Deux semaines après sa condamnation en première instance pour harcèlement moral, Aurélien Centon a confirmé sa décision de quitter son mandat de conseiller départemental de Saint-Paul. Dans un long message publié sur les réseaux sociaux, l'élu explique ne plus trouver la force de continuer, malgré les soutiens reçus depuis sa première annonce.
« J'ai lu vos messages, j'ai entendu vos encouragements. J'ai pris le temps de réfléchir comme vous me l'avez demandé. J'ai cherché au plus profond de moi-même la force de continuer, mais je dois être sincère : je ne la trouve plus », écrit-il.
Pour justifier son retrait, l'élu invoque une exigence de cohérence. « Je ne veux pas occuper une place, ni toucher des indemnités si je ne peux plus l'assumer pleinement », affirme-t-il. Aurélien Centon a fait appel de la décision judiciaire, et plusieurs procédures civiles liées à l'affaire restent en cours.
Dans ce même message, il revient sur la médiatisation de l'affaire, qui l'oppose à une ancienne collègue dans un contexte de contestation de paternité. Il estime que certaines conséquences débordent du cadre judiciaire et évoque des « dommages collatéraux » pour son entourage. « Je pense qu'il faut parfois réfléchir davantage avant d'exposer les personnes au regard public, surtout lorsque le fond concerne des enfants et des questions de filiation », écrit-il.
Face aux critiques que ses prises de parole ont suscitées, il défend son droit à s'exprimer. « Être un homme ne signifie pas ne pas avoir de cœur ni d'émotions, et donner des éléments quand je le juge nécessaire, ce n'est pas se plaindre », écrit-il. Il règle également ses comptes avec des personnes qu'il accuse d'avoir profité de la situation, visant notamment une crèche qu'il affirme n'avoir jamais fréquentée ainsi qu'un responsable de son environnement professionnel.
Le message se conclut par des remerciements adressés à sa famille. « Merci à ma femme, que j'avais tenue informée de la situation, et qui a eu l'impression de revivre cette épreuve une seconde fois. Merci à mes filles, qui me bouleversent à chaque accompagnement, car je n'ai pas encore toutes les réponses à leur donner », écrit-il. Son suppléant, appelé à lui succéder au sein de l'assemblée départementale, reversera selon lui « l'ensemble de ses indemnités à des associations humanitaires ».


6 commentaires
Dans une coopérative, quand quelqu'un crée des problèmes avec un collègue, on règle ça en interne avant que ça pourisse tout le groupe. Là on a un élu condamné qui prend des semaines à partir, qui écrit des romans sur les réseaux, et qui distribue des bons points à son suppléant. Le fond du problème, lui, personne n'en parle vraiment.
Le passage où il dit que certains ont profité de la situation pour régler des comptes, c'est un peu bizarre de balancer ça dans un message d'au revoir non ? On dirait le thread Twitter de quelqu'un qui veut partir mais qui peut pas s'empêcher de lâcher un dernier boss fight avant de quitter la salle, lé pa fasil de couper.
Moi je sais pas trop quoi penser de tout ça, mais une chose est sûre : si un de mes employés avait fait pareil avec un collègue dans ma boucherie, y'a longtemps que l'affaire serait réglée sans passer par les journaux. Les petits patrons comme nous, on a pas le luxe de prendre des semaines pour réfléchir si on part ou on reste. On gère, et on assume direct.
Au moins il part. Des gens condamnés qui s'accrochent à leur poste, on en a vu trop.
La démarche de reverser les indemnités à des associations humanitaires via son suppléant mérite d'être notée, même si elle ne change rien à la décision de justice. Ce qui pose question, sur le plan institutionnel, c'est le délai entre la condamnation et la démission effective. Dans la fonction publique, une telle situation aurait probablement déclenché une procédure disciplinaire parallèle bien avant.
Ce qui me frappe c'est la communication autour de tout ça. Un long post sur les réseaux pour annoncer une démission, des réponses aux critiques, des remerciements publics à sa famille... on est clairement dans une gestion de crise faite maison, et ça se voit. Le fond du dossier judiciaire mis à part, la forme de cette sortie va alimenter les débats encore longtemps.