Condamné le 26 mai à quatre mois de prison avec sursis pour harcèlement moral, le conseiller départemental de Saint-Paul Aurélien Centon a annoncé sa démission — avant que son conseil n'interjette appel, dès le 28 mai, de la décision du tribunal correctionnel de Saint-Denis.
L'élu du canton 18, âgé de 31 ans et fondateur de l'association P'tit Cœur, avait été reconnu coupable de harcèlement moral envers une ancienne collègue avec laquelle il avait eu une liaison. Le jugement prévoit également deux ans d'interdiction de contact avec la victime.
Dès le lendemain du jugement, Centon avait pris la parole sur les réseaux sociaux pour expliquer ses démarches répétées auprès de la famille de la jeune femme par le « désespoir » et par le refus d'être écarté de l'enfant qu'il dit être né de cette relation. Il avait alors indiqué avoir proposé sa démission au président du Conseil départemental Cyrille Melchior. On ignore toujours si celle-ci a été acceptée.
L'affaire a aussi un volet civil. Centon avait engagé une action en contestation de paternité de l'enfant, reconnu par le compagnon de la mère. Il avait obtenu gain de cause en première instance — la mère ayant refusé les tests ADN demandés —, mais ce jugement fait lui aussi l'objet d'un appel de la famille. Les deux procédures se poursuivent donc en parallèle.


7 commentaires
Je comprends pas très bien le lien avec le volet civil sur la paternité, est-ce que quelqu'un peut m'expliquer comment deux procédures aussi différentes peuvent se dérouler en même temps sans que l'une bloque l'autre ?
@Margaux, pour répondre à votre question sur la situation administrative : en droit français, un élu local qui dépose sa démission ne quitte effectivement ses fonctions qu'à la date où celle-ci est officiellement acceptée et acte par le préfet. Tant que cette acceptation n'est pas formalisée, il demeure légalement en poste, avec toutes les obligations qui en découlent. La procédure d'appel, elle, ne suspend pas davantage ce statut. Ce flou que relève JeanFrak n'est donc pas un simple oubli, c'est une réalité juridique qui peut durer plusieurs semaines.
@PtiBatik, t'as bien raison. Moi mes clientes me racontent des histoires pareilles, où la femme se retrouve au milieu de tous les papiers, tous les avocats, et à la fin c'est elle qui gère seule le quotidien. L'élu il a ses conseillers, son équipe, ses réseaux... la dame, elle a quoi ? Y'a vraiment deux poids deux mesures dans ces affaires-là.
Appel déposé deux jours après le jugement. C'est mécanique, prévisible. Ce qui l'est moins, c'est que la question de la démission reste suspendue comme si personne ne voulait vraiment trancher. Cyrille Melchior accepte ou n'accepte pas, mais il ne dit rien. Ce vide institutionnel dit quelque chose sur la façon dont on gère ce genre d'affaires au Département.
Je ne connais pas bien le fonctionnement ici, mais est-ce qu'un conseiller départemental peut rester en poste pendant toute la durée de l'appel, même après avoir proposé sa démission ? En métropole j'aurais dit que la démission suffit à clore la question, mais là on dirait que c'est plus flou. Quelqu'un peut m'expliquer comment ça marche ?
Ce qui me touche dans cette histoire c'est la femme au centre de tout ça, coincée entre deux procédures qui n'en finissent pas. On parle de l'élu, de l'appel, du siège départemental... mais elle, domoun l'oublient vite. La justice prend son temps et pendant ce temps la vie des gens continue d'être abîmée.
Quatre mois avec sursis et il fait appel... c'est son droit, mais la victime, elle, attend toujours que ça se termine. J'espère qu'on pense à elle dans tout ça.