Les hôpitaux publics français devraient afficher un déficit de 2,3 milliards d'euros en 2025, selon une estimation de la Direction de la recherche, des études, de l'évaluation et des statistiques (Drees). Rapporté à leurs recettes, ce déficit atteindrait environ 2,3 %, un niveau inédit depuis le début des observations en 2005.
Toujours selon la Drees, près de sept hôpitaux publics sur dix sont aujourd'hui déficitaires. La reprise d'activité post-Covid n'a pas suffi à inverser cette dégradation financière.
Les charges ont continué de grimper sous l'effet de l'inflation et des revalorisations salariales issues du Ségur de la santé. Le financement alloué aux établissements n'a pas suivi, creusant l'écart entre recettes et dépenses.
La Fédération hospitalière de France (FHF) tire la sonnette d'alarme depuis plusieurs mois sur un sous-financement structurel et estime qu'en l'absence de nouvelles mesures, la situation pourrait encore se dégrader dans les prochaines années. Les arbitrages budgétaires du prochain projet de loi de financement de la Sécurité sociale sont désormais suivis de près par l'ensemble du secteur, tandis que les établissements réclament des moyens supplémentaires pour couvrir leurs dépenses de fonctionnement et d'investissement.


5 commentaires
Comme dit Boug du Lagon, on attend que ça s'effondre. Dans les cirques, j'accompagne parfois des randonneurs qui se blessent, une entorse, une chute, et le premier réflexe c'est de savoir si le CHU est à portée. Ce filet de sécurité, on le tient pour acquis comme on tient la forêt pour acquis. Le jour où il n'est plus là, on réalise trop tard ce qu'on avait.
Le Ségur on nous l'a vendu comme une grande victoire pour les soignants, et c'est vrai que les salaires ont bougé, on va pas cracher dessus. Mais derrière, l'État n'a pas compensé les établissements à la hauteur. Résultat, c'est le personnel qu'on va sacrifier en premier quand les directions chercheront à réduire les coûts. C'est toujours pareil, i fo que les travailleurs payent les erreurs du pilotage au sommet. La FHF tire la sonnette d'alarme depuis des mois mais qui l'écoute vraiment à Paris ?
Ce qui me touche là-dedans, c'est que les soignants continuent de se lever chaque matin malgré un système qui ne suit pas. Y'a une résilience incroyable dans ce métier. Mais la résilience a ses limites, et à un moment le corps et l'esprit lâchent. J'espère vraiment que les arbitrages budgétaires à venir seront à la hauteur de ce que ces gens traversent.
On sous-finance les hôpitaux comme on sous-finance la protection des récifs, on attend que ça s'effondre pour réagir.
Une de mes clientes travaille aux urgences du CHU, elle rentre épuisée à chaque fois que je lui fais sa couleur. Je vois bien que ça va pas fort là-dedans, elle me dit que les équipes tournent avec de moins en moins de monde. 2,3 milliards de déficit, ça fait peur quand même.