Faute de majorité stable, le gouvernement cherche d'autres voies pour faire adopter le budget 2026. Sébastien Lecornu a jusqu'au 20 janvier pour trancher : utiliser le 49.3, avec ses risques politiques, ou recourir aux ordonnances, du jamais vu sous la Ve République.
Les débats sur le projet de loi de finances 2026 ont repris à l'Assemblée, mais l'exécutif ne croit plus à un vote classique. Matignon pointe les manœuvres d'obstruction du RN et de LFI et prépare une procédure d'exception pour éviter que la France se retrouve sans budget.
La situation s'est dégradée depuis l'automne. Le délai constitutionnel de 70 jours a expiré fin décembre, forçant le gouvernement à envisager des solutions qu'il espérait éviter.
Sébastien Lecornu a le choix entre deux options : le 49.3, qui garde une dimension parlementaire et permet d'amender le texte, mais expose au risque de motions de censure, ou les ordonnances, qui garantissent une adoption rapide mais peuvent passer pour un passage en force.
L'urgence budgétaire pèse sur cette décision. Le gouvernement estime que le déficit pour 2026 pourrait grimper à 5,3 % du PIB, contre un objectif de 5 %. Cet écart découle des compromis sur la Sécurité sociale et des modifications du Sénat, qui ont dégradé l'équilibre du projet initial.
L'attitude du PS sera déterminante pour l'avenir du gouvernement. Certains socialistes menacent de censurer en cas de recours aux ordonnances, quand d'autres regardent d'abord le contenu et les concessions du texte. Matignon doit donc présenter de nouvelles propositions avant la reprise des débats le 20 janvier, date butoir pour choisir sa méthode.


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