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Contrats PEC à Saint-Benoît : les syndicats répondent au maire Selly

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Contrats PEC à Saint-Benoît : les syndicats répondent au maire Selly

A Saint-Benoît, les syndicats répondent à Patrice Selly : “Les contrats PEC ne peuvent empêcher le bon fonctionnement du service public” - Crédit Zinfos974 - Société


L'intersyndicale FSU-UNSA-CFDT de la mairie de Saint-Benoît a publié un communiqué pour contester les déclarations du maire Patrice Selly, lequel avait alerté sur un risque de non-ouverture des 25 écoles de la commune à la rentrée 2026, faute de contrats PEC en nombre suffisant.

Les syndicats ne remettent pas en cause l'utilité de ces contrats aidés. Ils reconnaissent même, « à leur grand regret », que les PEC « sont devenus un élément essentiel au fonctionnement du service public ». Mais c'est précisément là que le bât blesse : cette dépendance structurelle est, pour l'intersyndicale, le symptôme d'un problème politique — pas une fatalité à agiter comme argument d'alerte. « Les contrats PEC ne peuvent, par leur absence, empêcher le bon fonctionnement du service public », tranchent-ils.

Derrière la querelle de chiffres, c'est la question de la précarité qui s'impose. Les représentants du personnel décrivent des agents « mal considérés, mal rémunérés et interchangeables à volonté » et réclament des recrutements permanents, capables, selon leurs mots, de « construire dignement un véritable projet de vie ». Ils s'appuient sur le Rapport social unique, actuellement examiné au comité social territorial : le vieillissement des agents communaux rend inévitable, à court terme, une vague de départs à la retraite. L'intersyndicale prévient qu'elle « veillera à ce que ces postes ne soient pas remplacés par des emplois précaires ».

Les syndicats pointent aussi l'absence de concertation préalable. Les déclarations du maire ne se seraient pas inscrites « dans un véritable cadre de dialogue social avec les représentants des personnels ». Ils rappellent que Patrice Selly avait pourtant salué l'engagement des agents lors de la cérémonie de remise des médailles du travail, le 13 mai. Une reconnaissance qui, selon eux, devrait se traduire « à travers une véritable politique de valorisation et de pérennisation de l'emploi public » — et pas seulement dans un discours.

Le contexte est tendu. La manifestation du 20 mai, à l'appel des maires de La Réunion, approche. La baisse annoncée du nombre de contrats aidés sur l'île cristallise les oppositions entre élus locaux, qui défendent la continuité des services, et organisations syndicales, qui refusent que cette continuité repose durablement sur des emplois de second rang.

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7 commentaires

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N
Naïma94 18/05/2026 à 09:26

La précarité dans les services publics, je connais bien ça côté santé. En tournée le matin, je croise des aides à domicile qui sont dans des situations similaires, contrats courts, horaires éclatés, aucune visibilité sur l'avenir. Ce que les syndicats de Saint-Benoît décrivent ce n'est pas propre à une commune, c'est une logique qui ronge tout le secteur public depuis des années. Sauf qu'ici au péi, avec les contraintes budgétaires déjà importantes, ça fait encore plus mal.

Z
Zoubi 18/05/2026 à 08:52

@Sandrine, bonne question sur les chiffres. Moi je coiffe une dame qui travaille à la mairie de Saint-André, et elle me dit souvent que les départs en retraite c'est kosa qu'on entend depuis des années sans que personne ne prépare vraiment le remplacement. J'espère que le fameux rapport social unique va forcer tout ce monde à regarder les vrais chiffres en face.

N
Nadine Saint-Louis 18/05/2026 à 08:18

On parle d'écoles qui risquent de ne pas ouvrir, et moi ça me rappelle le jour où ma boutique a failli fermer faute de pouvoir payer mon loyer le mois de septembre. Le problème c'est toujours le même : on fait tourner des systèmes entiers sur des gens qu'on paye mal, et le jour où ça casse tout le monde fait le surpris. Ces agents méritent des vrais contrats, pas des arrangements qui arrangent surtout les élus.

S
Sandrine 18/05/2026 à 07:51

Le Rapport social unique mentionné dans l'article est un document qui donne normalement des projections précises sur les départs prévisionnels. Ce serait intéressant de savoir sur combien de postes on parle concrètement à Saint-Benoît sur les 5 prochaines années, parce que "vague de départs" ça ne veut pas dire grand chose sans chiffres.

H
Hugo Saline les bains 18/05/2026 à 07:42

Ce que décrivent les syndicats, cette dépendance structurelle aux contrats aidés pour faire fonctionner les écoles, c'est exactement ce que j'avais vu dans certaines collectivités bretonnes avant des réformes douloureuses. La différence c'est qu'ici le sujet est rendu public par une alerte du maire lui-même, ce qui est assez rare. La question du vieillissement des agents et de la vague de retraites à venir, ça c'est un angle que j'aurais aimé voir creuser davantage dans l'article.

D
David 18/05/2026 à 07:36

On parle de 25 écoles qui pourraient ne pas ouvrir, et personne ne semble avoir anticipé ça avant que ça devienne une crise ? Ici à Saint-Leu on a les mêmes galères avec les contrats aidés dans les structures touristiques, c'est un problème qui dépasse largement Saint-Benoît. Le péi mérite mieux que de faire tourner ses services publics avec des emplois précaires renouvelés d'année en année.

M
Mickaëla 18/05/2026 à 07:36

Ce qui me touche dans cet article, c'est qu'au fond tout le monde dit la même chose : ces agents méritent mieux. La reconnaissance, ça ne peut pas s'arrêter à un discours lors d'une remise de médailles. J'espère vraiment que cette situation aboutit à quelque chose de constructif pour tout le monde.