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La CGT-CGTR alerte sur le démantèlement des OPCO en France

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La CGT-CGTR alerte sur le démantèlement des OPCO en France

La CGT-CGTR tire la sonnette d'alarme sur l'avenir des opérateurs de compétences (OPCO). Dans un communiqué, le syndicat dénonce les choix budgétaires et organisationnels du gouvernement, ainsi que les recommandations de l'Inspection générale des affaires sociales (IGAS), qu'il juge néfastes pour l'emploi, la formation professionnelle et la gestion paritaire du système.

Pour le syndicat, la situation actuelle des OPCO découle directement des décisions politiques prises depuis 2018, notamment la libéralisation de l'apprentissage. Cette stratégie a creusé le déficit de France compétences, qui frôle désormais les 12 milliards d'euros. La CGT-CGTR dénonce une situation alarmante où l'apprentissage sert de variable d'ajustement temporaire pour réduire le chômage des jeunes, sans financement pérenne.

Les aides publiques massives ont fait exploser les contrats d'apprentissage, alourdissant les charges des OPCO sans compensations suffisantes. Ce mécanisme a petit à petit tari les financements destinés à d'autres missions importantes, comme la formation des salariés en poste et l'accompagnement des TPE-PME.

Pour continuer à financer les formations, France compétences recourt de plus en plus à l'emprunt, ce qui coûte des millions d'euros d'intérêts chaque année, selon la CGT-CGTR.

Le syndicat dénonce aussi un plan de réduction de 200 millions d'euros des frais de fonctionnement des OPCO d'ici 2028, dont 100 millions dès 2026, sans diminution de leurs missions. La CGT-CGTR considère ces objectifs comme irréalisables et prévoit des conséquences directes sur les équipes et leur capacité à accompagner les entreprises.

Autre motif d'inquiétude : le possible transfert de la gestion de l'apprentissage à l'Agence de services et de paiement (ASP) dès 2027, évoqué dans le rapport IGAS. Les branches et les OPCO perdraient alors le contrôle d'un système où ils ont joué un rôle clé dans la détection de dérives comme les formations non qualifiantes.

Cette option n'est pas officiellement retenue, mais la CGT-CGTR reste méfiante. Le syndicat observe que plusieurs recommandations du rapport ont déjà été appliquées, provoquant une réduction des moyens pour la formation et des investissements pour les centres de formation d'apprentis (CFA).

Le syndicat redoute également les répercussions sociales, avec des suppressions de postes au sein des OPCO et des pertes d'expertise importantes. Il réclame une transparence complète sur l'utilisation des fonds, notamment sur les salaires des dirigeants des OPCO, qui continuent de progresser malgré les restrictions budgétaires.

La CGT-CGTR appelle à un dialogue constructif avec l'État et demande l'abandon de la trajectoire actuelle pour définir un modèle de financement durable. Le syndicat insiste particulièrement sur les impacts potentiels à La Réunion, où l'emploi et l'accompagnement des entreprises pourraient être gravement touchés.

Enfin, la CGT-CGTR rappelle que la formation professionnelle constitue un investissement indispensable et réclame une contribution portée à 1,6 % de la masse salariale pour garantir la pérennité du système. Le syndicat promet de continuer à défendre les intérêts des salariés et des qualifications au sein des OPCO.

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