Des dizaines d'engins de chantier travaillent depuis plusieurs semaines dans le lit de la rivière des Pluies. Ils doivent déplacer 150 000 tonnes de matériaux charriés par le cyclone Garance en février 2023, qui obstruent l'écoulement des eaux en amont du pont reliant Saint-Denis à Sainte-Marie.
Jeudi 19 février, le préfet Patrice Latron s'est rendu sur place pour voir où en étaient ces travaux d'urgence. Le cours d'eau a dangereusement dévié jusqu'à lécher la berge côté Saint-Denis, menaçant des habitations situées à quelques mètres d'un à-pic d'une dizaine de mètres.
« C'est à comparer aux 250 000 euros qui avaient été mobilisés l'année précédente », dit le préfet. Entre 6 et 7 millions d'euros ont été engagés pour l'entretien des ravines depuis Garance, dans le cadre du Pacte d'avenir doté de 50 millions d'euros au total.
Plus d'un kilomètre de linéaire doit être traité d'ici avril, si la météo le permet. 70 000 tonnes ont déjà été extraites et repositionnées pour recentrer le lit. Mais hors de question d'évacuer les matériaux ou de creuser trop profondément : la leçon du cyclone Gamède en 2007, qui avait emporté le pont de la rivière Saint-Étienne, a marqué les esprits.
L'endiguement systématique des ravines n'est plus vu comme la solution miracle. « Le bétonnage des berges accélère le débit des eaux et peut faciliter l'inondation des terrains voisins », explique Patrice Latron à un riverain du collectif des habitants de la Rivière-des-Pluies. Ce dernier pointe du doigt les matériaux du chantier de basculement des eaux, encore présents trois kilomètres en amont : « Il y a encore des centaines de tonnes de roches. Les mêmes causes produiront les mêmes effets. »
Le débat sur les compétences entre intercommunalités et État dans le cadre de la Gemapi reste en suspens. Le préfet préfère se concentrer sur l'urgence, tout en promettant de « rappeler les collectivités à leurs devoirs » le moment venu.


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