Les boutiques Canal+ sont restées fermées ce jeudi à La Réunion et à Mayotte, après le déclenchement d'une grève à l'appel d'une intersyndicale réunissant la CFDT, FO, la CGT et la CFE-CGC. Selon Stéphane Adrien, délégué syndical CFDT, entre 80 % et 85 % des salariés ont cessé le travail.
« Tous les points de vente sont fermés ici comme à Mayotte », a confirmé le représentant syndical. « Les boutiques sont le point névralgique de Canal+. Nous nous excusons auprès de la population, mais il est important que les salariés Canal+ fassent valoir leurs droits. »
Le conflit porte sur la prime d'intéressement 2025, dont le versement est prévu en 2026. Les syndicats ne remettent pas en cause l'existence de cette prime, mais son mode de calcul. Un mécanisme de plafonnement aurait été appliqué, qui réduirait selon eux l'enveloppe globale redistribuée aux salariés de 93 000 euros.
« Le point de blocage, ce n'est pas la prime d'intéressement, c'est le calcul de la prime d'intéressement, où il y a eu un plafonnement auquel les salariés sont en total désaccord », a expliqué Stéphane Adrien. L'intersyndicale réclame la suppression de ce plafonnement et l'ouverture de nouvelles négociations avec la direction.
Le mouvement a été lancé pour une durée illimitée. Les organisations syndicales précisent ne pas l'avoir engagé « de gaieté de cœur » et rappellent que les grévistes renoncent à une journée de salaire pour défendre leurs revendications. Au moment de la publication, aucune rencontre n'avait été programmée entre les deux parties et les représentants du personnel indiquaient ne pas avoir reçu de nouvelle proposition de la direction. La direction de Canal+ Réunion-Mayotte avait été contactée afin de recueillir sa position ; sa réponse sera publiée dès réception.


8 commentaires
93 000 euros mal redistribués, lé pa fasil à avaler pour des gens qui ont bossé toute l'année. Sur le marché de Sainte-Suzanne, si je vendais mes légumes au prix annoncé et qu'à la caisse je décidais d'un coup de changer la règle, mes clients ne reviendraient jamais.
Dans une coopérative, quand on change les règles de répartition en cours de saison, les adhérents ne restent pas les bras croisés. C'est exactement la même chose ici. Le plafonnement, ça revient à modifier la clé de répartition après la récolte. On n'a pas attendu la fin de la coupe pour leur expliquer que le prix de la canne avait changé, et bien là c'est pareil.
@Mickaëla, exactement ce que je me suis dit en lisant. Moi je renonce à des journées de travail quand mes patients annulent au dernier moment, c'est pas pareil, mais renoncer volontairement à son salaire pour défendre un principe, ça demande quelque chose. En libéral on n'a pas de syndicat derrière nous pour ce genre de combat, alors je regarde ça avec un peu d'envie, honnêtement.
De mon temps, quand le patron fermait la porte sans répondre, c'est que la discussion était déjà perdue. I fo pa atann trop lontan.
Il faut être précis sur un point : en droit français, l'accord d'intéressement est un accord collectif et toute modification du mode de calcul en cours d'exercice ne peut pas se faire sans renégociation. Si un plafonnement a été appliqué unilatéralement en dehors du cadre de l'accord initial, les salariés sont en droit de le contester, et pas seulement devant l'employeur. Cela mérite sans doute un examen juridique approfondi au-delà du simple bras de fer social.
Ce qui me touche dans cet article c'est que les syndicats précisent ne pas l'avoir fait de gaieté de cœur. C'est courageux de renoncer à une journée de salaire pour défendre un principe, et ça mérite le respect, même si on espère que les deux parties trouveront un terrain d'entente rapidement.
Question sincère : la direction a vraiment le droit de modifier unilatéralement le mode de calcul d'une prime d'intéressement sans en avertir les salariés en amont ? Je pensais que ces accords étaient négociés collectivement au départ, donc je comprends pas trop comment on arrive à une situation de blocage total comme ça.
80% de grévistes c'est massif. En gros toute la boîte est sortie pour 93 000 euros sur une prime de calcul mal ficelé, ça paraît presque peu comme montant pour un conflit d'une telle ampleur. J'aurais aimé voir les chiffres bruts du plafonnement pour comprendre ce que ça représente par salarié.