Air Austral affiche un bénéfice net de 1,5 million d'euros sur l'exercice 2025-2026, après une perte de 11 millions d'euros l'année précédente. La compagnie réunionnaise a présenté ces chiffres ce vendredi 19 juin lors d'une conférence de presse dans ses locaux.
Le résultat d'exploitation (EBIT) ressort à 9,3 millions d'euros, contre 2 millions un an plus tôt. L'excédent brut d'exploitation (EBITDA) atteint 20,9 millions d'euros, contre 8 millions lors du précédent exercice. Le chiffre d'affaires progresse de 5 % pour s'établir à 464 millions d'euros.
« Ces résultats marquent l'aboutissement du plan de redressement engagé ces derniers mois », a déclaré Hugues Marchessaux, président du directoire. Côté trafic, la compagnie a transporté 1,22 million de passagers, en hausse de 5 %, avec un taux de remplissage de 92 %. Le fret progresse de 15 %, à 16 729 tonnes.
Air Austral dit avoir entamé son désendettement, avec pour objectif d'atteindre zéro dette en 2030. Dans les prochaines années, elle entend consolider ses lignes Réunion-Paris et Mayotte-Paris, poursuivre son développement vers l'Asie via Bangkok et renforcer son réseau régional.
La compagnie reste toutefois prudente. La hausse des prix du carburant, liée aux tensions au Moyen-Orient, pèse sur les comptes depuis avril et mai. En réponse, Air Austral prévoit la vente anticipée de ses trois Airbus A220-300, l'instauration d'une surcharge carburant et des opérations de couverture sur le kérosène. Elle compte également approfondir son partenariat avec Air India et intégrer de nouveaux Airbus A320neo à partir de 2027.


9 commentaires
@Tonton Bébert, vous pointez quelque chose d'important. Dans le secteur public, on sait bien que les indicateurs financiers ne racontent qu'une partie de l'histoire. Un retour à l'équilibre budgétaire ne dit rien sur la qualité du dialogue social, ni sur les arbitrages qui ont été faits en interne pour y parvenir. On aurait effectivement aimé que la conférence de presse aborde ces dimensions, même sommairement.
92% de taux de remplissage, ça veut dire que les randonneurs qui viennent découvrir Mafate ou le Piton de la Fournaise repartent les avions bien remplis. Depuis quelques saisons, on voit vraiment plus de visiteurs arriver avec des projets de trek sérieux, des gens qui préparent leur séjour longtemps à l'avance. Ce que je me demande, c'est si ce développement vers l'Asie via Bangkok va ramener un nouveau profil de touriste, plus axé nature, comme on en voit venir du Japon ou de Corée depuis quelques années, parce que ça changerait nos façons de guider.
Ce retour aux bénéfices après une passe difficile, ça me touche vraiment. Se relever d'une perte de 11 millions en un seul exercice, c'est pas juste une histoire de chiffres, c'est une énergie collective qui a su se réorienter. Bel exemple de résilience pour toutes les structures du péi-la qui traversent leurs propres turbulences en ce moment.
@Anaëlle, ta question est très pertinente. La vente des A220-300 répond à une logique de bilan plus qu'à une logique opérationnelle : céder des actifs permet de rembourser de la dette ou de reconstituer des liquidités rapidement, même si ça contraint la capacité à terme. L'idée est probablement de se délester d'appareils dont le coût d'exploitation est élevé dans un contexte de kérosène cher, pour les remplacer ensuite par des A320neo réputés plus économes. C'est un pari sur la transition, pas une réponse de confort. Ce qui m'interroge davantage, c'est la trajectoire vers zéro dette en 2030 : avec des tensions géopolitiques durables sur le carburant, l'hypothèse de base de ce plan tient-elle vraiment ?
Ces chiffres-là, je les lis sans trop savoir quoi en penser. Ce qui me parle davantage, c'est de voir les avions passer au-dessus du lagon en fin de journée, de plus en plus nombreux. Le fret progresse, le trafic progresse, mais personne ne cause de ce que ça représente comme kérosène brûlé au-dessus de l'océan Indien. La mer, elle, elle retient tout.
Je comprends pas trop la logique de vendre les A220-300 pour faire face à la hausse du carburant, est-ce que quelqu'un peut m'expliquer ? La vente d'avions ça génère du cash à court terme mais ça réduit la capacité non ?
Ces chiffres sont vraiment encourageants pour l'écosystème économique du péi. Quand la compagnie nationale va bien, c'est le fret qui en profite, et pour nous qui envoyons des commandes vers Mayotte ou Madagascar c'est directement lié. La progression de 15% sur le fret c'est le chiffre qui m'intéresse le plus personnellement. Reste à voir si ça se traduit par des tarifs plus accessibles pour les petites structures.
92% de taux de remplissage c'est énorme. Espérons que ça se traduit pas par des tarifs qui flambent encore sur les lignes régionales, parce qu'on galère déjà à relier les îles.
1,5 million de bénéfices, c'est bien. Mais on aimerait entendre parler des conditions de travail du personnel au sol, des grilles salariales, des emplois locaux créés ou supprimés pendant le plan de redressement. Les chiffres de l'EBITDA c'est joli dans une conférence de presse, mais les domoun qui ont tenu la boite pendant les années de galère méritent qu'on parle d'eux aussi.