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Cirest : tensions vives sur le budget et la fiscalité

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Cirest : tensions vives sur le budget et la fiscalité

Le conseil municipal de Saint-André se poursuit à la Cirest


Le conseil de la Cirest a adopté mercredi son budget primitif 2026 dans une atmosphère tendue. Joé Bédier et Patrice Selly, désormais alliés au sein de la majorité, ont fait face à l'opposition menée par Laurent Virapoullé. Le débat a principalement porté sur la fiscalité et les taux d'imposition — un affrontement qui faisait écho au conseil municipal de Saint-André, tenu la veille dans une ambiance déjà houleuse.

La séance avait pourtant démarré sans accroc. Lors du vote d'une subvention de 5 000 euros à la SPA, Jean-Marc Péquin, deuxième vice-président, a plaidé pour la création d'un refuge animalier dans l'Est. « À la fourrière, de gros efforts ont été faits, mais ça reste un mouroir », a-t-il déclaré. Joé Bédier a acquiescé : « On devrait être sensibilisés, on devrait l'envisager. » Un projet avait été étudié à La Plaine sous la mandature de Marco Boyer, sans aboutir. Johny Payet a rappelé les difficultés pour trouver un terrain adéquat. L'idée d'une commission dédiée a été avancée pour relancer ce dossier attendu par les associations.

L'accalmie n'a pas duré. Dès le vote des taux d'imposition, Laurent Virapoullé a réclamé une baisse pour compenser la revalorisation des bases décidée au niveau national. « Ce n'est pas parce que les taux n'augmentent pas que les habitants ne paient pas plus. La Cirest est l'intercommunalité la plus pauvre, avec le moins d'entreprises. Quand il y a 537 000 euros en plus pour la taxe d'ordures ménagères, 257 000 euros en plus pour les entreprises, ce ne sont pas des montants négligeables », a-t-il martelé. Joé Bédier a dénoncé « du populisme ». « Si vous arrivez aux responsabilités, ce ne sera pas la même chose. La seule solution, c'est de développer l'activité économique, pas de promettre des baisses irréalistes. »

Patrice Selly a pris le relais, détaillant les contraintes financières face à Virapoullé. « Vous faites comme si vous ne comprenez pas. Nous devons assumer des services publics dans un contexte inflationniste. Tous nos marchés augmentent : les déchets, les transports… Les prestataires demandent des révisions de prix parfois au-delà de 8 % », a-t-il défendu, citant l'entreprise Nicollin pour le ramassage des déchets. « Avec quelles recettes voulez-vous compenser si on baisse les taux ? » Laurent Virapoullé a répliqué : « Vous, vous avez surtout une matraque fiscale. Moi, je préfère chercher des solutions pour alléger la pression. »

Les échanges ont continué à se durcir. Joé Bédier a accusé son opposant de « dire aux gens ce qu'ils veulent entendre ». Laurent Virapoullé a rejeté l'accusation : « Je ne fais pas de démagogie. Je défends les contribuables. À force d'augmenter les recettes, vous constituez une épargne confortable au lieu de la restituer. » Patrice Selly a maintenu sa position : « À force de baisser les recettes, on ne pourra plus assurer nos missions. Le pouvoir d'achat, ce n'est pas seulement les impôts, c'est aussi les services : la cantine, les transports, les aides. » Virapoullé a ironisé sur le rapprochement entre Bédier et Selly, anciens adversaires, évoquant leurs contentieux passés sur le marché de l'eau avec la Cise. « Que j'ai attaqué au niveau administratif et vous au niveau pénal, cela promet des jours intéressants. »

Le budget primitif a finalement été adopté à la majorité, avec les voix des « petites » communes. Sidoleine Papaya, maire de Salazie, absente, a voté par procuration. Le budget s'élève à 147 millions d'euros, dont 117 millions pour le budget principal. Les dépenses de fonctionnement comprennent 21,4 millions d'euros pour les transports, 11,4 millions pour la collecte des déchets, 15,5 millions pour les charges de personnel, 1,1 million pour l'insertion et 3 millions reversés aux communes.

Plusieurs investissements sont prévus à Saint-André en 2026 pour sécuriser l'alimentation en eau : augmentation de la capacité du forage de Ravine Creuse (650 000 euros), études pour la remise en production du captage de Bras-Citronnier, essais de pompage sur le forage de Terres Rouges et réflexion autour d'un nouveau réservoir sur le site de Dioré. Des travaux de renouvellement des réseaux doivent également être engagés, notamment sur l'avenue de Bourbon. Jean-Marie Virapoullé a dénoncé « un retard important sur le renouvellement des réseaux ». Joé Bédier a clos le débat d'une formule sèche : « On n'est pas à Saint-André ici ! »

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