Jean-Yves Morel a franchi un cap ce lundi 9 mars lors d'une conférence de presse marquant l'entrée dans la dernière ligne droite avant le scrutin de dimanche. L'ancien candidat de Cyrille Melchior aux législatives, qui bat la campagne depuis des mois et s'est imposé lors du débat télévisé, assume pleinement son étiquette RN.
« Je rappelle que dans les nuances portées par la préfecture, le RN n'est plus un parti classé parmi les partis d'extrême-droite. C'est un parti républicain, un parti démocratique », déclare-t-il d'emblée. Cette stratégie de normalisation que mène le parti de Marine Le Pen depuis des années rencontre un succès mitigé à La Réunion, où les électeurs restent méfiants.
Pour convaincre, le candidat met en avant la diversité de sa liste : « Des Saint-Paulois issus de nombreux quartiers et écarts, artisans, fonctionnaires, chefs d'entreprises, agriculteurs, commerçants, professions libérales, éducateurs, ouvriers, employés d'aide à domicile. » Cette composition devrait, selon lui, le rapprocher des préoccupations locales.
Fidèle à la doctrine RN, Jean-Yves Morel fait du changement son cheval de bataille. Il dénonce « ces affaires judiciaires qui pourrissent notre environnement » et prône « le changement de ces mêmes élites politiques responsables de cet essoufflement démocratique ». Son discours fait écho aux scandales locaux, même si le RN n'échappe pas lui-même aux affaires, Marine Le Pen demeurant sous la menace d'une condamnation dans le dossier des assistants parlementaires européens.
Sur le terrain sécuritaire, terrain de prédilection du parti, le candidat promet des brigades mobiles de policiers municipaux « dans les endroits sensibles », un « contact police dans les 14 mairies annexes » et 300 caméras supplémentaires sur les sites stratégiques. Les abords des établissements scolaires et équipements sportifs seraient surveillés « 24 heures sur 24 ».
Côté social, Jean-Yves Morel annonce un Fonds d'urgence « alimenté en partie par la recette de l'octroi de mer qui est de 47 millions d'euros à Saint-Paul ». Il promet également un chèque déjeuner utilisable uniquement dans les commerces locaux et l'équipement des familles en ordinateurs pour la scolarité des enfants. L'eau reste un dossier sensible : le candidat s'engage à revoir les tarifs en critiquant la gestion de la régie municipale par Emmanuel Séraphin.
Parmi ses grands projets figure la construction d'un parking en élévation pour « l'attractivité des commerces du centre-ville » et trois zones artisanales à mi-hauteur. S'il accède au Territoire de l'Ouest, il envisage un parc de loisirs aquatiques intercommunal et s'interroge sur une zone industrielle « en base arrière du Grand port maritime ».
Sur le logement social, sujet explosif, Jean-Yves Morel veut « reprendre la main » sur les critères d'attribution. Avec 6 000 demandes en attente à Saint-Paul, il souhaite privilégier les Saint-Paulois : « Non pas que nous sommes contre ceux qui viennent d'autres parties de l'île, qui sont nos frères, mais simplement nous voulons nous recentrer sur nos problèmes. » Une arrivée au pouvoir de Jordan Bardella ou Marine Le Pen permettrait selon lui de modifier la loi NOTRe sur les attributions de logements sociaux.


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