L'ancien maire de Saint-André, Éric Fruteau, s'oppose fermement à la réduction des contrats aidés annoncée par la préfecture de La Réunion. Dans un communiqué, il écarte l'argument budgétaire et qualifie cette décision de « choix idéologique » aux conséquences directes sur les plus précaires. « Quand l'État annonce moins de contrats aidés (PEC), ce n'est pas juste une décision
Contrats aidés à La Réunion : Fruteau dénonce un choix idéologique
“La baisse des PEC n’est pas une fatalité économique, mais un choix idéologique”, estime Éric Fruteau - Crédit Zinfos974 - Politique


8 commentaires
@Alex, je comprends l'importance des chiffres, mais derrière chaque statistique il y a une personne qui reconstruit sa vie. Ces contrats, même imparfaits, donnent à des gens une structure, une routine, un espace pour retrouver confiance en eux. Ce n'est pas rien, ça.
@Jean-Marc, c'est exactement ça ! Deux sur cinq qui restent, pour toi c'est un résultat mitigé, mais pour ces deux personnes-là c'est toute leur vie qui a changé. Moi j'ai eu une aide pendant six mois sur le food truck, elle faisait la caisse et l'accueil, maintenant elle gère sa propre affaire à Saint-Leu. On en parle de ces histoires-là ou pas ? Les domoun retiennent que ça coûte, jamais ce que ça construit.
Moi je vois pas trop où est l'idéologie là-dedans, mais ce que je sais c'est que quand les gens ont pas de revenus ils achètent moins. Moins de clients, moins de commandes à mes fournisseurs, tout le monde trinque dans la filière. J'ai eu un gars en contrat aidé l'an dernier, il découpait correctement, il apprenait le métier. Ces dispositifs c'est pas parfait mais ça fait tourner des familles qui viennent quand même acheter leurs kilos de porc le week-end.
Franchement ça m'énerve ces décisions prises à Paris sans voir ce que ça donne sur le terrain péi.
J'en ai pris quelques uns en PEC ces dernières années dans mon équipe. Sur cinq, deux sont restés, les autres ont disparu après la fin du contrat. Résultat mitigé sur le papier, mais ces deux-là travaillent toujours chez moi aujourd'hui. Pour une TPE comme la mienne c'est pas rien.
Ici au Port on voit passer beaucoup de gars embauchés en contrats aidés dans les entrepôts et sur les quais. C'est pas des postes en or mais ça maintient des familles à flot. Quand l'État coupe ces dispositifs il faut pas s'étonner que les gens galèrent à payer leurs courses, et derrière c'est toute la chaîne qui trinque.
Fruteau dit que c'est un choix idéologique, mais il faudrait quand même voir les chiffres de l'efficacité réelle des PEC sur dix ans. Y'a des études sérieuses qui montrent des résultats très mitigés en matière d'insertion durable. Je ne dis pas que la coupe est justifiée, je dis qu'un communiqué politique ça ne remplace pas une analyse.
Ce qui manque dans ce débat c'est la donnée brute : combien de PEC étaient actifs à La Réunion en 2023, quel coût exact pour l'État, et quel taux de sortie vers l'emploi durable ? Sans ces chiffres, difficile de trancher entre argument budgétaire et argument idéologique. Les deux peuvent coexister.