52 ans, enseignante et mère de famille : Céline Sitouze s'apprête à devenir la première femme à diriger Sainte-Marie. Cette ancienne militante socialiste a fait tomber la droite dans cette commune de plus de 37 000 habitants, en conquérant un électorat pourtant fidèle à la droite par sa détermination et son approche constructive.
Face aux querelles qui ont opposé Jean-Louis Lagourgue et Richard Nirlo, la future maire a représenté l'espoir de jours meilleurs. « Je suis vraiment un produit du territoire réunionnais », confie celle qui a grandi dans un quartier populaire du centre-ville, entre école, sport et catéchisme dominical. Fille d'un père très investi dans l'éducation qui leur faisait faire des dictées chaque mercredi, elle développe très tôt sa passion pour la lecture.
Son parcours l'amène à l'université de Bristol grâce au programme Erasmus. « Je devais partir au Canada mais j'ai choisi l'Angleterre pour penser à mes sœurs qui faisaient aussi des études », explique-t-elle. Cette expérience nourrit sa vision internationale de l'éducation, domaine dans lequel elle rêve d'enseigner depuis l'enfance.
À 28 ans, elle débute sa carrière d'enseignante tout en rejoignant le parti socialiste en 2005. « J'ai toujours été attirée par les valeurs progressistes », justifie-t-elle, bien que son père ait rompu avec le parti communiste après des désaccords à Sainte-Marie. Élue conseillère municipale d'opposition en 2008, elle enrichit son expérience dans les cabinets de Nassimah Dindar puis Gilbert Annette.
« La féminisation est plus que nécessaire », martèle cette féministe convaincue qui regrette l'organisation sociale pesant encore sur les femmes. Mère d'un étudiant en BTS, elle a toujours voulu concilier responsabilités politiques et vie familiale. « Je n'ai pas voulu me priver du bonheur d'être une maman », souligne-t-elle, forte du soutien de sa famille qui se retrouve chaque dimanche.
Candidate autonome depuis 2020 après sa rupture avec Christian Annette, elle critique la gestion financière sortante malgré la résorption du déficit. « Il faut utiliser à bon escient cet argent public. La destinée d'une mairie n'est pas d'avoir un gros compte en banque », dénonce-t-elle, citant les 11 millions d'euros disponibles. Elle entend limiter l'accueil de nouvelles populations et favoriser l'emploi local, notamment via 40 % de commande publique réservée aux entreprises sainte-mariennes.


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