Face à la flambée des prix des carburants et à une tension économique qu'il juge préoccupante, le sénateur réunionnais Stéphane Fouassin a écrit directement au ministre de l'Économie. Dans ce courrier adressé à Bercy, il réclame des mesures immédiates et structurelles, alors que les professionnels du transport ont confirmé leur mobilisation générale pour le lundi 13 avril.
La pression monte d'un cran sur le front des carburants à La Réunion. Dans un courrier daté du 10 avril, le sénateur Stéphane Fouassin appelle à une réponse urgente de l'État face à une situation qu'il juge « particulièrement tendue ».
Dès les premières lignes, le ton est direct. « Nous appelons votre attention sur la situation particulièrement tendue que connaît actuellement La Réunion en matière de prix des carburants », écrit-il, avant d'élargir le constat à « l'ensemble des territoires ultramarins français » — façon de rappeler que les fragilités liées à l'insularité dépassent le seul cas réunionnais.
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Sur le terrain, les mesures annoncées localement n'ont pas suffi à calmer les inquiétudes. Lors d'une table ronde organisée le mercredi 8 avril à la CCIR, la Région Réunion a pourtant renforcé son soutien avec « un effort complémentaire de 10 centimes par litre », portant l'aide jusqu'à 33 centimes pour certains professionnels. Un geste salué, mais jugé insuffisant.
Le sénateur le dit lui-même. « Cet effort doit être reconnu. Il montre que la collectivité régionale a choisi de mobiliser ses marges pour répondre à l'urgence. Mais il ne suffit pas à désamorcer la crise ». En cause notamment, le décalage entre l'annonce et ses effets concrets. « Cette aide (…) ne répond pas à la tension immédiate de trésorerie que subissent aujourd'hui les acteurs économiques les plus exposés », insiste-t-il.
Contestation du lundi 13 avril
La situation reste « extrêmement fragile ». Les organisations professionnelles avaient laissé 72 heures à l'État pour réagir, faute de quoi « une mobilisation pourrait intervenir dès le lundi 13 avril ». Elle a été confirmée ce samedi 11 avril. Une échéance qui fait peser le risque de blocages dans une île entièrement dépendante de la route.
Car au-delà des chiffres, c'est toute l'économie réunionnaise qui vacille. « Les annonces nationales restent générales, prudentes, et insuffisamment adaptées aux réalités d'îles », écrit le sénateur. Transport, approvisionnement, vie quotidienne : tout dépend directement du carburant.
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Pour éviter l'embrasement, Stéphane Fouassin propose trois pistes. Activer pleinement les outils liés au statut de région ultrapériphérique, en s'appuyant sur les dispositifs européens existants. Instaurer un mécanisme de lissage des prix à la pompe pour amortir les hausses. Et déployer des aides ciblées pour les secteurs les plus exposés, au-delà des simples prêts de trésorerie.
Décisions rapides et adaptées
Le sénateur met en garde contre des réponses inadaptées. Les dispositifs actuels « ne font que reporter la charge sans la réduire » et risquent « d'aggraver la situation financière des entreprises les plus fragiles ».
Il appelle donc à une réaction rapide et coordonnée de l'État. « Des décisions rapides et adaptées sont possibles, et (…) elles feront la différence pour des milliers de familles et de professionnels ».
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À quelques jours d'une mobilisation désormais confirmée, le message est clair. Sans réponse concrète de l'État, la crise des carburants pourrait bien virer à la crise sociale. Si ce n'est pas déjà le cas…


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