La CGTR repart à l'offensive. Le 29 avril, à Montreuil, le syndicat réunionnais tenait une conférence de presse aux côtés de la secrétaire générale de la CGT Sophie Binet et de représentants syndicaux de Mayotte et de Martinique. Dans un communiqué daté du 7 mai, la Confédération générale du travail de La Réunion dénonce un « système » qui pèse durablement sur le quotidien des habitants de l'île. Sa formule est directe : « la vie chère n'est pas un accident, c'est un système ».
Les chiffres sont parlants. Le salaire médian à La Réunion s'établit à 1 780 euros nets, contre 2 190 euros dans l'Hexagone. Dans le même temps, se nourrir coûte 37 % plus cher sur l'île. « Autrement dit, les Réunionnais paient plus cher avec des revenus plus faibles », insiste le syndicat. Les retraites ne font pas exception : « Des salaires plus bas entraînent mécaniquement des pensions plus faibles », rappelle la CGTR.
Le chômage touche 17 % de la population active, soit deux à trois fois le niveau hexagonal. Plus de 50 000 demandes de logement restent sans réponse. « Le logement devient une machine à fabriquer de la précarité et de la vie chère », estime l'organisation. La centrale pointe aussi une inégalité territoriale criante : la Corse perçoit 187 millions d'euros par an au titre de la continuité territoriale, quand l'ensemble des Outre-mer se partage 76,8 millions d'euros.
Pour le secrétaire général Jacky Balmine, « il ne peut y avoir de République sociale à deux vitesses : à travail égal, droits égaux. À qualification égale, reconnaissance égale ». La CGTR réclame l'application pleine des conventions collectives nationales à La Réunion. « Trop de salariés réunionnais disposent encore de moins de garanties, de protections et de reconnaissance que des salariés exerçant le même métier dans l'Hexagone », relève le communiqué.
Le syndicat exige également un contrôle renforcé sur les marges des grands groupes de distribution et d'importation. « Ceux qui contrôlent l'importation, les centrales d'achat, la logistique et la distribution contrôlent donc une partie déterminante du pouvoir d'achat des familles réunionnaises. » La CGTR demande « la transparence sur les marges des grands groupes » avec « un OPMR doté de véritables pouvoirs », ainsi qu'une révision du bouclier qualité-prix.
Parmi les revendications immédiates : une hausse de 200 euros des salaires, retraites et minima sociaux, un « droit effectif au retour pour les jeunes Réunionnais formés ailleurs », ou encore « une véritable politique du logement ». « Ce n'est pas une revendication de confort : c'est une revendication de dignité », martèle la CGTR, qui conclut : « La vie chère n'est pas une fatalité. Elle est le produit d'un système. Et ce système doit être combattu. »


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