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Karine Lebon interpelle Darmanin sur les failles de la protection de l'enfance

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Karine Lebon interpelle Darmanin sur les failles de la protection de l'enfance

La députée Karine Lebon interpelle le ministre Darmanin : "Des excuses ne protègent pas les enfants" - Crédit Zinfos974 - Politique


« Le cœur de Lyhanna, lui, s'est arrêté. » C'est par ces mots que la députée réunionnaise Karine Lebon a répondu, mardi à l'Assemblée nationale, au garde des Sceaux Gérald Darmanin, lors de la séance de questions au gouvernement. La veille, des rassemblements avaient eu lieu dans plusieurs villes de France en hommage à la fillette et pour dénoncer les violences faites aux enfants.

Darmanin avait présenté ses excuses devant le Sénat le matin même. Karine Lebon n'y voit pas une réponse suffisante. « Moi aussi j'ai un cœur qui bat. C'est ce que vous avez déclaré ce matin devant nos collègues sénateurs », a-t-elle repris, avant d'asséner : « Des excuses ne protègent pas les enfants. »

L'élue a pointé les multiples alertes qui ont précédé le drame sans déclencher de réaction institutionnelle adéquate. « Combien de temps allons-nous encore découvrir, après coup, que les alertes existaient, que les plaintes existaient, que les signaux existaient, que les institutions savaient ? », a-t-elle interrogé. Elle a évoqué une offre de soins insuffisante, des institutions saturées, des procédures classées sans suite — autant de défaillances qui dessinent, selon elle, « tout un système » à bout de souffle.

« Le problème n'est plus l'absence de diagnostic. Le problème, c'est l'écart insupportable entre ce que l'État sait et ce que l'État fait. » La formule résume l'angle de son intervention : non pas un cas isolé, mais une faillite structurelle de la protection de l'enfance.

Karine Lebon a mis en demeure le ministre de soutenir l'inscription à l'ordre du jour d'une proposition de loi intégrale sur la protection des victimes, déjà déposée à l'Assemblée et cosignée par plus d'une centaine de députés. « Soit vous le faites. Soit vous partez », a-t-elle conclu. Darmanin a répliqué sèchement : « Je ne vous permets pas d'évoquer le terme de complicité dans mon action personnelle. »

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6 commentaires

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K
KékéSurf 10/06/2026 à 09:16

Quand y'a un requin dans l'eau on ferme la plage illico, même sans être sûr à 100%. Là on avait tous les signaux et personne a fermé quoi que ce soit. C'est ça qui me rend fou.

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David 10/06/2026 à 08:17

@Marie-Hélène, les rapports qui s'accumulent je veux bien, mais à Saint-Leu on a fermé le point médical de garde le week-end, les parents font la route jusqu'à Saint-Paul avec un gamin fiévreux à deux heures du mat. C'est pas un problème de diagnostic comme tu dis, c'est un problème de moyens concrets sur le terrain, et ça, aucun rapport ne le règle tout seul.

N
Nadine Saint-Louis 10/06/2026 à 08:09

Je vends des jouets depuis quinze ans à Saint-Louis, je vois défiler les familles tous les jours. Y'a des situations que tu sens, des mères qui achètent les yeux dans le vague, des enfants qui parlent pas. On n'est pas assistants sociaux, on sait pas quoi faire avec ça. Alors quand on m'explique que les institutions, elles, savaient et n'ont rien fait, franchement ça me retourne.

P
PépéBassin 10/06/2026 à 07:18

On dit souvent que la mer prévient avant de se déchaîner, i fo juste savoir lire les signes. Là c'est pareil, les signaux existaient, tout le monde le reconnaît après. Ce qui me pèse, c'est qu'on aura encore ce même débat dans deux ans, après un autre drame. La transmission, c'est pas seulement les savoirs qu'on passe aux jeunes, c'est aussi les protections qu'on leur laisse.

M
Marie-Hélène 10/06/2026 à 07:09

L'intervention de la députée est rigoureuse et la formule finale sur l'écart entre ce que l'État sait et ce qu'il fait mérite d'être retenue. Cela fait des années que les rapports s'accumulent sur la protection de l'enfance, le rapport Naves-Cathala de 2000 puis les travaux du Défenseur des droits montrent une continuité accablante dans les mêmes dysfonctionnements. Ce qui change ici, c'est le ton. Dire "soit vous le faites, soit vous partez" devant l'Assemblée, c'est refuser le registre des condoléances politiques. Je me demande si la proposition de loi cosignée par une centaine de députés a réellement une chance d'être inscrite à l'ordre du jour avant la fin de la session.

R
Rafiki 10/06/2026 à 07:05

Dans les sentiers de Mafate, on rencontre des familles entières qui élèvent leurs marmaille loin des services publics, à des heures de marche du premier médecin. Quand j'entends que les institutions savaient et n'ont pas agi, je pense à ces endroits où les signaux n'arrivent même pas jusqu'à la plaine. Le problème est encore plus profond que ce que Karine Lebon décrit, et pourtant elle a mis le doigt sur quelque chose d'essentiel.