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Marie Lanfroy et le maloya : le PS Réunion entre dans le débat

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Marie Lanfroy et le maloya : le PS Réunion entre dans le débat

"Le maloya n’a pas besoin de boucs émissaires" : pourquoi la polémique autour de la chanteuse Marie Lanfroy reste vive - Crédit Zinfos974 - Société


La chanteuse Marie Lanfroy, connue pour son appartenance aux groupes Saodaj et Alsimi, est depuis plusieurs jours la cible d'attaques virulentes sur les réseaux sociaux. En cause : sa pratique du maloya, musique intimement liée à l'histoire de l'esclavage et à l'identité réunionnaise, que certains internautes lui contestent au motif qu'elle serait perçue comme « zorey ». L'artiste dénonce du cyberharcèlement. Plusieurs musiciens et personnalités de l'île ont pris publiquement sa défense.

Le 22 mai, la fédération réunionnaise du Parti socialiste, dirigée par Ericka Bareigts, a publié un communiqué au ton tranché : « Quelle que soit la légitimité d'un débat culturel, rien ne justifie les attaques personnelles. » Le texte condamne « avec force le harcèlement et la violence des propos » dirigés contre Marie Lanfroy, sans pour autant écarter les questions soulevées par la polémique.

Derrière l'emballement des réseaux, les socialistes pointent un terrain plus ancien. Qui accède aux financements publics ? Qui représente la culture réunionnaise à l'international ? Le communiqué évoque des « questionnements légitimes et sérieux sur les inégalités d'un système culturel qui ne bénéficie pas à tous de la même façon ». Un « vide béant », selon le PS, que l'affaire Saodaj a brutalement remis en surface.

Le parti défend par ailleurs une conception ouverte du maloya, « musique vivante, en mouvement, capable d'absorber et de se réinventer », citant le groupe Lindigo en exemple. Il formule également trois propositions concrètes : financer une recherche ethnomusicologique à l'Université de La Réunion, créer une instance représentative indépendante autour du maloya, et auditer les financements publics liés à l'export de la musique réunionnaise.

Classé au patrimoine mondial de l'Unesco, le maloya concentre des enjeux de transmission, de représentation et de mémoire collective que chaque polémique de ce type remet à vif.

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4 commentaires

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K
KékéSurf 22/05/2026 à 17:33

Franchement le maloya c'est comme le surf, on juge pas qui est dans l'eau, on juge le ride. Marie Lanfroy joue avec le coeur, mes élèves australiens et bretons qui font leur stage ici ils kiffent ça autant que les locaux. Le harcèlement, que ce soit sur les réseaux ou dans le line-up, c'est jamais une bonne vibe.

L
Lulu 22/05/2026 à 16:55

Bon moi le maloya lé bon, que ce soit joué par qui que ce soit, du moment que c'est joué avec le coeur. J'ai des clients de partout sur mon food truck, des métros, des mahorais, des tamoul, et quand je mets Saodaj en fond ils demandent tous c'est qui. Alors voilà, la musique elle fait son travail toute seule.

M
Mickaëla 22/05/2026 à 16:26

Ce débat me touche vraiment. Derrière la polémique, y'a une vraie question sur l'appartenance et la légitimité, et je trouve courageux que des voix s'élèvent pour séparer le harcèlement du questionnement de fond. Marie Lanfroy a l'air de traverser quelque chose de difficile, et personne ne devrait subir ça quelles que soient les opinions des uns et des autres.

T
Thierry Lebon 22/05/2026 à 16:09

Article intéressant sur un sujet délicat. Je note que le PS propose un audit des financements publics liés à l'export musical, ce qui est une mesure de bonne gestion administrative. Cela dit, il faudrait préciser de quelles lignes budgétaires on parle exactement, car entre les financements régionaux, départementaux et les enveloppes de l'État déconcentré, la traçabilité n'est pas toujours simple à établir. Ce n'est pas une critique, juste une nuance qui me paraît utile si l'on veut que la proposition soit opérationnelle.