La Direction générale du travail a confirmé son refus d'autoriser le licenciement économique d'un salarié protégé du Syndicat mixte de Pierrefonds (SMP), rejetant le recours hiérarchique formé par l'employeur contre une première décision de refus.
L'affaire remonte à septembre 2025. Dans le cadre du plan de redressement du SMP, plusieurs postes avaient été supprimés, dont celui d'un représentant du personnel. Ce statut de salarié protégé impose d'obtenir une autorisation administrative avant tout licenciement.
L'administration ne conteste ni les difficultés économiques du syndicat mixte, ni la réalité de la suppression du poste. Elle considère en revanche que les recherches de reclassement menées par l'employeur ne peuvent pas être qualifiées de « loyales et sérieuses ». C'est sur ce seul point que le refus a été maintenu.
L'UNSA Aérien, qui s'était opposé au licenciement, se félicite de la décision. Le syndicat souligne le maintien dans l'emploi du représentant du personnel et présente ce résultat comme l'aboutissement de plusieurs mois de procédure administrative.
Cette issue intervient dans une période difficile pour le SMP. Aux tensions financières s'ajoute une crise de gouvernance : Marina Adigadou, récemment élue à la présidence du syndicat mixte, a depuis quitté ses fonctions. Un nouveau conseil syndical est prévu le 19 juin pour élire une nouvelle présidence.


9 commentaires
Je comprends bien que le reclassement était insuffisant, mais concrètement l'employeur devait faire quoi exactement pour que ça soit considéré comme loyal et sérieux ? C'est quoi les critères que l'administration regarde ?
Ce que je retiens surtout c'est la comm catastrophique du SMP en ce moment. Une présidente qui part, un licenciement bloqué, un conseil syndical à recomposer. Si c'était une marque on dirait que la réputation est en chute libre. Quand une structure publique locale accumule autant de signaux négatifs en peu de temps, ça finit par impacter la confiance des partenaires, des usagers, des futurs candidats à la gouvernance. Y'a un vrai travail de fond à faire là.
@Yannick P, tu mets le doigt dessus. Dans une coopérative, quand on supprime un poste, on cherche vraiment où replacer la personne avant de lui montrer la porte. Ça demande du travail, des discussions, parfois on réorganise un secteur entier. Si le SMP gère tout ce qu'il gère à Pierrefonds et qu'il n'a pas trouvé une seule solution de reclassement sérieuse, c'est qu'il n'a pas cherché. L'administration a bien vu le même chose que nous.
Ici à Cilaos on est loin de tout ça, mais même nous on sait ce que c'est de se battre pour garder ce qu'on a. Ce monsieur a tenu bon pendant des mois, et ça c'est courageux. J'espère qu'ils vont trouver un peu de calme maintenant au SMP, parce que quand la gouvernance part dans tous les sens, ce sont toujours les petits qui trinquent en premier.
Pas grand chose à voir avec mon domaine mais honnêtement quand je vois la galère que c'est pour les saisonniers de faire valoir leurs droits, je me dis que même les représentants du personnel avec toutes leurs protections en bavent. Respect au syndicat qui a tenu la procédure jusqu'au bout.
Une présidente qui part, un conseil syndical à refaire, un licenciement bloqué. Le SMP lé pa fasil en ce moment.
Un syndicat mixte d'aéroport qui n'arrive pas à trouver un poste de reclassement en interne, ça interpelle quand même. À l'échelle de ce qu'ils gèrent à Pierrefonds, c'est pas faute d'avoir des activités variées. La DGT a bien fait de creuser, parce que le reclassement bâclé c'est malheureusement une pratique qu'on voit partout quand les directions veulent aller vite.
Ce pauvre homme qui a failli se retrouver sans travail pendant que la présidente, elle, quitte ses fonctions tranquillement. Les domoun en haut tombent sur leurs pattes, ceux en bas se battent des mois pour garder leur poste.
Dans le BTP on connaît bien les histoires de reclassement qui se font à la va-vite juste pour cocher une case. Si l'administration dit que c'était pas loyal et sérieux, c'est qu'ils ont cherché nulle part. J'ai vécu un truc similaire y'a quelques années, j'avais proposé un poste ailleurs dans ma boîte avant de me séparer d'un gars, et même là c'était scruté à la loupe. Les employeurs qui pensent que la procédure c'est une formalité, ils apprennent à leurs dépens.