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Thierry Robert dénonce la division par trois de la LBU

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Thierry Robert dénonce la division par trois de la LBU

Tribune libre - Le 20 mai, certains veulent défendre leur système. Moi, je propose aux Réunionnais de défendre leur dignité


Thierry Robert, élu d'opposition au conseil municipal de Saint-Leu et président du PACT, a publié une longue tribune le 7 mai 2026. Il y dénonce la division par trois de la Ligne Budgétaire Unique (LBU), le fonds dédié au logement social à La Réunion, qu'il qualifie de « bombe sociale » passée sous silence.

« La LBU, c'est le pilier de la dignité des familles réunionnaises les plus vulnérables », écrit-il. À ses yeux, cette réduction drastique menace directement les opérations de résorption de l'habitat insalubre et la construction de logements sociaux. Les conséquences s'étendraient à l'ensemble du secteur du BTP : fermetures d'entreprises, licenciements, précarité accrue. « Quand le bâtiment tombe, tout tombe », insiste-t-il.

L'ancien député s'étonne de l'absence de mobilisation collective face à cette coupe budgétaire, alors qu'une manifestation a été annoncée pour le 20 mai concernant les contrats PEC. Il met en cause l'État, mais aussi les élus locaux : Cyrille Melchior au Département, Huguette Bello à la Région, l'association des maires. « Personne ne pourra dire qu'on ne savait pas. »

Thierry Robert aborde également la gestion des carburants. Il rappelle qu'à La Réunion, c'est la Région qui perçoit une part importante de la fiscalité via le MAGO. Il interpelle directement Jean-Hugues Ratenon, député, qu'il accuse de « communication politique » pour avoir dénoncé la hausse des prix à Paris sans s'en prendre à Huguette Bello localement. « Crier à Paris pour faire croire qu'on défend le créole, alors qu'on évite d'interpeller la Région : c'est du calcul électoral. »

Sur les contrats PEC, l'élu assume une position tranchée. Il ne conteste pas l'utilité de ces dispositifs, mais dénonce leur instrumentalisation électorale. « La misère n'est pas un fonds de commerce », martèle-t-il. Il accuse certains élus d'utiliser ces contrats de six mois comme un outil de contrôle politique, entretenant une dépendance parmi les populations précaires. « Un maire n'est pas propriétaire de la misère du peuple », ajoute-t-il.

Thierry Robert rappelle qu'en 2012, il manifestait seul devant la préfecture pour dénoncer la baisse programmée des contrats aidés. « J'étais député. La GIGN m'a frappé. Aucun élu n'a été solidaire. » Il avance aujourd'hui une alternative : les « besoins occasionnels », dispositif légal permettant aux communes d'embaucher ponctuellement sans passer par les contrats PEC. Selon lui, tout est une question de volonté politique et de réorientation budgétaire.

À Saint-Leu, il conteste la sincérité du budget municipal et annonce l'envoi d'un courrier à la Chambre Régionale des Comptes et au Préfet. Il relève que le maire Bruno Domen a lui-même reconnu dans une vidéo récente que le budget était devenu « insincère », tout en affirmant que ce problème existait avant même la suppression des contrats PEC.

Il critique par ailleurs l'aménagement de la mairie, notamment un étage équipé d'une kitchenette, d'un dressing et d'une douche à l'italienne. « Il y a deux catégories dans cette maison du peuple : les petites gens reçues en bas, et les gens d'en haut reçus dans le confort. » Il conteste également la présentation de la baisse des indemnités du maire comme un geste volontaire, affirmant qu'il s'agit d'une obligation légale liée au plafonnement des cumuls.

Thierry Robert conclut en appelant à un débat public. Il lance un défi aux élus locaux, dont Huguette Bello et Jean-Hugues Ratenon : « Choisissez le plateau. Je viendrai. Et je démontrerai par A plus B ce que j'affirme ici. » Il réaffirme son refus de « participer à une immense opération de communication destinée à protéger un système qui a trop longtemps utilisé la souffrance sociale comme carburant électoral ».

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