personne que Simone de Beauvoir ou plus récemment Didier Sicard ont portés avec une vraie rigueur. Ce qui est intéressant ici c'est que les groupes ont laissé la liberté de vote, ce qui est rare et devrait peut-être être plus fréquent sur des sujets qui touchent à l'intime. Le passage au Conseil constitutionnel sur la question des majeurs protégés est la partie la plus délicate à mes yeux, parce qu'elle touche à des personnes qui n'ont pas toujours les moyens d'exprimer clairement leur volonté. L'article aurait pu s'attarder un peu plus là-dessus.
Bon. Chacun a voté selon sa conscience, c'est ce qu'on leur demandait. Ce qui me gêne c'est que le Conseil constitutionnel va encore traîner sur des détails pendant un mois, alors que la loi est votée. Toujours pareil, on vote, on vote, et derrière y'a encore trois instances qui retardent. Dans mon métier si je faisais ça avec un client j'aurais perdu le chantier depuis longtemps.
Sujet sérieux, i fo que les élus assument leurs votes clairement comme ça. Même si c'est pas mon domaine, j'apprends que six sur sept ont voté pour, et franchement ça me surprend pas trop, ce péi-la a souvent été en avance sur des questions de société.