Espace membre :

Suivez-nous

La Réunion affiche 1,1 % de croissance en 2025, portée par la dépense publique

Partager sur :
La Réunion affiche 1,1 % de croissance en 2025, portée par la dépense publique

Consommation, emploi, tourisme… Derrière le rebond de la croissance, les fragilités de La Réunion persistent - Crédit Zinfos974 - Société


Le produit intérieur brut de La Réunion a progressé de 1,1 % en volume en 2025, après 0,5 % en 2024, selon les comptes économiques rapides publiés par le Cerom (Comptes économiques rapides pour l'Outre-mer, produits par l'Insee, l'Iedom et l'AFD). Ce chiffre dépasse la croissance nationale, arrêtée à 0,8 %, mais il repose sur des bases étroites.

L'essentiel de la dynamique vient des dépenses des administrations publiques, en hausse de 2,5 % en volume, et de la consommation des ménages, en progression de 1,2 %. Le Cerom indique que « la croissance économique régionale est portée principalement par les dépenses des administrations publiques et par la consommation des ménages ». L'investissement se redresse timidement après une année difficile, mais le commerce extérieur continue de peser sur le PIB.

Le recul de l'inflation, ramenée à 1,4 % en moyenne annuelle contre 2,8 % un an plus tôt, n'a pas suffi à relancer franchement les dépenses des foyers. Le Cerom observe que « la consommation des ménages continue d'augmenter mais sa croissance est plus modérée que l'année précédente », freinée par un ralentissement des revenus d'activité. Les prestations sociales restent un soutien structurel : les allocations chômage ont encore progressé de 9 %, et les pensions de retraite ont été revalorisées.

Sur le marché du travail, l'emploi salarié a augmenté de 0,4 %, alors qu'il reculait de 0,2 % en métropole sur la même période. Les services aux entreprises, l'hébergement-restauration et l'industrie ont créé des postes, tandis que la construction a perdu 1,8 % de ses effectifs, prolongeant les difficultés du secteur.

Le tourisme est le point positif le plus net de l'exercice. La fréquentation dans les hôtels et autres hébergements touristiques a progressé de 5 %, et les établissements classés quatre et cinq étoiles ont enregistré une hausse de 14 % de leurs nuitées. Cette reprise compense en partie le recul des exportations de marchandises, pénalisées par une mauvaise campagne sucrière consécutive au cyclone Garance et par une baisse des exportations de produits de la pêche. Les ventes vers Mayotte ont toutefois progressé, portées par les besoins de reconstruction après le cyclone Chido.

Les importations ont crû de 3,5 % en volume, tirées par les équipements industriels, les biens intermédiaires et les produits pharmaceutiques liés à l'épidémie de chikungunya. Le Cerom rappelle que « les importations de biens et services s'accroissent de 3,5 % en volume » et qu'elles alourdissent ainsi leur contribution négative à la croissance. Pour 2026, l'Iedom avait alerté lors de sa présentation annuelle d'avril sur un risque de retour des tensions inflationnistes, alimenté par la hausse des carburants et une inquiétude grandissante chez les chefs d'entreprise.

Source

6 commentaires

Écrivez votre commentaire...
P
PtiBatik 09/07/2026 à 10:40

Les touristes reviennent, c'est vrai, mais dans ma boutique à Saint-Paul y'a surtout des gens qui regardent, qui photographient, et qui repartent sans acheter. Le vrai artisanat local ne profite pas automatiquement de la reprise hôtelière, il faudrait que quelqu'un fasse le lien.

R
Rafiki 09/07/2026 à 10:21

Les 5 % de hausse de fréquentation dans les hébergements, je le vois concrètement sur les sentiers. Cette année, j'ai eu des groupes en semaine là où j'avais seulement des gens le week-end avant. Des Métropolitains, des Malgaches, des Mauriciens aussi, curieux de découvrir les cirques autrement qu'en photo sur un écran. Ce qui m'interroge quand même, c'est que cette croissance du tourisme reste très concentrée sur le haut de gamme, les quatre et cinq étoiles à plus 14 %. Le tourisme de nature, lui, dépend d'infrastructures de sentiers qui vieillissent et d'un Parc National qui manque de moyens. Si on veut que la reprise soit durable, i fo investir là-dedans, pas juste compter les nuitées.

S
Sandrine 09/07/2026 à 09:35

@Thierry Lebon, vous avez raison sur la distinction, mais je rajouterais une nuance : quand on dit que les dépenses publiques tirent la croissance, il faut aussi regarder ce que ça représente en proportion du PIB réunionnais. Sur un territoire où la sphère publique pèse structurellement très lourd, une hausse de 2,5 % de ce poste-là, ça gonfle mécaniquement l'indicateur sans forcément traduire une dynamique privée saine. Ce qui m'intéresse davantage pour mes clients, c'est la ligne investissement : si elle se redresse timidement selon le Cerom, les carnets de commandes que je vois en trésorerie ne confirment pas encore ce mouvement de façon nette.

T
Tom de l'Étang 09/07/2026 à 08:13

Ce qui me frappe c'est la ligne sur l'hébergement-restauration qui crée des postes. Parce que dans les faits, plusieurs patrons de ce secteur que je reçois en cabinet sont épuisés. La reprise du tourisme c'est une bonne nouvelle pour les bilans, mais ça veut souvent dire plus d'heures, moins de personnel formé, et des dirigeants qui absorbent les à-coups physiquement. La croissance sur le papier et la santé des gens qui la portent, c'est rarement la même courbe.

Z
Zoubi 09/07/2026 à 08:10

Les clients qui passent chez moi depuis le début de l'année m'ont toutes dit la même chose : on dépense moins, on attend les promos. Et ça, ça ne rentre pas dans un tableau Excel du Cerom, mais moin lé sûre que les chiffres de la conso modérée, c'est exactement ça.

T
Thierry Lebon 09/07/2026 à 08:04

Article intéressant, mais une précision s'impose : quand le Cerom indique que la croissance est portée par les dépenses des administrations publiques, il faut rappeler que cela inclut aussi bien les collectivités locales que les transferts de l'État. Pour un territoire où la dépense publique représente une part du PIB bien supérieure à la moyenne nationale, afficher 1,1 % en s'appuyant surtout sur ce levier n'est pas vraiment le signal d'un tissu économique qui se diversifie. Ce n'est pas une critique de l'article, c'est simplement un contexte que les lecteurs méritent d'avoir.