Le tribunal a mis en délibéré au 22 juillet l'affaire de harcèlement moral visant l'ex-directrice générale des services de la mairie de Saint-Paul, Valérie Picard, principale prévenue, ainsi que le deuxième adjoint au maire, Sébastien Guyon, et le directeur de cabinet, Mustapha Omarjee, tous deux poursuivis pour complicité. L'audience s'est tenue le vendredi 3 juillet.
C'est Valérie Picard qui a subi l'interrogatoire le plus long. Questionnée sur un rapport du médecin du travail daté du 31 janvier 2022, qui signalait d'importants risques psychosociaux au sein de la direction des ressources humaines, elle a reconnu l'avoir conservé sans en informer ni le directeur de cabinet ni le deuxième adjoint. « J'aurais dû le faire remonter au maire », a-t-elle admis devant le président Vincent Dufourd.
Sur la surcharge de travail dénoncée par les deux plaignantes, l'ex-DGS a estimé que l'une d'elles « a fait le choix d'avoir une activité intellectuelle en dehors des heures de bureau ». Le président lui a rappelé que cette même plaignante décrivait des journées s'achevant parfois à 23 heures pour reprendre à 4 heures du matin. « Mes recommandations étaient de lui dire : Vas dormir, repose-toi », s'est défendue Valérie Picard.
L'interrogatoire a pris un tour plus direct sur la procédure engagée pour retirer ses prérogatives à l'ex-directrice générale adjointe. Après plusieurs réponses évasives, la prévenue a fini par lâcher : « Il y a eu une procédure en off pour la décharger d'un commun accord avec l'autorité. Monsieur Guyon, le directeur de cabinet et le maire étaient au courant. » Elle a précisé que « la demande de décharge a été faite en fin d'année par MM. Séraphin, Guyon et Omarjee », avant de concéder que « rien ne se passe sans le directeur de cabinet » dans le fonctionnement quotidien, même si ce dernier n'exerce pas de pouvoir hiérarchique formel.
Mustapha Omarjee a réfuté en bloc ces accusations. « Je n'ai jamais harcelé ou demandé à qui que ce soit de harceler quelqu'un. Pas plus que de décharger Mme Perez », a-t-il affirmé. Il a soutenu avoir « une présence politique mais pas de pouvoir administratif » dans les réunions RH, ajoutant qu'il avait pu s'absenter de la réunion au cours de laquelle les prérogatives de l'ex-DGA auraient été discutées. Sébastien Guyon a tenu un discours similaire, affirmant ne pas se souvenir d'avoir participé à cette réunion et n'avoir « jamais été alerté de quoi que ce soit » concernant la plaignante.
Au moment de requérir, la procureure a relevé que Valérie Picard avait « constamment mis en cause Sébastien Guyon et Mustapha Omarjee », y compris lors des confrontations chez les gendarmes, et a qualifié leurs dénégations d'« amnésie tout à fait opportune ». Elle a requis six mois de prison avec sursis contre l'ex-DGS, qu'elle a décrite comme « leur bras armé », et trois mois avec sursis contre chacun des deux autres prévenus. Les avocats de la défense ont plaidé la relaxe, dénonçant un « délit infamant », le manque d'impartialité des enquêteurs et ce qu'ils ont présenté comme un complot à caractère politique.


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