Élisabeth Borne a annoncé mercredi qu'elle quittait les instances dirigeantes de Renaissance. L'ancienne Première ministre ne siège plus ni au bureau exécutif ni au conseil national du parti présidentiel. « Je ne me retrouve pas complètement dans la ligne qui n'est pas forcément débattue au sein de Renaissance », a-t-elle déclaré sur France Inter.
Ce départ acte une rupture avec Gabriel Attal, patron du mouvement depuis fin 2024. La parlementaire de 65 ans avait déjà dit ce qu'elle pensait en janvier dernier dans La Tribune Dimanche : « Renaissance, ce n'est pas un parti, c'est l'agence de com de Gabriel Attal. »
Élisabeth Borne a invoqué plusieurs désaccords de fond. Elle a insisté sur le respect du droit international, de l'État de droit et des institutions. « Je ne supporte pas quand on met en cause le Conseil constitutionnel », a-t-elle ajouté, sans nommer directement son successeur à Matignon. Certaines prises de position récentes du parti sur les questions régaliennes et migratoires semblent avoir accéléré la rupture.
Elle entend désormais se consacrer à « Bâtissons ensemble », la structure qu'elle a créée. « Un espace qui a vocation à rassembler au-delà des partis pour faire émerger des propositions concrètes », précise-t-elle. Elle dit ne nourrir aucune ambition présidentielle, même si la publication de son livre « Réveillons-nous ! », prévue cette semaine, lui offre une tribune pour exposer sa vision politique.
Ce départ complique un peu plus l'unité du camp macroniste à l'approche de 2027. Gabriel Attal, élu secrétaire général après le retrait de la candidature d'Élisabeth Borne, s'affirme comme l'un des prétendants du bloc central pour la présidentielle. Les ambitions se précisent, les lignes se fracturent.


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