Marine Le Pen a annoncé sa candidature à l'élection présidentielle de 2027 ce mardi soir, quelques heures après sa condamnation en appel dans l'affaire des assistants parlementaires européens du Rassemblement national. Invitée du journal de 20 heures de TF1, elle a déclaré : « Ce soir je suis candidate à l'élection présidentielle et je ne changerai pas d'avis ».
La dirigeante du RN a dans le même temps annoncé un pourvoi en cassation contre la décision de la cour d'appel de Paris. Elle considère que ce recours suspend l'exécution des peines prononcées, dont un an d'emprisonnement ferme aménageable. « Je ferai donc campagne sans bracelet électronique », a-t-elle affirmé — elle avait répété ces derniers mois qu'une telle surveillance lui semblait inconcevable dans le cadre d'une campagne présidentielle.
La cour d'appel a confirmé sa culpabilité pour détournement de fonds publics et complicité de ce délit, tout en réduisant plusieurs sanctions. Sa peine d'inéligibilité a été ramenée à 15 mois ferme, une durée déjà couverte par l'exécution provisoire de la condamnation prononcée en première instance. La juridiction a indiqué avoir tenu compte de « la liberté de choix de l'électeur, condition d'expression du suffrage démocratique » pour fixer cette peine, ce qui lui ouvre la voie à la présidentielle de 2027.
Du côté du parquet, la procureure générale près la cour d'appel de Paris, Marie-Suzanne Le Quéau, a indiqué qu'une décision sur un éventuel pourvoi en cassation serait prise « la semaine prochaine ». Elle a tenu à préciser que « la justice ne fait pas de politique, c'est une décision judiciaire qui a des conséquences politiques ».
Onze responsables ou anciens responsables du RN ont également été condamnés en appel. Le vice-président du parti, Louis Aliot, a écopé d'un an de prison avec sursis et de deux ans d'inéligibilité avec sursis, lui permettant de conserver son mandat de maire de Perpignan. Le parti lui-même, en tant que personne morale, a aussi été condamné. « On est globalement tous plutôt soulagés », a réagi le député RN Timothée Houssin.
Le verdict a suscité des réactions contrastées. La secrétaire nationale des Écologistes, Marine Tondelier, estime que Marine Le Pen a « bénéficié d'une grande mansuétude ». Le député Ensemble pour la République Marc Ferracci a jugé que ce qui sépare la candidate d'une présidentielle « c'est son sens moral et l'intégrité dont elle fait preuve ». L'ancien Premier ministre Gabriel Attal, lui-même candidat déclaré à la présidentielle de 2027, a dénoncé « une responsable politique condamnée à deux reprises à de la prison ferme pour détournement de fonds publics qui fait le choix d'être candidate à l'élection présidentielle ».


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